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La poussière de silice cristalline : un agent cancérigène dont il faut se prémunir

Puisque la poussière de silice cristalline alvéolaire est un agent cancérigène omniprésent sur les chantiers, il est indispensable d’en limiter l’exposition et d’en protéger les travailleurs par des mesures appropriées, d’abord collectives puis individuelles. Ainsi l’abattage des poussières par l’eau réduit significativement la concentration atmosphérique de ces poussières.

En réponse à la directive européenne 2017/L2398 et par le biais de l’Arrêté Royal du 12 janvier 2020, voilà maintenant plus d’un an que la poussière de silice cristalline alvéolaire est reprise comme agent cancérigène dans le Code du bien-être au travail et qu’une valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) de 0.1 mg/m³ ou 0.05 mg/m³ lui est attribuée selon sa forme cristalline.

Par conséquent, l'employeur est tenu d’effectuer, au moins une fois par an, une analyse des risques pour toute activité susceptible de présenter une exposition à la poussière de silice cristalline sur chantier ou en atelier. Dans le secteur de la construction, ces activités sont légion puisque la silice cristalline se trouve dans nombre de matériaux de construction faisant l’objet de sciage, ponçage, forage, meulage ou sablage.

Matériaux Concentration en silice cristalline
Pierres composites contenant de la silice Jusqu’à 90 %
Grès, pierre meulière, quartzite, silex Plus de 70 %
Béton, mortier 25 % à 70 %
Schiste 40 % à 60 %
Tuile 30 % à 45 %
Ardoise Jusqu’à 40 %
Granit Jusqu’à 30 %
Brique Jusqu’à 30 %

Concentration de silice cristalline dans les matériaux courants

Dès lors si l’élimination des risques est le premier principe de prévention, il est difficile à envisager dans le secteur de la construction. Dans ce casl’employeur doit d’office déterminer le degré et la durée de l'exposition des travailleurs. Il détermine alors les mesures à prendre de sorte que l’exposition soit la plus faible possible et ne dépasse en aucun cas la valeur limite imposée.

1. La réduction du risque :
· Utiliser des matériaux qui contiennent moins de quartz
· Utiliser des matériaux prédécoupés sur mesure
· Utiliser des enceintes étanches

2. Les mesures de protection techniques :
· Installer une unité d’aspiration locale (hotte)
· Limiter la poussière par adduction/abattage d’eau

3. Les mesures de protection organisationnelles :
· Restreindre l’accès à une zone de travail contrôlée afin de limiter le nombre de travailleurs exposés ou susceptibles de l'être
· Fournir des formations, d’instructions et d’informations

4. Les mesures de protection individuelles (en dernier ressort) :
· Utiliser de masques respiratoires partiels

Si par le passé, il était préconisé de remplacer les masques avec filtre FFP 2 par des masques avec filtre FFP3, à eux seuls, ceux-ci se sont avérés insuffisants. Aujourd’hui, les équipements de protection collective sont à privilégier. Les masques ne sont qu’un supplément de protection utile mais insuffisant. Ils peuvent éventuellement suffire pour les travailleurs qui se trouvent à proximité des activités concernées.

On notera encore que depuis l’arrêté royal du 17 juin 2019, le sablage à sec utilisant du sable ou d’autres granulés contenant plus de 1% de silice cristalline libre est devenu strictement interdit sur chantier.

Constructiv est là pour informer, supporter et former les entreprises de construction en ce qui concerne l’exposition des travailleurs à la poussière de silice cristalline.

L'Antenne Normes Qualité de l’air intérieur

Le présent article a été rédigé avec le soutien du SPF Economie dans le cadre de l'Antenne Normes Qualité de l’air intérieur.

Cette dernière a pour objectif d’informer l’ensemble du secteur belge de la construction – en particulier les PME – sur les différentes normes (produits, calcul ou essai) nationales et européennes (existantes ou en préparation) dans un domaine précis.

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