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Des matériaux de construction à propriétés antimicrobiennes se font une place sur le marché belge

La particularité innovante des matériaux antibactériens ne consiste pas à protéger le matériau lui-même, mais à contribuer à la santé humaine en réduisant la propagation des micro-organismes pathogènes.

C-Watch

Le CSTC, ensemble avec ses partenaires, offre le service "C-Watch" comme un service de support à l'innovation, à partir duquel des idées et produits innovants sont publiés en tant que source d'inspiration dans une première phase dans le processus d'innovation des entreprises de construction. Le service "C-Watch" n'est pas un inventaire des produits ou méthodes qui ont prouvé leur valeur ou qualité, et une publication ne peut, en aucun cas, être considérée comme un jugement de qualité de la part du CSTC ou de ses partenaires, ni des produits ou méthodes dans une phase de développement, ni de ceux qui sont déjà sur le marché.

« Éliminent 99,9 % des bactéries sur une surface » (carreaux céramiques), « Efficaces contre les germes et améliorent la sécurité sanitaire » (poignées de porte), « Antibactériens » (panneaux de porte)

Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses affirmations affichées fièrement par certains fabricants à propos de leurs produits de construction et de finition à fonction antimicrobienne. Le caractère innovant de ces matériaux réside dans l’objectif visé de cette fonction ajoutée : il ne s’agit pas de protéger le matériau lui-même mais de se mettre au service de la santé humaine, par exemple en réduisant la propagation des micro-organismes pathogènes. De tels matériaux antimicrobiens trouvent rapidement leur place sur le marché belge dans diverses applications finales. On les retrouve par exemple dans les poignées de porte, des peintures murales, des carreaux céramiques, des conduits de ventilation, des éviers, des tablettes de cuisine, etc. S’ils étaient initialement destinés au secteur des soins, ils trouvent peu à peu leur place dans le secteur de la construction résidentielle.

SecuSan® est une gamme de poignées de portes et fenêtres antibactériennes et antimicrobiennes. Selon le fabricant, elles offrent une protection contre la propagation de germes et de bactéries en réduisant leur croissance sur la surface. Source : Hoppe®
Les conduits de ventilation antibactériens Bactefree® sont conçus en acier revêtu de cuivre. Le fabricant affirme que la pollution bactérienne de l’air s’en trouve drastiquement réduite dans les conduits. Source : Airkan

Utilité de matériaux de construction présentant des propriétés antimicrobiennes

Pour autant que ces matériaux soient efficaces, ils présentent potentiellement une plus-value à apporter dans des environnements où l’hygiène joue un rôle crucial et/ou dans des lieux de contact avec des groupes à risque tels que les personnes âgées, les malades, etc. Les chiffres de l’Institut scientifique de Santé Publique (ISP) indiquent que pas moins de 3.000 personnes sont décédées en 2015 des suites d'une infection bactérienne contractée en milieu hospitalier, soit 8 décès par jour. En outre, un peu plus de 100.000 personnes ont subi une infection sans issue fatale. Parmi les deux principales raisons invoquées figurait une mauvaise hygiène des mains au sein du personnel médical. Dans de telles circonstances, les surfaces antimicrobiennes pourraient potentiellement constituer une solution.

Règlement européen relatif aux produits biocides UE 528/2012

Afin de conférer aux matériaux de construction et de finition des propriétés antimicrobiennes, il convient de leur associer des substances antimicrobiennes (biocides). L'utilisation de biocides est soumise au Règlement européen relatif aux produits biocides (UE 528/2012). Selon ce dernier, les matériaux traités au moyen de produits biocides ou qui en contiennent sont considérés comme des « articles traités ». Ici aussi, le règlement relatif aux biocides comprend un certain nombre d’exigences, principalement liées à l'étiquetage. Une étude de marché indique que les principaux biocides ajoutés sont des ions d’argent et de cuivre. Cela s’explique en partie par l'influence de certains grands fabricants de biocides, dont la dénomination commerciale fait office de label (par ex. Sanitized®, Microban®) sur le matériau ou la fiche technique pour désigner sa fonction antimicrobienne.

Manque de cadre d’essai et de référence

Le règlement relatif aux produits biocides précise également que, si la fonction est revendiquée, elle doit pouvoir être démontrée au moyen de résultats d’essais. À cet égard, il y a toutefois lieu de signaler certains problèmes :

  • Actuellement, il n'existe aucun document d'orientation officiel lié au règlement relatif aux produits biocides qui spécifie les méthodes d'essai à appliquer pour tester ces propriétés. Certes, des méthodes d’essai existent, mais elles ont été développées pour les plastiques et les textiles et elles ne sont peut-être pas applicables dans leur forme actuelle pour la plupart des matériaux de construction et de finition.
  • En outre, il n'existe aucune échelle numérique indiquant à quel moment un matériau peut être considéré comme antimicrobien (cadre de référence). L'utilisateur final ne bénéficie donc d’aucune garantie en termes d’efficacité.
  • Le terme « biocide » signifie littéralement « qui détruit la vie ». Cela signifie que les biocides représentent un risque potentiel pour la santé de l’homme. En outre, comme c'est le cas pour les antibiotiques, leur utilisation inefficace pourrait entraîner le développement d’une résistance. De ces deux points de vue, il y a donc lieu de s'assurer que les matériaux commercialisés à fonction antimicrobienne ajoutée jouent un rôle utile et soient également efficaces dans la lutte contre les micro-organismes qu’ils sont destinés à éliminer.

Expertise au sein du CSTC

Le laboratoire « microbiologie et santé » du CSTC dispose des compétences nécessaires pour tester les propriétés antimicrobiennes (antibactériennes, antifongiques, anti-algues) des matériaux de construction et de finition conformément à certaines normes d’essai adaptées et/ou à des méthodes développées en interne.

C-Watch

Inspiring construction technology

C-Watch mène des activités de veille technologique à l'initiative de la Guidance technologique ‘Ecoconstruction et développement durable’ subsidiée par la Région de Bruxelles Capitale et Innoviris, l’Institut bruxellois pour la recherche et l’innovation.

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