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Infiltration de polluants externes

Pour assurer une bonne qualité de l’air intérieur, il convient d’éviter dans la mesure du possible que des polluants extérieurs ne pénètrent dans l’environnement intérieur. Dans le contexte belge, on distingue deux principaux processus d’intrusion : l’infiltration du radon en provenance du sol et la pénétration de polluants présents dans l’air extérieur.

Infiltration de radon provenant du sous-sol

Le radon est formé dans le sous-sol par la désintégration de l’uranium et du thorium et de leurs éléments filles. Vu que cet élément est gazeux, il s’échappe facilement du sol, se mélange à l’air que nous respirons et le rend légèrement radioactif.

Le radon peut s’infiltrer dans les bâtiments via :

  • les fissures dans le plancher
  • les joints entre les murs
  • les fissures dans les murs et la dalle de plancher
  • les caves et vides sanitaires
  • les dispositifs sanitaires
  • les dispositifs d’eau.

Pour des raisons liées à la nature du sous-sol, le sud du pays est plus exposé au radon que le nord. Dans la région des Ardennes, les risques d’infiltration de radon dans les bâtiments sont élevés.

 

Mesures de protection contre les infiltrations de radon

Un certain nombre de mesures spécifiques peuvent être prises pour assainir les bâtiments à forte concentration de radon et pour protéger de manière préventive les bâtiments neufs contre l’infiltration de ce gaz. Ces mesures sont décrites en détail dans la NIT 211.

Consulter: Notes d'information technique - 211 : Le radon dans les habitations : mesures préventives et curatives.

Mesures curatives dans les bâtiments existants

Lorsqu’un bâtiment présente une concentration de radon trop élevée, on peut réaliser plusieurs interventions techniques pour limiter l’infiltration du radon, notamment :

  • l’obturation des fissures, des joints et des trous
  • l’augmentation de la ventilation dans les pièces d’habitation
  • l’augmentation de la ventilation dans les caves et les vides sanitaires
  • le changement de pression dans le sous-sol par extraction
  • la combinaison de ces techniques.

Mesures préventives dans les bâtiments neufs

Lors de la conception et de la construction de bâtiments neufs dans une zone fortement exposée au radon, il importe de prendre certaines mesures préventives pour éviter une infiltration :

  • installation d’un dispositif de ventilation très performant
  • pose d’une barrière efficace contre le radon entre le sous-sol et l’habitation (un film PE, p. ex.)
  • installation d’une extraction sous la dalle de plancher
  • mise en œuvre d’un vide sanitaire ventilé.
En Belgique, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) est l’autorité compétente en matière de radon. Elle peut notamment être appelée pour effectuer des mesures de contrôle dans des bâtiments privés et commerciaux.

Pénétration des polluants de l’air extérieur

Le principe de base de la ventilation des bâtiments consiste à remplacer l’air intérieur pollué par de l’air extérieur frais et pur. Il va toutefois sans dire que celui-ci n’est pas toujours aussi sain qu’il le devrait. Par conséquent, il convient d’accorder suffisamment d’attention à la prévention - ou du moins à la réduction - de la pénétration de ces polluants de l’air extérieur dans l’environnement intérieur. C’est particulièrement le cas pour les bâtiments accueillant des personnes sensibles (enfants, personnes âgées, malades et souffrantes d’allergies).

Filtre dans un système de ventilationFiltre dans un système de ventilation.

Il convient donc de filtrer ou de purifier l’air extérieur aspiré à l’intérieur du bâtiment, de positionner ‘intelligemment’ les ouvertures d’alimentation et de renforcer l’étanchéité à l’air.

Filtration de l’air extérieur aspiré dans le bâtiment

Les systèmes mécaniques d’alimentation en air (B et D) offrent la possibilité de filtrer l’air extérieur aspiré et de réduire ainsi son taux de polluants (particules (fines) et pollen, p. ex.). Il convient toutefois de souligner qu’une filtration intensive peut engendrer des pertes de pression et donc une consommation électrique plus élevée, et nécessite un entretien plus régulier. Notez également que les filtres doivent être fréquemment remplacés.

Les Dossiers du CSTC - 2014-02.11 : Entretien des systèmes de ventilation.

Jusqu’à récemment, les performances des filtres étaient évaluées conformément la norme NBN EN 779. Selon cette dernière, les filtres fins de classes M5 à F7 offrent un bon compromis entre la qualité de l’air intérieur et les coûts supplémentaires dus à une augmentation de la consommation électrique et à un entretien plus fréquent. Le 1er juillet 2018, cette norme a été remplacée par la norme mondiale NBN EN ISO 16890-1. La nouvelle classification est conforme aux normes de l’OMS en matière de qualité de l’air extérieur. Toutefois, la norme évalue les filtres à air standards destinés aux systèmes de ventilation de manière sensiblement différente que la norme NBN EN 779, de sorte qu’une comparaison un à un est impossible.

Classifications des filtres à air standards utilisés dans des systèmes de ventilation selon l’ancienne et la nouvelle norme.

Positionnement des ouvertures d’alimentation en air

Pour éviter une recirculation de l’air vicié dans le système de ventilation, il convient de s’assurer que les ouvertures d’alimentation (tant les ouvertures d’alimentation naturelles des systèmes A et C que la prise d’air des systèmes B et D) sont réalisées le plus loin possible des ouvertures d’évacuation de l’air contaminé (ventilation, chaudières, unités de production d’eau chaude, poêle au gaz ou convecteur à gaz, séchoirs ou hottes de cuisine).

La NIT 258 (§ 3.4) comporte un certain nombre de recommandations relatives à la distance minimale à respecter entre une ouverture d’amenée d’air, d’une part, et une bouche de rejet ou une sortie d’évacuation des fumées, d’autre part. Ces recommandations sont basées sur le concept de ‘facteur de dilution’ et tiennent compte des différentes poses possibles de ces ouvertures (dans une même façade, dans une façade et une toiture, ...).

L’étanchéité à l’air des bâtiments

L’étanchéité à l’air peut être déterminée au moyen d’un essai de pressurisation (NBN EN ISO 9972) et représentée comme la perméabilité à l’air v50 par m2 avec une différence de pression de 50 Pa (exprimée en m3/(h.m2)) ou comme le taux d’infiltration d’air n50 (exprimé en h-1).

La réglementation PEB ne contient pas (encore) d’exigences spécifiques d’étanchéité à l’air. Ce paramètre est pris en considération dans le calcul du niveau de consommation d’énergie primaire (niveau E). Une étude de sensibilité, réalisée dans le cadre du projet ‘Construire avec l’énergie’ avec le soutien de la Région wallonne, a montré qu’une perméabilité à l’air v50 de 2 m3/(h.m2) permet de gagner 10 à 15 E-points par rapport à la valeur par défaut. On peut supposer qu’une telle perméabilité garantit également que l’infiltration de polluants de l’air extérieur via les fuites d’air sera relativement faible.

Les différents aspects de l’étanchéité à l’air des bâtiments sont détaillés dans la NIT 255.

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