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Centre Scientifique et Technique de la Construction

19/04/2018

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M11 Evaluation visuelle

Que mesure-t-on ?

Certaines caractéristiques liées à l’aspect sont évaluées de manière visuelle. Il peut s’agir par exemple de nuances de couleur ou de la présence de fissures.

Dans la mesure où de telles évaluations visuelles sont souvent subjectives, on peut utiliser des accessoires afin de réaliser une évaluation la plus objective possible.

Conditions
L’aspect d’une surface doit toujours être évalué à l'œil nu, sous un éclairage normal et à une distance bien déterminée (selon l'élément à contrôler). Cette évaluation ne peut jamais avoir lieu sous un éclairage rasant ou à contre-jour.

Pour les surfaces verticales, la distance d'évaluation est généralement de 2 m (à l’intérieur) ou de 3 m (à l’extérieur). La réception des revêtements de sol s'effectue à hauteur d'homme (à une distance minimum de 1,5 m). L'observation se fait toujours perpendiculairement à la surface à contrôler.

Avant de procéder à l'appréciation de l'aspect d'un ouvrage, il est important de veiller à ce que celui-ci soit suffisamment sec afin d'éviter de percevoir des nuances de couleur qui peuvent éventuellement survenir durant la période d'assèchement.

Dans la mesure où le choix d'un parachèvement s'effectue bien souvent en se basant sur son aspect, il peut être nécessaire, afin d'éviter toute contestation après la pose, que les parties se mettent d'accord sur un échantillon contractuel préalablement à la conclusion de la commande. Dans certains cas (par exemple pour la pierre naturelle), un tel échantillon peut se composer de trois éléments, l’un représentant l’aspect moyen et les deux autres, les limites admissibles (couleur, nuances, présence de veines, géodes, ...).

Méthode de mesure

Nuances de couleur

Échelle de gris BE

Béton apparent (prNBN B15-007:2016)
Il convient d’abord de choisir une position en vue de l'évaluation de la surface en béton apparent. Une personne va ensuite se placer à cet endroit et fait un tour complet autour de son axe. Pendant cette rotation, l’observateur définit la surface totale de béton apparent qu’elle voit à l'œil nu. Cette surface de béton apparent définie est appelée ‘champ d’observation du béton apparent’.

La surface à évaluer (béton, joints, ...) doit être sèche et entourée d’une lumière diffuse, sans lumière rasante.

On détermine ensuite la zone de mesure la plus foncée et la plus claire à l’intérieur du ‘champ d’observation du béton apparent’. Lorsque c’est possible, la zone de mesure présente des dimensions de 50 cm x 50 cm.

La différence entre la zone de mesure la plus foncée et la zone la plus claire est mesurée à l’aide de l'échelle de gris BE. L'écart entre 2 teintes de gris successives dans cette échelle de gris s'élève en moyenne à environ ΔE*ab = 2,5. Cette échelle est maintenue contre la zone de mesure la plus foncée et la zone la plus claire. Pour chaque zone de mesure, les parties déterminent, de commun accord, l'échelle qui correspond le plus à la teinte. On vérifie ensuite si le nombre d'écarts de gradation est conforme ou non à l’exigence fixée.

Évaluation des nuances de teinte 
au moyen de l'échelle de gris BE.
Évaluation des nuances de teinte au moyen de l'échelle de gris BE.
Béton architectonique (PTV 21-601:2016)
Les nuances de couleur dans un même élément, entre éléments et, dans le cas présent, entre des éléments et le modèle sur lequel est basé le contrat conclu entre les parties contractantes sont d’abord évaluées de manière visuelle. La surface en béton à évaluer, sur laquelle le modèle est appliqué, est sèche et se situe à l’ombre. L’évaluation est effectuée par un observateur se trouvant à 3 m de la surface à évaluer.

Pour chacun des éléments présentant des nuances de couleurs douteuses et, dans ce cas, pour le modèle, l'échelle de gris est appliquée sur la surface en béton à évaluer. Des photos en noir et blanc sont prises de chaque élément et, ici, du modèle, à 3 m de distance. Il convient de veiller autant que possible à ce qu’au moins 2 éléments soient présents sur chaque photo et à ce que chaque élément soit présent sur au moins deux photos. Les photos sont imprimées sur du papier mat, dans un format tel que la gradation de l'échelle de gris BE est clairement visible.

Sur chaque photo, on détermine, sur la base de l'échelle de gris qui y est visualisée, les valeurs d'échelle correspondant aux éléments représentés et, dans le cas présent, au modèle représenté. On détermine ensuite les écarts de gradation dans un même élément et/ou entre des éléments et/ou, ici, entre les éléments et le modèle.

Moyennant un accord entre les parties contractantes, l'évaluation de nuances de couleur douteuses dans des éléments de couleur grise peut être limitée à celle d’un observateur se trouvant à presque 3 m de la surface en béton à évaluer sur laquelle l'échelle de gris BE est appliquée.

Colorimètre

Afin d'évaluer les nuances de couleur de façon plus objective, on peut utiliser un colorimètre muni d’une tête de mesure adaptée. À cet égard, l’intensité lumineuse (L*) et les coordonnées chromatiques a* et b* de chaque surface à évaluer (surface en béton, dalle de plancher, joint de maçonnerie, …) sont déterminées. Chaque zone de mesure présente, lorsque c’est possible, une superficie de 50 cm x 50 cm(1).

La teinte moyenne de la zone de mesure la plus foncée et de la zone la plus claire est mesurée. La nuance de teinte ΔE*ab entre les deux zones de mesure est ensuite calculée à l’aide de la formule suivante : ΔE*ab = .  La variation de teinte calculée ΔE*ab correspond à ΔE*ab/2,5 gradations de l'échelle de gris BE.

Le nombre de mesures par zone de mesure sera de préférence tel qu’il permettra d'évaluer au moins 2,5 % de la zone de mesure. On pourra répondre à cette exigence en effectuant 13 mesures à l’aide d’un colorimètre présentant une ouverture de mesure de 25 mm de diamètre. Ces mesures sont réparties de façon arbitraire sur la zone de mesure.

Évaluation de nuances de teinte à l’aide d'un colorimètre
Évaluation de nuances de teinte à l’aide d'un colorimètre

Largeur de fissuration

On peut mesurer la largeur de fissuration à l’aide d’une loupe graduée. Une telle loupe se compose d’une lentille très grossissante au travers de laquelle on peut observer une graduation (également agrandie).

Il est toujours recommandé d’effectuer plusieurs mesures (minimum : 5; recommandé : 10) le long de la fissure à évaluer et de calculer la valeur moyenne afin de déterminer la largeur de fissuration.

Bulles d’air

Béton apparent
L'évaluation de la présence de bulles d’air présentant un diamètre équivalent déterminé (Deq) est réalisée à l’aide d’une analyse d'image numérique. Il convient d’abord de prendre une photo nette de la surface à évaluer. Cette photo est ensuite analysée à l’aide d’un logiciel capable d’identifier et de mesurer les bulles d’air. La zone dans laquelle les bulles d’air sont détectées est indiquée sur la photo originale. L’analyse est validée par le biais d’un contrôle visuel.

Désignation de la zone à évaluer avec indication des dimensions.
Désignation de la zone à évaluer avec indication des dimensions.
Représentation des bulles d’air analysées sur la photo originale en vue d'un contrôle visuel.
Représentation des bulles d’air analysées sur la photo originale en vue d'un contrôle visuel.

La zone à évaluer doit être une surface en béton lisse et sèche de minimum 0,16 m² (en principe 0,4 m x 0,4 m). Une indication lisible des dimensions est apposée juste à côté de la zone à évaluer. On prend une photo de la zone à évaluer et de l’indication de la dimension. La résolution minimum de la photo est de 9 pixels/mm. Afin d’obtenir un contraste optimal, il y a lieu de respecter les directives suivantes pour prendre la photo : On calcule le pourcentage de bulles d’air en surface en divisant la somme de la surface des bulles d’air identifiées présentant un Deq de 2 à 15 mm par la surface de la zone évaluée. À cette fin, on génère la plupart du temps une image en noir et blanc sur laquelle les bulles d’air identifiées sont clairement marquées. La manière d’obtenir cette image en noir et blanc dépend du logiciel utilisé et n’est pas définie de façon univoque. Lors du calcul, il convient de tenir compte de l'échelle correcte. Le résultat est exprimé jusqu’à deux chiffres après la virgule.

Après l’analyse numérique, on réalise un contrôle visuel de la correspondance entre une image des bulles d’air détectées et la photo originale, afin de valider les bulles d’air indiquées . Si le contrôle visuel indique que certaines parties ont été mal détectées, il y a lieu de réitérer l’analyse avec une photo corrigée ou une nouvelle photo. Une mauvaise détection peut intervenir dans deux sens : La précision du logiciel utilisé est évaluée à l’aide des images de référence A1 à A4, uniquement disponibles en version numérique auprès de Probeton (www.probeton.be) et de BE-Cert (www.be-cert.be). Le résultat de l’analyse numérique de ces images de référence ne peut pas s'écarter de plus de 5 % des valeurs mentionnées.

Béton architectonique
La présence de bulles d’air (dans une surface en béton supposée régulière) est évaluée de façon visuelle par le biais d’une comparaison avec l'échelle CIB (issue du rapport CIB n° 24 intitulé ‘Tolérances sur les défectuosités des parements de béton’).

Le nombre d'éléments à évaluer dépend de leur superficie : L'évaluation s’effectue dans les parties ainsi choisies sur une surface de 50 x 50 cm². La surface à évaluer, sèche et située à l’ombre, est ensuite comparée à l’échelle CIB. La présence de bulles d’air est évaluée favorablement si au moins 3 fois une correspondance est constatée avec l'échelle CIB applicable et si au plus 1 fois une correspondance est constatée avec l'échelle CIB qui suit immédiatement l’échelle CIB applicable..

En cas de contestation, la procédure d'évaluation précitée est répétée par trois observateurs représentatifs d’intérêts différents (2). Le jugement porté par au moins deux observateurs est déterminant.

Litérature
(1)  En cas de mesures de la couleur de joints d'un ouvrage de maçonnerie et de travaux de jointoyage, la superficie des zones de mesure sera plus limitée.
(2)  En principe, il s’agit du fabricant, du maître d'ouvrage et de l’entrepreneur, ou de leurs représentants respectifs.
Last update: 17/07/2017