Passer au contenu principal Passer au bas de la page
CSTC Home

Centre Scientifique et Technique de la Construction

20/08/2018

CSTC Home
Version
La jonction de l'étanchéité avec une maçonnerie pleine ne peut être réalisée au moyen d'un profilé pour voiles en béton lisse.
Fig. 51 La jonction de l'étanchéité avec une maçonnerie pleine ne peut être réalisée au moyen d'un profilé pour voiles en béton lisse.

5.5.5. Raccord avec un mur plein

Le raccordement de la toiture aux murs pleins peut s'effectuer de différentes façons, selon la nature du support. Nous distinguons ci-après les murs pleins en maçonnerie (§ 5.5.5.1) et les voiles en béton (§ 5.5.5.2). La jonction avec un mur creux est traitée au § 5.5.1.

5.5.5.1. Mur plein en maçonnerie

L'étanchéité à la pluie du raccord entre le mur et le revêtement de toiture est réalisée au moyen de solins métalliques engravés dans un joint. Les profilés utilisés sur les voiles de béton lisses (voir § 5.5.5.2) sont interdits en maçonnerie, car les irrégularités de cette dernière (joints verticaux) ne permettent pas d'assurer une jonction satisfaisante, de sorte que l'humidité absorbée par la maçonnerie risque de contourner cette finition périphérique.

La technique d'exécution illustrée à la figure 52 peut donner lieu à un contournement du solin engravé en cas d'exposition très sévère. Il est dès lors recommandé d'assurer au préalable l'étanchéité à la pluie de la maçonnerie en la recouvrant, par exemple, d'un bardage (§ 5.5.6).

A. Principe applicable aux étanchéités bitumineuses et élastomères B. Principe applicable aux étanchéités plastomères
  1. Joint souple
  2. Crampon (3 par mètre)
  3. Solin
  4. Revêtement d'étanchéité
  5. Repli de 5 mm pour éviter tout contact tranchant avec l'étanchéité
  1. Fixation
  2. Soudure
  3. Tôle métallique
  4. Couche de désolidarisation
Fig. 52 Solin métallique contre un mur plein en maçonnerie.

Précisons, pour être complet, que l'hydrofugation de surface d'une maçonnerie permet de réduire sa capacité d'absorption d'eau, mais ne lui confère pas une étanchéité absolue (voir la Note d'information technique n° 224) [C2].

En présence d'étanchéités bitumineuses ou élastomères, les solins sont engravés dans les joints à l'aide de crampons galvanisés. Si les solins sont en cuivre, il est recommandé d'utiliser des crampons en bronze pour éviter tout problème d'incompatibilité (cf. tableau 1). Les joints seront obturés à l'aide d'un mastic souple (qui conserve sa souplesse dans le temps).

Les solins en cuivre, en zinc, en aluminium ou en plomb sont généralement livrés en bandes d'un mètre; leur épaisseur conseillée s'élève respectivement à 0,5 mm, 0,8 mm, 1,5 mm et 2 mm minimum. Pour éviter qu'ils ne blessent l'étanchéité, ils sont repliés vers l'extérieur à leur base (voir figure 52A ci-dessus et figure 53), excepté pour les bandes de plomb où cette mesure n'est pas nécessaire.

Dans le cas d'une étanchéité plastomère, on engravera dans un joint un profilé en métal replié que l'on fixera mécaniquement à la maçonnerie (figure 52B).

Les solins en plomb ne peuvent pas être posés à l'horizontale sur le plan de la toiture afin d'éviter une aspiration capillaire entre le solin et l'étanchéité.

Fig. 53 Possibilités d'assemblage des solins.

Les solins en zinc ou en cuivre peuvent être soudés, à condition de prévoir une possibilité de dilatation tous les 6 mètres (figure 53).

Les solins doivent se chevaucher sur une longueur d'au moins 50 mm (100 mm dans le cas du plomb). Les chevauchements sont orientés de façon à être protégés des pluies battantes (vents dominants du sud-ouest). Dans les angles, il est conseillé de souder les solins ou de faire chevaucher leurs bords.

Les solins sont repliés sur les angles extérieurs. Ce parachèvement étant insuffisant dans les angles intérieurs, les solins sont posés de manière à ce que leurs bords se chevauchent.

5.5.5.2. Voile en béton

  1. Paroi en béton
  2. Joint souple (≥ 5 x 5 mm)
  3. Vis inoxydable
  4. Profilé métallique
  5. Etanchéité
  6. Fond de joint de faible épaisseur (ruban adhésif, par exemple)
Fig. 54 Jonction de l'étanchéité avec une paroi en béton.

Bien qu'il soit plus sûr, ici aussi, d'engraver un solin métallique, dans la majorité des cas, on visse un profilé sur la paroi en béton, de préférence dans un décrochement pratiqué à cet effet (schéma de droite à la figure 54). Ce décrochement est indispensable sur les parois rugueuses lorsque la surface du béton n'est pas étanche (béton poreux), mais également en présence de béton lavé, sur lequel on peut craindre une mauvaise adhérence du mastic et un contournement de la finition périphérique à la suite de l'absorption élevée de la couche de gravier lavé. En ce qui concerne la mise en œuvre du mastic (et de la couche primaire), il convient de se conformer aux instructions du fabricant.

Les profilés sont généralement en aluminium extrudé et ont une longueur de 2 à 3 mètres. Un joint de 2 à 3 mm est ménagé entre les différents éléments. Ceux-ci sont vissés au travers de l'étanchéité à 100 mm des abouts et tous les 300 mm, puis sont scellés au mastic dans la partie supérieure. La pose d'une bande mince à fond de joint permettra au mastic de n'adhérer que de deux côtés maximum, comme l'exigent les Spécifications techniques STS 56.1 [S1]. Pour que le mastic dispose d'un support suffisant, les joints verticaux des éléments de façade en béton seront munis, le cas échéant, d'un fond de joint supplémentaire.

On évitera d'utiliser des profilés composites. Ceux‑ci sont en effet partiellement noyés dans l'élément en béton au cours de la fabrication et se trouvent rarement à la hauteur voulue sur chantier.

a ≥ 200 mm
b ≤ 200 mm
1. Fixation mécanique
Fig. 55 Jonction entre la toiture et des éléments de façade en béton.
Les profilés de raccordement au mur sont superflus lorsque l'étanchéité de toiture est prolongée jusqu'aux éléments de façade inférieurs et que ceux-ci sont dotés d'un larmier (figure 55). La partie supérieure de l'étanchéité sera fixée mécaniquement, un collage ou un soudage s'avérant particulièrement difficile à l'arrière du larmier. De plus, pour éviter que le larmier ne soit souillé pendant l'exécution, il est conseillé de prévoir un relevé d'étanchéité plus court de deux centimètres environ.

Les éléments préfabriqués en béton étant posés avant la mise en œuvre de l'étanchéité, la réalisation du relevé est relativement complexe. On ménagera par conséquent un espace de travail suffisant, d'une part, entre le bas des éléments de façade et le plan de la toiture (a ≥ 200 mm, voir la figure 55, ci-dessous) et, d'autre part, entre le relevé et l'avant de l'élément de façade (b ≤ 200 mm, figure 55).
  1. Publications
  2. Notes d'information technique (NIT)
  3. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates : principes généraux
  4. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5. Les relevés d'étanchéité
  5. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5.5. Parachèvement des relevés
  6. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5.5.5. Raccord avec un mur plein