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Centre Scientifique et Technique de la Construction

25/06/2018

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5.5.2. Raccord avec les seuils

Le raccord de l'étanchéité avec un seuil s'effectue selon les principes suivants :

Les figures ci-après illustrent deux exemples d'exécution correcte. La première solution (figure 40) permet de maintenir le seuil en place en cas de rénovation.

  1. Drainage de la coulisse
  2. Seuil muni d'un larmier, posé sur lit de mortier
  3. Solin métallique
  4. Etanchéité de la toiture
  5. Dalles sur plots
  6. Isolation thermique (épaisseur conforme à la réglementation thermique en vigueur)
  7. Pare-vapeur (cf. NIT 215, chapitre 6) [C5]
  8. Forme de pente
  9. Plancher porteur
  10. Coupure thermique permettant d'éviter le pont thermique
Fig. 40 Jonction d'une terrasse et d'un seuil : rénovation avec maintien du seuil.

  1. Seuil muni d'un larmier, posé sur lit de mortier
  2. Etanchéité de la toiture
  3. Isolation thermique (épaisseur conforme à la réglementation thermique en vigueur)
  4. Pare-vapeur (cf. NIT 215, chapitre 6) [C5]
  5. Forme de pente
  6. Plancher porteur
  7. Coupure thermique permettant d'éviter le pont thermique
Fig. 41 Jonction d'une terrasse et d'un seuil : rénovation avec dépose du seuil.

  1. Isolation thermique plus mince formant chéneau
  2. Etanchéité de la toiture
  3. Isolation thermique (épaisseur conforme à la réglementation thermique en vigueur)
  4. Pare-vapeur (cf. NIT 215, chapitre 6) [C5]
  5. Plancher porteur
  6. Forme de pente
  7. Coupure thermique permettant d'éviter le pont thermique
Fig. 42 Jonction d'une terrasse et d'un seuil : variante avec isolation thermique démaigrie au droit du relevé (rénovation).

Dans le second cas (figure 41), le seuil doit être démonté et remis en place lors de la rénovation; la hauteur du relevé peut dans ce cas être réduite (figure 42). L'étanchéité sous le seuil devra, le cas échéant, être constituée d'un matériau pouvant être raccordé avec l'étanchéité de toiture (voir chapitre 9, p. 89) et devra, vu la difficulté de l'opération, être posée par l'entrepreneur d'étanchéité. Lors des travaux de gros œuvre, on veillera à ce qu'une réservation suffisante soit disponible dans le mur de parement (au droit de l'angle dans lequel le seuil vient s'intégrer) de telle sorte que l'étanchéité puisse se prolonger suffisamment loin dans la maçonnerie. Le seuil ne pourra dès lors être posé qu'après les travaux d'étanchéité.


Fig. 43 Mauvaise exécution du raccord entre une terrasse et un seuil : relevé insuffisant.
Un appui continu devra être prévu à l'arrière de la maçonnerie pour permettre une pose correcte de l'étanchéité de toiture sous le seuil. Cet appui peut être constitué par le mur intérieur (figure 41) ou par un profilé métallique (figures 42, 44 et 45) auquel on fixe éventuellement la menuiserie extérieure (figure 42).

Cette façon de procéder permettra de limiter la hauteur du relevé d'étanchéité à 50 mm au-dessus du dallage, du moins si celui-ci est posé sur plots.

Pour ne pas compromettre la hauteur du relevé en cas de travaux d'isolation ultérieurs sur la toiture (lors d'une rénovation, par exemple), une variante consiste à réduire l'épaisseur de l'isolant contre le seuil en créant une sorte de chéneau (voir la figure 42 ci-dessus, le § 2.3.2.1, et le Cahier 6 des Dossiers du CSTC 2/2011) [M2].

Si, pour des raisons d'accessibilité, les relevés devaient être encore moins hauts, on pourrait se baser sur les exemples des figures 44 et 45.

  1. Chéneau.
  2. Couche de protection ou de drainage
  3. Chape armée
  4. Etanchéité de la toiture
  5. Isolation thermique (épaisseur conforme à la réglementation thermique en vigueur)
  6. Dallage
  7. Pare-vapeur (cf. NIT 215, chapitre 6) [C5]
  8. Forme de pente
  9. Plancher porteur
  10. Coupure thermique permettant de limiter le pont thermique
Fig. 44 Variante avec relevé de hauteur limitée pour améliorer l'accessibilité du bâtiment (présence d'un léger pont thermique).

  1. Seuil en métal
  2. Grille
  3. Etanchéité de la toiture
  4. Plot
  5. Isolation thermique (épaisseur conforme à la réglementation thermique en vigueur)
  6. Dallage
  7. Pare-vapeur (cf. NIT 215, chapitre 6) [C5]
  8. Forme de pente
  9. Plancher porteur
  10. Coupure thermique permettant d'éviter le pont thermique
  11. Menuiserie métallique (châssis coulissant)
Fig. 45 Variante avec relevé de faible hauteur et menuiserie extérieure encastrée pour améliorer l'accessibilité (la traverse inférieure du châssis permet d'éviter le pont thermique).

Le repli latéral de l'étanchéité sous le seuil (cf. n° 1 à la figure 40) est indispensable pour garantir la continuité de la membrane dans la coulisse et éviter des infiltrations par les joints des éléments constitutifs du seuil. On accordera toutefois une attention particulière à la jonction entre la membrane de la coulisse et l'étanchéité sous le seuil (voir Infofiche n° 20) [M1] : la membrane sous le seuil sera prolongée jusqu'au mur porteur et l'isolant thermique derrière le seuil (XPS) devra dès lors être résistant à l'humidité.

L'évidement à prévoir pour le seuil dans le gros œuvre sera dimensionné en tenant compte de l'épaisseur de l'étanchéité; celle-ci ne peut en aucun cas être amincie.

Si la hauteur du relevé de l'étanchéité de toiture est inférieure aux valeurs préconisées dans les figures 40 à 42, on risque d'être confronté à des dégâts divers qui rendront la rénovation délicate : infiltrations d'eau à l'intérieur du bâtiment, pourrissement ou corrosion des menuiseries, dégradation des raccords.

Dans certains cas, on peut être contraint de déroger localement aux principes énoncés ci-avant, afin d'améliorer l'accessibilité du bâtiment (figures 44 et 45). A l'instar des solutions représentées aux figures 41 et 42, c'est l'entrepreneur d'étanchéité qui placera la membrane de la coulisse sous le seuil (à l'aide d'un matériau compatible avec celui de l'étanchéité, voir chapitre 9, p. 89). Le cas échéant, il conviendra d'assurer l'étanchéité à l'eau du joint de recouvrement entre la membrane de drainage de la coulisse et le revêtement de la toiture. En ce qui concerne la continuité de la membrane en coulisse au droit du seuil, le lecteur consultera l'Infofiche n° 20 [M1].

Pour compenser quelque peu le manque de hauteur du relevé, il sera nécessaire de favoriser l'évacuation de l'eau dans la partie située devant la baie, soit en ménageant un chéneau si le dallage est posé en adhérence sur la terrasse (figure 44), soit en faisant usage d'une grille si les dalles sont posées sur plots (figure 45).

La mise en place d'un auvent au-dessus de la porte-fenêtre mettra cette zone partiellement à l'abri des intempéries.

Le dispositif de drainage de la coulisse doit se situer à un niveau plus élevé que celui du dallage. La membrane d'étanchéité disposée sous le seuil devra en outre chevaucher la membrane de la coulisse placée dans le mur creux (voir l'Infofiche n° 20) [M1]. Si le dallage est posé en adhérence, on veillera en outre à ce que le chéneau soit de même largeur que l'étanchéité sous le seuil afin de ne pas compromettre le drainage de la coulisse.

Au cas où l'on opte pour la pose d'un dallage en adhérence et la mise en œuvre d'un chéneau, il convient de veiller, dès le stade de la conception, au mode d'évacuation de l'eau du chéneau. En présence d'un balcon en encorbellement, le support peut être percé de façon à placer le dispositif d'évacuation juste sous le chéneau. Dans les autres cas, il peut s'avérer nécessaire de prolonger le chéneau sur toute la longueur de la façade et de faire passer le dispositif d'évacuation latéralement à travers le mur acrotère.

Si le chéneau est réalisé dans le dallage, on sera conscient du fait que des infiltrations d'eau sont susceptibles de se produire par les portes, les châssis coulissants ou les portes-fenêtres. Le dimensionnement correct du dispositif d'évacuation des eaux en toiture (voir chapitre 3, p. 15), des descentes et gargouilles supplémentaires contribuera à réduire ces risques au minimum. Par ailleurs, on s'assurera régulièrement (chaque mois) que les dispositifs d'évacuation, les trop-pleins et le chéneau surplombant la porte d'accès ne sont pas obstrués. On veillera en outre à ce que la pente du dallage soit d'au moins 1,5 % depuis la baie de porte.

Pour garantir le drainage correct de la coulisse, on s'abstiendra de combler entièrement l'espace situé derrière le chéneau, en prenant les mesures nécessaires pour garantir la stabilité de ce dernier. Pour ce faire, on recourra de préférence à des systèmes préfabriqués dans lesquels le chéneau est raccordé ou non à la menuiserie extérieure.

Dans l'éventualité d'une chape insuffisamment résistante au gel, il peut s'avérer nécessaire de prévoir une couche de drainage dans le complexe de la terrasse. Si la chape est résistante au gel (cf. Note d'information technique n° 189, § 5.4) [C6], il suffira d'appliquer une couche de protection sur l'étanchéité de toiture.

La différence de niveau entre le seuil et le revêtement de sol est souvent limitée au minimum du côté intérieur aussi. Afin d'éviter un pont thermique à cet endroit, la menuiserie extérieure sera équipée d'un profilé inférieur fixe encastré à coupure thermique (figure 45). Ce profilé sera idéalement en métal, étant donné son exposition prolongée à l'humidité.
  1. Publications
  2. Notes d'information technique (NIT)
  3. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates : principes généraux
  4. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5. Les relevés d'étanchéité
  5. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5.5. Parachèvement des relevés
  6. NIT 244 : Les ouvrages de raccord des toitures plates - 5.5.2. Raccord avec les seuils