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Centre Scientifique et Technique de la Construction

19/06/2018

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3.2 Description des différentes tailles et finitions

3.2.1 Finitions lisses

3.2.1.1 Scié (néerlandais : gezaagd)

Cette appellation désigne l’état de surface d’une pierre sciée mécaniquement par des armures de sciage, le fil hélicoïdal ou le fil diamanté pour les grands éléments (blocs bruts d’extraction), ou débitée au disque diamanté sur une scie circulaire pour les éléments plus petits.

Le sciage laisse des traces qui apparaissent sur les surfaces sous forme de petites ondulations ou décrochements (figure 8) de quelques dixièmes de millimètre de profondeur, parallèles et suivant la direction du sciage des armures ou du fil, parallèles mais d'allure circonférentielle lors du sciage au disque.

Fig. 8 Pierre bleue de Belgique sciée.
Aperçu général Détail
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Le sciage permet d'obtenir de belles surfaces sur des roches telles que la lave basaltique et le calcaire coquillier, à condition qu'elles soient correctement nettoyées afin d'en éliminer les traces de rouille déposées par la scie.

Synonyme de scié : brut de sciage.

3.2.1.2 Meulé - ecuré (néerlandais : geschuurd)

Le meulage s'opère essentiellement sur des pierres dures et vise à éliminer les traces de sciage.

Cette finition mécanique peut s'effectuer soit à sec avec des abrasifs au carborundum, des abrasifs diamantés ou similaires, soit à l'eau, à l'aide de plateaux de dressage diamantés. Elle est réalisée au moyen de meuleuses mécaniques pour les petites surfaces, moulures, courbes, etc., ou sur des chaînes d'adoucissage à partir de grandes tranches de pierre sciées.

La finesse de l'abrasif, c'est-à-dire sa granulométrie, est généralement désignée à l'aide de la numérotation internationale de la FEPA (1)(P) en fonction de l'ouverture des tamis (nombre de mailles par cm²), les chiffres allant croissant à mesure que les grains sont plus fins.

La surface d'un parement meulé (figure 9) est unie, toute trace de sciage éliminée, couverte de très fines rayures circulaires (visibles à peu visibles), de directions quelconques (0,2 mm de profondeur maximum, selon le grain de l'abrasif ou du plateau utilisé).

L'échelonnement des opérations de meulage permet d'offrir une large gamme de nuances.

Fig. 9 Pierre bleue de Belgique meulée.
Aperçu général Détail
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(1) Federation of European Producers of Abrasives.

3.2.1.3 Adouci (néerlandais : gezoet)

L'adouci est une finition à l'eau qui se réalise sur des chaînes d'adoucissage, à partir de grandes tranches de pierre sciées (mises ensuite à dimension) ou élément par élément traité en continu. Le travail des petites surfaces, moulures, courbes, etc. s'effectue manuellement ou au moyen de meuleuses mécaniques, avec des abrasifs au grain adapté.

La taille adoucie produit de très légers reflets. La surface est unie, mate, sans aucune rayure apparente.

3.2.1.4 Poli (néerlandais : gepolijst)

Anciennement, la pierre, préalablement adoucie, était terminée à la potée d'étain ou d'émeri ou bien encore à l'acide oxalique, et éventuellement cirée. Le poli brillant n'apparaît qu'à ce dernier stade des finitions. Actuellement, le travail n'est fait à la main que pour les petites surfaces, à l'aide d'un tampon de feutre ou de drap serré et humidifié.

L'aptitude d'une pierre à prendre le poli est essentiellement déterminée par l'aptitude au polissage des minéraux qui la composent et par sa texture. D'une manière générale, les minéraux durs se prêtent le mieux au polissage. Toutefois, si l'on se réfère à une classification courante des principaux minéraux des pierres naturelles selon leur aptitude au polissage, on remarque que nombre d'entre eux font exception à la règle : Dans la plupart des cas, les tranches de pierre sont polies mécaniquement sur les trains de polissage et mises ensuite à dimension.

Le poli fait ressortir les caractéristiques propres à chaque pierre (figure 10) : les taches blanches, veines, limés, ... sont mis en évidence; la nature et la structure des fossiles apparaissent distinctement (articles de crinoïdes, coquilles de brachiopodes, coraux, ...). C'est au polissage que les teintes, accentuées, apparaissent avec leurs différentes nuances. Le parement devient réfléchissant et très brillant. Plus que les autres finitions, le polissage révèle les fissures et les cassures de la pierre. Cette finition ne convient donc pas à tous les types de pierres.

Le poli confère au matériau une protection supplémentaire due à la planéité obtenue, livrant les meilleurs résultats sur les pierres dures. L'usure plus rapide de la pellicule superficielle polie rend les effets plus éphémères sur la pierre tendre, bien que des techniques de protection permettent de pallier cet inconvénient.

Une surface mal polie est mate et parcourue de bandes de polissage (plus marquées sur les pierres de teinte foncée). Ce phénomène se produit également sur les grandes tranches de pierre (longueurs inadaptées aux polisseuses).


Fig. 10 Pierre bleue de Belgique polie.
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3.2.2 Tailles fines

3.2.2.1 Givré (néerlandais : ijsbloem)

Le givrage est une finition mécanique des parements. Il s'effectue au moyen de cinq ciseaux dotés chacun de quatre lamelles et pivotant à la fois sur eux-mêmes et sur la pierre. Le parement est rugueux et présente l'aspect du givre.

3.2.2.2 Taille ancienne manuelle (néerlandais : manuele oude frijnslag)

La taille ancienne manuelle était une taille d'affinage (taille heppelée ou retonte) du travail du tailleur de pierre. C'est un ciselé effectué sans nombre de coups bien déterminé (± 20 à 30 coups par dm), les stries étant non continues, parallèles aux arêtes ou légèrement inclinées.

Synonymes de taille ancienne manuelle : heppelé, retondu.

3.2.2.3 Taille ancienne mécanique (néerlandais : mechanische oudefrijnslag)

La taille ancienne mécanique est une appellation des carriers pour désigner une taille effectuée au ciseau pneumatique; elle n'a que peu d'analogies avec la taille ancienne manuelle telle que définie ci-avant et ressemble pratiquement à un sbattu très fin (voir la figure 11).

Fig. 11 Taille ancienne mécanique sur la pierre bleue de Belgique.
Aperçu général Détail
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3.2.2.4 Ciselé manuel (néerlandais : manueel gefrijnd)

C'est la taille traditionnelle par excellence. Les ciseaux en acier sont de forme prismatique ou cylindrique avec une extrémité plate tranchante en carbure de tungstène. La largeur du tranchant varie de 1 cm (ciselets) à 5 ou 8 cm (ciseaux larges) selon les différents travaux de ciselage à effectuer.

Le parement présente de nombreuses stries (1 à 2 mm de profondeur) de profil dissymétrique légèrement incliné, entre lesquelles apparaissent de fines lignes de matière brute d'éclatement.

Réalisé sur une surface sciée, éventuellement rectifiée à la meule, avec un nombre de coups de 10 à 30 par dm, le ciselé est généralement parallèle à l'une ou l'autre des arêtes, parfois oblique.

Il existe de nombreuses variantes exclusivement manuelles, réalisables pour certains travaux de restauration ou de décoration, telles que la taille ancienne, le ciselé en chevrons ou, plus rares, la taille en damier et la taille mosaïque (ou cathédrale).

3.2.2.5 Ciselé mécanique (néerlandais : mechanisch gefrijnd)

Une fraise multiple munie de dents diamantées attaque la tranche sciée, perpendiculairement à la surface, donnant à la ciselure mécanique son profil plat caractéristique. L'avance automatique de la machine assure le parallélisme des ciselures et leur espacement régulier (de 10 à 28 stries par dm, standards commerciaux : 15 ou 20 stries par dm).

Cette finition de surface produit parfois des effets non désirés : ainsi, par exemple, des ciselures obliques sur un revêtement de façade peuvent canaliser les eaux de ruissellement dans une direction bien précise et y favoriser l'incrustation des salissures et agents de pollution divers.

3.2.2.6 Sbattu (néerlandais : gebikt)

La taille manuelle est effectuée à la pointe sur une surface sciée ou clivée (cf. § 3.2.3.7).

Le sbattu mécanique se réalise uniquement sur de grandes surfaces sciées, à l'aide d'un outil possédant de 1 à 4 dents ou lames en carbure de tungstène, monté sur un marteau mécanique de force variable. La mise à dimension des produits finis s'effectue après la taille.

Fig. 12 Pierre bleue de Belgique sbattue (taille manuelle)
Aperçu général Détail
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On note de nombreuses petites traces courtes, isolées, plus ou moins parallèles entre elles (largeur : 1 à 5 mm, longueur : 5 à 25 mm, profondeur : 2 à 7 mm), en oblique ou parallèles par rapport aux arêtes (± 45° à 60°) et séparées par des cassures d'éclatement très marquées (figure 12). Le sbattu est gros ou fin selon la fréquence des coups (espacés de 5 à 20 mm en manuel, de 1,5 à 7 mm en mécanique).

Le sbattu manuel dit “à la pointe” se distingue du sbattu mécanique par son aspect plus brut, le nombre réduit et l'irrégularité des coups de pointe. Le sbattu fin mécanique, quant à lui, présente beaucoup d'analogies, dans sa réalisation et son aspect, avec la taille ancienne mécanique.

Synonyme de sbattu : smillé.
Variantes : sbattu gros, sbattu fin.

3.2.2.7 Bouchardé manuel (néerlandais : manueel gehamerd, manueel gebouchardeerd)

Le bouchardé manuel s'effectue à l'aide de la boucharde, marteau à une ou deux têtes interchangeables en acier, composées chacune d'un damier de pointes pyramidales dites “pointes de diamant”.

La boucharde efface toute trace des tailles précédentes (le sciage, par exemple) et imprime des quadrilatères de coups qui empiètent les uns sur les autres et sont alignés sommairement, parallèlement aux arêtes ou légèrement en courbe.
Les nombreuses traces (petits points de 1 à 3 mm de largeur et de profondeur) sont plus ou moins espacées selon la denture de l'outil. On distingue le bouchardé gros (16 à 36 dents) ou fin (49 à 64 dents). Il existe également des bouchardes à 100 dents et à 400 dents que l'on utilise principalement sur les pierres tendres.

Variantes : bouchardé gros, bouchardé fin.

3.2.2.8 Bouchardé mécanique (néerlandais : mechanisch gehamerd, mechanisch gebouchardeerd)

Pour le bouchardé mécanique, on utilise un marteau pneumatique ou hydraulique muni d'une tête de bouchardage qui effectue le travail en continu, sur de grandes surfaces sciées (avant leur mise à dimension). Les éléments finis permettent ainsi de distinguer si le bouchardage a précédé ou suivi le découpage.

L'aspect de la surface (voir la figure 13) varie selon la taille du marteau (en général 3,5 x 3,5 cm), le nombre de pointes de l'outil (8 et 16 pour le bouchardé gros, 25 pour le bouchardé fin) et sa force de frappe. Les nombreuses traces (petits points de 1 à 3 mm de largeur et de profondeur) sont plus ou moins espacées selon la denture de l'outil et réparties régulièrement sur l'ensemble de la surface.

Variantes : bouchardé gros, bouchardé fin.

Fig. 13 Bouchardé mécanique sur la pierre bleue de Belgique. A gauche : bouchardé fin; à droite : bouchardé gros.
Aperçu général Aperçu général
Aperçu général Aperçu général
Détail Détail
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3.2.3 Tailles grossières

3.2.3.1 Piqueté (néerlandais : gepiketteerd)

Le piqueté est un bouchardage mécanique réalisé au moyen d'un plateau circulaire. Le travail s'effectue uniquement sur de grandes surfaces sciées (tranches). Le résultat montre une surface parfaitement antidérapante, les parties en relief étant acérées, contrairement à celles du bouchardé qui sont arrondies.

3.2.3.2 Strié (néerlandais : manueel geribd)

Cette taille manuelle est réalisée à la pointe (ou à la broche) sur une surface généralement clivée (cf. § 3.2.3.7).

Le parement présente des traits continus, sensiblement parallèles entre eux et espacés de 15 à 30 mm (largeur : 1 à 5 mm; profondeur : 2 à 7 mm), en oblique par rapport aux arêtes (± 45° à 60°) et séparés par des cassures d'éclatement très marquées.

La taille brochée est un strié très grossier dont les sillons, espacés de 4 à 8 cm (largeur : 5 à 10 mm, profondeur : 15 à 20 mm), sont réalisés à la broche.

La taille quadrillée est une variante combinant deux tailles striées plus ou moins perpendiculaires.

Synonyme de strié : taille brochée.
Variante : quadrillé.

3.2.3.3 Sclypé (néerlandais : sclypé)

Le sclypé est une taille exclusivement mécanique effectuée à la laye mécanique (fraise fixe), directement sur de grandes surfaces sciées, mises ensuite à dimension.

Le parement plan est constitué de fines stries en V parallèles, de 1 à 5 mm de profondeur, entre lesquelles la matière est brute d'éclatement (figure 14). Le nombre de stries ou traits peut varier de 10 à 20 coups par dm; certains producteurs proposent un standard commercial de 12 coups par dm.

Synonyme de sclypé : layé.

Fig. 14 Pierre bleue de Belgique sclypée.
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3.2.3.4 Sablé (néerlandais : gezandstraald)

Le sablage sous pression est une manière d'obtenir rapidement une surface rugueuse, en particulier sur des pierres relativement tendres.

3.2.3.5 Gradiné (néerlandais : gegradeerd)

La gradine est un ciseau d'acier en forme de peigne; la dimension des dents tranchantes et la largeur de la panne sont variables.

Dans la taille traditionnelle manuelle, le gradiné était une taille d'affinage, peu courante en Belgique, préparatoire aux tailles plus fines. Actuellement, c'est une taille essentiellement mécanique, effectuée à la fraise sur de grandes surfaces sciées mises ensuite à dimension.

Le parement présente de nombreux sillons en U sensiblement parallèles (largeur : 3 à 7 mm; profondeur : ± 3 mm) et diversement espacés selon l'outil utilisé (figure 15) :
Fig. 15 Pierre bleue de Belgique gradinée.
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3.2.3.6 Flammé (néerlandais : gevlamd)

C'est une finition obtenue par passage d'un jet de flamme sur une tranche de pierre sciée, avant mise à dimension des produits finis. Elle ne s'applique que sur de grandes surfaces; les chants et retours vus ne peuvent pas être flammés.

La flamme forme un angle d'environ 45° et parcourt automatiquement toute la surface du parement. Le choc thermique fait éclater les grains superficiels et donne la texture spécifique de cette finition (figure 16). Ce travail s'effectue principalement sur des pierres dures.


Fig. 16 Finition flammée sur un Pepperino Dark de Chine (granite chinois gris G654).
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3.2.3.7 Eclaté ou clivé (néerlandais : gekloofd)

Le clivage, mécanique ou manuel, permet la réalisation de moellons.

Le clivage mécanique s'effectue à la cliveuse, presse hydraulique composée d'une lame qui sépare en deux les éléments de pierre sciés. Elle permet la refente économique de tranches de 5 à 20 cm d'épaisseur. Le plan de clivage ainsi obtenu est dit clivé.

Le clivage manuel s'effectue à l'aide de burins plats (ou “brichauts”). Cet éclatage révèle l'aspect naturel de la pierre : une surface à gros éclats, avec des bosses et creux de formes diverses, répartis irrégulièrement.

Synonymes de clivé : tranché, brut de clivage, brut.
Variante : croûtes.

Fig. 17 Calcaire de Cudappah clivé.
Fig. 17 Calcaire de Cudappah clivé.

3.2.4 Autres finitions

3.2.4.1 Polymérisation (néerlandais : polymeriseren)

Cette technique consiste à projeter au pistolet une couche de polyester sur le marbre (ne convient pas aux granits) pour le rendre plus résistant aux attaques d'acide et aux altérations dues à la pollution.

3.2.4.2 Traitement chimique (néerlandais : scheikundig behandelen)

Les tranches peuvent être traitées à l'acide, ce qui confère un effet décoratif à la surface de certaines pierres. Ce traitement est généralement réservé aux éléments intérieurs.

3.2.4.3 Surfaces vieillies artificiellement (néerlandais : kunstmatig verouderde oppervlakken)

Les finitions "vieillies" sont obtenues par combinaison de procédés mécaniques (chocs, abrasion, ...).

Le patiné à l'ancienne résulte d'un vieillissement obtenu par usure des dalles les unes contre les autres, avec ou sans abrasif. La surface des dalles est ensuite parfois brossée, adoucie ou traitée à l'acide.
  1. Publications
  2. Notes d'information technique (NIT)
  3. NIT 228 : Pierres naturelles
  4. NIT 228 : Pierres naturelles - 3. Tailles et finitions des pierres
  5. NIT 228 : Pierres naturelles - 3.2. Description des différentes tailles et finitions