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20/04/2018

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L’application de revêtements résineux sur des supports non industriels

Dans les bâtiments industriels, les revêtements à base de résine sont le plus souvent appliqués sur des supports en béton. Depuis une dizaine d’années, ce type de revêtement est également de plus en plus prisé pour les logements, les bureaux, les salles de réunion et les espaces commerciaux, ce qui signifie que l’exécutant peut être confronté à d’autres types de supports.

L’actuelle NIT 216 étant uniquement consacrée à la pose de revêtements à base de résine sur des supports en béton, une révision s’imposait. Cette révision (actuellement en cours) porte sur les exigences performantielles et les directives générales pour la préparation des quatre types de supports suivants : Il n’est pas recommandé d’appliquer des revêtements résineux sur des éléments préfabriqués en béton, sur des planchers en bois ou sur des revêtements de sol souples.

Cet article livre un aperçu des points réclamant une attention particulière : état de surface, résistance mécanique et taux d’humidité des quatre types de supports précités.

Planchers en béton et chapes présentant une résistance mécanique élevée

La surface des planchers en béton et des chapes doit présenter une résistance mécanique suffisante afin de reprendre les sollicitations consécutives à l’utilisation et au durcissement du revêtement résineux. Le tableau ci-dessous indique la résistance mécanique exigée du support en fonction de l’usage. Concrètement, cela signifie que la résistance des chapes classiques à base de ciment est insuffisante et qu’il convient, dans tous les cas, d’utiliser des adjuvants afin d’obtenir la résistance mécanique requise.

A | Résistance mécanique exigée pour le support.
Type d’usage Résistance à
la compression
(NBN EN 13892-2)
Résistance à
l’arrachement
(NBN EN 138928)
Usage pédestre et usure légère par roulettes > 20 N/mm² > 1,0 MPa
Usage pédestre et trafic roulant important > 25 N/mm² > 1,5 MPa

Les planchers en béton et les chapes récemment mis en œuvre conservent durant un certain temps un excédent d’humidité et subissent un retrait lors du séchage. Il est dès lors essentiel qu’ils aient évacué un maximum d’humidité et subi la plus grande part de leur retrait avant l’application du revêtement résineux. L’exécutant devra vérifier, avant le début des travaux, si le taux d’humidité ne dépasse pas les valeurs mentionnées dans le tableau B (méthode de la bombe à carbure). Ce mesurage doit être effectué à l’endroit le plus humide, lequel peut être déterminé au moyen d’un screening (via une méthode électrique ou capacitive, par exemple).

B | Taux d’humidité maximum des planchers en béton et des chapes.
Type de support Profondeur minimale du mesurage de carbure Taux d’humidité maximum
(sans chauffage par le sol)
Taux d’humidité maximum
(avec chauffage par le sol)
Plancher en béton 4 cm 4,0 % 4,0 %
Chape à base de ciment à haute résistance La moitié de l’épaisseur
de la chape
4,0 % 2,5 %
Chape à base d’anhydrite Toute l’épaisseur 0,5 % 0,3 %

La surface doit être propre et présenter une rugosité adéquate (obtenue par grenaillage ou par un ponçage adapté); sa flèche et sa planéité doivent correspondre à ce que l’on attend du sol parachevé.

Planchers-dalles

Les planchers-dalles peuvent constituer un support approprié pour un revêtement résineux, à condition qu’ils puissent résister aux sollicitations prévues durant l’utilisation et le durcissement du revêtement. Ils doivent dès lors être pourvus d’un système d’assemblage ad hoc (à rainures et languettes, par exemple) et pouvoir supporter des charges (lourdes) dans des conditions humides, comme le stipule la norme de produit applicable. L’épaisseur des panneaux doit en outre être adaptée aux sollicitations; pour ce faire, on peut éventuellement croiser deux couches de panneaux.

Etant donné que les mouvements dimensionnels du support ne sont jamais totalement exclus, la mise en œuvre doit s’effectuer en plusieurs couches, la couche inférieure étant munie d’une armature continue (en fibre de verre, par exemple). Une autre possibilité consiste à ne renforcer que les jonctions des panneaux. Il convient en outre de choisir un revêtement de sol résineux suffisamment souple (dureté Shore D ≤ 60).

Sols carrelés

En cas de rénovation d’un sol carrelé posé sur une chape, il est possible d’éviter la démolition et d’y appliquer un revêtement résineux moyennant une préparation minutieuse. En revanche, un sol carrelé reposant sur un lit de sable devra toujours être démonté.

Pendant la préparation et le contrôle du revêtement carrelé, il est nécessaire de vérifier tout d’abord l’état de la surface. La cohésion et l’adhérence des carreaux doivent également être contrôlées (de manière visuelle et auditive). Si le décollement concerne plus de 10 % de la surface, il convient d’enlever l’ensemble des carreaux. Comme pour les planchers en béton et les chapes, les carreaux et le jointoyage doivent être poncés pour présenter une rugosité adéquate. Le sol carrelé devra être propre et sa planéité devra correspondre au résultat escompté.

Ici aussi, la mise en œuvre s’effectuera en plusieurs couches, une armature (en fibre de verre, par exemple) étant posée dans la couche inférieure.

Sols résineux existants

Application d’un tapis pierreux sur un sol carrelé pourvu d’un primaire et poncé au diamant.
Application d’un tapis pierreux sur un sol carrelé pourvu d’un primaire et poncé au diamant.

Lorsqu’on envisage de poser un revêtement résineux sur un sol résineux existant, il faut veiller à ce que celui-ci soit plus rigide que le nouveau revêtement. Il convient dès lors d’opter pour un revêtement dont la dureté Shore D est tout au plus égale à celle du sol résineux existant.

En outre, le revêtement en place doit être exempt de défauts visibles dus à l’humidité ou de tout autre défaut (boursouflures, décollements locaux, …). Dans le cas contraire, il devra être éliminé.

T. Haerinck, ir., chef de projet, laboratoire Chimie du bâtiment, CSTC