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Centre Scientifique et Technique de la Construction

21/04/2018

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L’économie circulaire : bien plus que du recyclage !

En Belgique, le secteur de la construction produit annuellement plus de 15 millions de tonnes de déchets. Bien que la majeure partie de ces déchets soit recyclée, de nombreux défis restent à relever. D’une part, ce recyclage est réalisé principalement dans des applications de moindre valeur (sous-cyclage, ou downcycling). D’autre part, de plus en plus de déchets non pierreux sont produits sans qu’il existe encore de solution de valorisation.

Le principe de l’économie circulaire est de conserver la valeur des produits et matériaux aussi longtemps que possible. Ce principe contraste avec le modèle économique dit linéaire, qui consiste à extraire, à produire, à consommer et à jeter.

Principe de l’économie circulaire dans la chaîne de valeur de la construction (adapté d’un graphique publié par le World Economic Forum (*)).

Ainsi, l’économie circulaire tend à minimiser la production de déchets par la réparation, la maintenance, le réemploi des produits et le recyclage des matériaux (voir schéma ci-contre). Cette démarche ne consiste pas uniquement à trouver des solutions techniques permettant de ‘boucler la boucle’; elle nécessite également une réflexion quant à la conception et à la manière dont sont assemblés les éléments construits dont on souhaite prolonger et optimiser la durée de vie. En parallèle, de nouveaux modèles économiques sont développés afin de supporter ces approches.

S’engager dans une économie circulaire peut offrir de nombreux avantages, dont une minimisation de la pression sur l’environnement, une meilleure sécurité d’approvisionnement des matières, le développement de solutions innovantes et la création d’emplois non délocalisables.

Dans le secteur de la construction, les principes de l’économie circulaire se traduisent en trois thématiques qui apportent des opportunités et des défis aux professionnels :

Concevoir et construire ‘circulaire’

Lors de la réalisation de nouveaux bâtiments, il est nécessaire de déterminer dès le départ ce qu’il adviendra de ceux-ci durant leur occupation et en fin de vie, et ce dans le but d’accroître leur longévité et celle de leurs composants, et d’en récupérer les matériaux au final. Ces objectifs s’appuient sur les principes fondateurs suivants :

Innovation Paper

Un Innovation Paper (voir Guidance technologique ‘Eco-construction’ sur notre site) présente les évolutions, les innovations, les bons exemples et les perspectives de l’économie circulaire dans le secteur de la construction.


Projets en cours

Le CSTC mène plusieurs recherches liées à l’économie circulaire :
  • Chantiers pilotes pour la gestion des déchets de construction à Bruxelles
  • Recybeton : application des granulats recyclés dans le béton
  • BBSM – Le bâti bruxellois : source de nouveaux matériaux
  • Sand2Sand : utilisation de sables recyclés dans le béton
  • OVERS©HOT : recylage des bois (contaminés).
Pour de plus amples informations : www.cstc.be/go/projects.

Valoriser les ressources des bâtiments existants

L’économie circulaire considère les bâtiments existants comme des mines urbaines de matériaux et les déchets comme des ressources. Récupérer des matériaux ou des éléments dans les bâtiments existants permet notamment de diminuer l’extraction des ressources naturelles.

Dès lors, des informations sur les éléments construits et les matériaux mis en œuvre doivent être rassemblées avant rénovation ou démolition. Le recours à un inventaire ‘prédémolition’ permet d’évaluer le potentiel de valorisation : aperçu des quantités et de la qualité des matériaux, identification des contaminants…

La déconstruction sélective peut ensuite être envisagée pour deux raisons :

Développer de nouveaux modèles économiques

Parallèlement aux développements techniques précités, de nouveaux modèles économiques émergent et permettent de créer de la valeur, en se différenciant de la simple construction d’un bâtiment ou de la vente d’un produit. La tendance est de vendre la fonction ou l’usage d’un bien plutôt que le produit lui-même. Ainsi, un producteur de luminaires ne vend plus les armatures et les lampes, mais se fait payer pour mettre à disposition une quantité de lumière consommée. Le producteur reste alors propriétaire du bien et le consommateur ne paie que pour son usage. Ceci permet notamment au producteur de mieux recycler les produits.

D’autres producteurs de matériaux mettent de plus en plus à disposition des systèmes de collecte des déchets de leurs produits sur chantier. Ils récupèrent dès lors des matières premières ‘de seconde main’ dont ils peuvent prolonger la durée de vie.

A. Romnée, ir. chef de projet,
et J. Vrijders, ir., chef adjoint de laboratoire, laboratoire Développement durable, CSTC


(*) https://www.weforum.org/agenda/2016/05/can-the-circular-economy-transform-the-world-s-number-one-consumer-of-raw-materials/