Skip to main content
CSTC Home

Centre Scientifique et Technique de la Construction

22/04/2018

CSTC Home
  1. Publications
  2. CSTC-Contact
  3. CSTC-Contact n° 49 (1-2016)
  4. Rénovation des fenêtres existantes

Rénovation des fenêtres existantes

Une étanchéité à l’air correcte et une bonne isolation thermique permettent de réduire les déperditions thermiques des fenêtres et, par conséquent, d’augmenter leurs performances énergétiques et le confort des occupants. Il faudra agir sur le châssis ou sur le vitrage, selon que l’on souhaite améliorer respectivement l’étanchéité à l’air ou l’isolation thermique.

Les performances à atteindre en matière d’isolation thermique dans le cas de nouveaux bâtiments ou de rénovations avec permis d’urbanisme sont, pour la fenêtre, de Uw,max = 1,5 W/m².K en Flandre et de 1,8 W/m².K en Wallonie et à Bruxelles et, pour le vitrage, de Ug,max = 1,1 W/m².K. C’est donc vers ces performances qu’il faut tendre lorsque l’on envisage un remplacement complet de la fenêtre ou une rénovation partielle de celle-ci. D’un point de vue purement énergétique, le remplacement des fenêtres existantes par de nouvelles fenêtres équipées de vitrages performants (dits à haut rendement) ou par des fenêtres à haute performance énergétique (voir Les Dossiers du CSTC 2014/2.7 et 2015/4.5) reste la solution la plus efficace. Elle permet en outre de garantir des performances durables et adaptées aux besoins du maître d’ouvrage.

D’autres solutions (voir § 1) permettent cependant de ne pas procéder au remplacement complet de la fenêtre si celui-ci n’est pas envisageable pour diverses raisons telles que le prix, les désagréments causés par les travaux, les difficultés rencontrées en présence de bâtiments classés…, voire pas absolument nécessaire. Avant d’envisager la rénovation de la fenêtre, il faut procéder à une évaluation de ses profilés. En effet, le châssis existant ne pourra pas toujours être conservé s’il n’est, par exemple, plus en bon état ou plus adapté à l’usage ou aux performances attendues. Souvent, lorsque les fenêtres sont équipées de simple vitrage, le châssis ne permettra pas d’obtenir des performances énergétiques intéressantes. En outre, d’une part, il est souvent difficile de respecter l’ensemble des recommandations en matière de drainage de la feuillure des doubles vitrages et, d’autre part, le risque de concentration de condensation sur les châssis non isolants est bien réel. Le remplacement du simple vitrage constitue donc une solution temporaire et à envisager à court terme. Le remplacement complet de la fenêtre est, dès lors, souvent souhaitable.

En cas de rénovation énergétique d’un bâtiment, la ventilation ne doit pas être oubliée afin, notamment, d’éviter des problèmes d’humidité et d’assurer le confort des occupants (voir "Quelles solutions pour la ventilation en rénovation ?").

Enfin, pour atteindre des performances énergétiques élevées au niveau du bâtiment, le seul remplacement des fenêtres est souvent insuffisant et devra s’envisager avec l’isolation future de la façade.

Le présent article se focalise sur la rénovation des fenêtres existantes équipées de doubles vitrages datant d’avant 2000. Les solutions propres au remplacement du simple vitrage et à la pose de doubles fenêtres n’y seront pas abordées (voir Les Dossiers du CSTC 2012/3.8).

1. Solutions alternatives au remplacement complet de la fenêtre

Les solutions les plus courantes permettant d’éviter le remplacement complet de la fenêtre sont essentiellement :

2. Menuiseries existantes : critères initiaux

Le remplacement du vitrage existant nécessite le respect de différents critères énoncés ci-après.

2.1. Les matériaux

Pour une menuiserie en bois, un poinçonnement manuel à l’aide d’un stylet de 3 mm² permet, s’il ne s’enfonce pas dans le matériau, de valider la qualité de la menuiserie. Il y a lieu de vérifier la menuiserie en plusieurs endroits en faces extérieures, intérieures et en partie centrale (fond de feuillure). Il est en effet probable qu’un entretien superficiel ait pu camoufler certains désordres.

Pour une menuiserie en acier ou en aluminium, les actions de la corrosion pourront fragiliser les parois métalliques. Le test de poinçonnement s’avère également pertinent. Si la menuiserie métallique ne comporte pas de rupture thermique, la rénovation (à finalité énergétique) nécessitera le remplacement des châssis.

Pour une menuiserie en matière synthétique, une fragilisation des parois extérieures pourrait fortement hypothéquer la durabilité des châssis. Une vérification de la fragilité peut être effectuée par un impact d’une énergie égale à 0,5 Nm (soit un corps dur de 500 g tombant de 10 cm).

Si les critères de qualité des matériaux ne sont pas remplis, il y a lieu de remplacer les profilés. Pour les menuiseries en bois, le remplacement partiel reste possible.

2.2. Rectitude et équerrage

La compression des joints nécessite des profilés rectilignes et un bon équerrage des ouvrants et dormants. Constatés lors du diagnostic initial, des écarts jusqu’à 12 mm sur la diagonale pourront facilement être rattrapés par un nouveau calage du vitrage. Si les écarts sont supérieurs, il sera certainement nécessaire d’intervenir au niveau des assemblages. Si les profilés sont déformés par torsion, flexion ou incurvation, l’étanchéité sera difficilement atteinte. Une intervention importante étant à prévoir, le remplacement des cadres sera privilégié.

2.3. Qualité des assemblages

La rénovation des menuiseries peut entraîner une augmentation du poids du vitrage et donc une augmentation des sollicitations au niveau des assemblages. Une vérification minutieuse de ces derniers, voire un renforcement (tenon, équerre, tire-fond…) devront dès lors être envisagées. On contrôlera leur étanchéité à l’aide d’une jauge d’épaisseur inférieure à 0,2 mm (voir figure). Pour les menuiseries métalliques, l’étanchéification complémentaire des assemblages est nécessaire après renforcement mécanique, tandis que, pour les menuiseries synthétiques, la fissuration des assemblages nécessitera le remplacement du châssis.

2.4. Quincailleries et joints

L’analyse initiale doit également permettre de s’assurer que les points de suspension, points de fermeture et autres éléments de quincaillerie ne sont pas dégradés ou oxydés et qu’ils sont toujours bien fixés. L’analyse doit également déterminer si le nombre de points de quincaillerie est suffisant pour assurer la compression des joints et donc l’étanchéité souhaitée de l’élément. Dans le cas de châssis coulissants, outre la qualité et la continuité des joints, les vérifications ciblent également les joints (mousses) en partie centrale.

2.5. Resserrage et fixation

Le diagnostic initial doit aussi porter sur le resserrage et les fixations du châssis. Les pattes ou dispositifs de fixation doivent assurer la continuité des performances mécaniques. Ces fixations ne doivent pas être dégradées. Si une vérification de visu n’est pas possible, l’analyse se focalisera sur la fixation du dormant. Une action (manuelle) de 400 N sur les profilés dormants doit confirmer la rigidité de la fixation. Au niveau des joints de resserrage, les mastics perdent rapidement leurs caractéristiques de reprise élastique. Un entretien régulier, voire un remplacement est nécessaire.

3. Continuité de l’isolation et de l’étanchéité à l’air

Contrôle de l’étanchéité à l’aide d’une jauge
La continuité de l’isolation et de l’étanchéité à l’air avec le gros œuvre est primordiale. Si, dans un premier temps, seule la rénovation des menuiseries extérieures est envisagée, il y a lieu de tenir compte des futures interventions (isolation par l’extérieur, par l’intérieur, injection dans les coulisses…). La position des menuiseries, voire les dimensions des profilés devront probablement être adaptées.

Dans le cas d’une future isolation par l’extérieur, un retour de l’isolant contre le châssis devra être prévu. Ainsi, les dormants des menuiseries devront tenir compte de cette battée complémentaire. En pratique, on veillera à laisser au minimum 2 cm supplémentaires au niveau du linteau et des côtés latéraux.

Au niveau du seuil, un préseuil ou un profil complémentaire permettront d’adapter plus facilement les seuils tout en gardant une continuité possible avec la future isolation. En cas d’isolation ultérieure par l’intérieur, la manœuvre des ouvrants pourrait limiter l’isolation du tableau. Il faut en tenir compte lors de la phase de rénovation des menuiseries. Un surprofil ou des blochets permettront de prévoir l’épaisseur d’isolation du tableau suffisante pour garantir des nœuds tendant à être PEB conformes.
V. Detremmerie, ir., et B. Michaux, ir., division Enveloppe du bâtiment et menuiserie, CSTC