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Centre Scientifique et Technique de la Construction

20/04/2018

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Exposition des parois au vent : influence sur l'étanchéité à l'air

Nous accordons de plus en plus d'attention à l'étanchéité à l'air des nouvelles constructions dans le but d'atteindre des exigences énergétiques élevées. Toutefois, de nombreuses questions subsistent concernant la durabilité des systèmes utilisés.

Le test de pressurisation permet en effet d'évaluer les performances initiales d'étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieure, mais il ne valide en rien leur pérennité ! Il y a donc lieu de s'assurer que les techniques mises en œuvre ne subiront pas de dégradations une fois confrontées aux sollicitations habituelles des constructions.

L'objectif de cet article n'est pas de comparer les différents types de parois, mais d'envisager les modes de mise en œuvre préférentiels pour chacun d'entre eux, et ce en fonction des sollicitations. Cet article vise également à résumer les limites d'utilisation des différents systèmes constructifs. Enfin, il traite des parois courantes et des connexions entre les panneaux. Les détails constructifs et les autres types de raccords n'y sont pas abordés.
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La jonction des membranes par un ruban adhésif et un lattage empêche
la détérioration de l'étanchéité à l'air.
Plusieurs systèmes constructifs permettent d'atteindre les performances recherchées, à savoir : Afin d'atteindre de hautes performances énergétiques, le débit d'air doit être inférieur à un seuil de 0,1 m³/h par m² pour une pression de 50 Pa.

Les sollicitations dues au vent et les variations hydriques ont une influence particulière sur l'évolution de l'étanchéité à l'air.

Concernant l'exposition au vent, nous proposons dans le tableau ci-dessous trois classes d'exposition (A, B, C) afin de déterminer les niveaux de sollicitations. Celles-ci sont fonction de la localisation et de la hauteur du bâtiment.

A | Classes d'exposition au vent en fonction de la localisation et de la hauteur du bâtiment
Hauteur du bâtiment Rugosité de terrain (selon la norme NBN EN 1991-1-4)
Ville (IV) Région
boisée (III)
Terrain plat découvert (II) Bord de mer (I et 0)
0-9 m A A B B
10-17 m A B B B
18-24 m A B B B
25-49 m B B C C
50-100 m (*) C C C C
(*) Au-delà de 100 m, une étude spécifique est recommandée.

Exemple des parois à ossature dont l'étanchéité à l'air est assurée par une membrane

L'étanchéité à l'air assurée par des membranes est une pratique courante pour de nombreuses toitures et ossatures. Outre la continuité du pare-vapeur, les techniques de fixation ont une influence importante sur l'étanchéité à l'air des parois (voir tableau B). Il existe cependant une multitude de produits différents dont il convient de déterminer l'aptitude dès la phase de conception.

B | Parois à ossature dont l'étanchéité à l'air est assurée par une membrane
Technique de pose Classe maximale d'exposition au vent Classe maximale de climat intérieur
L'agrafage des membranes est effectué dans les parties pleines de la paroi (¹). A III
Un lattage vient reprendre les parties agrafées. C III
Pour permettre une insufflation correcte des parois munies d'une membrane d'étanchéité, on applique un lattage horizontal. Dans ce cas, pour atteindre des performances élevées durables, un adhésif complémentaire doit être posé sur les agrafes. C III
Le recouvrement de deux membranes est réalisé au moyen d'un adhésif simple ou double face (fixation par agrafes sans lattage) (²). B III
Le chevauchement de deux membranes est repris par un lattage (y compris en cas d'application sans adhésif, lorsque le recouvrement est disposé sur un joint de mastic continu). C III, voire IV (³)
Dans de nombreuses toitures, la pose de la membrane est effectuée horizontalement, afin d'accélérer la mise en œuvre. Le recouvrement des lés est assuré par un adhésif simple face. Un lattage est appliqué sur les montants (perpendiculairement à l'adhésif). A II
(¹) En cas d'insufflation des parois en l'absence de protection complémentaire des parties agrafées, un poinçonnement, voire un dégrafage, pourrait survenir au terme de l'insufflation et le problème s'accentuerait avec le temps.
(²) La compatibilité entre l'adhésif et les membranes nécessite une vérification pour chaque type de support.
(³) Pour autant que les membranes et le lattage soient compatibles avec ces classes de climat intérieur.
C. Mees, ir., chef de projet, division Energie, CSTC
B. Michaux, ir., chef adjoint de la division Enveloppe du bâtiment et menuiserie, CSTC