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Centre Scientifique et Technique de la Construction

22/04/2018

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  4. Pose des fenêtres conformément à la PEB

Pose des fenêtres conformément à la PEB 2012/04.08

Actuellement, l'influence des nœuds constructifs est à prendre en compte lors de la détermination des niveaux K et E d'un bâtiment. Dans cet article, nous illustrons, à l'aide d'exemples pratiques, l'impact de la méthode des nœuds constructifs dits 'PEB conformes' sur le resserrage entre les fenêtres et le gros œuvre.

Les différentes méthodes permettant de déterminer l'impact des 'nœuds constructifs' ainsi que les règles de base pour les nœuds constructifs conformes à la PEB ont été présentées dans l'article paru dans Les Dossiers du CSTC 2010/3.16. La méthode des nœuds constructifs conformes à la PEB atteste que les détails ont été conçus de sorte à assurer une continuité satisfaisante de l'isolation thermique. Leur impact sur le niveau d'isolation thermique global du bâtiment est pris en compte de manière forfaitaire au moyen d'un léger supplément de trois points K.

La couche d'isolation de la façade se raccorde directement au cadre dormant

La règle de base n° 1 pour les fenêtres est d'application lorsque la couche d'isolation de la façade est directement raccordée au cadre dormant. Cette règle impose une longueur de contact minimale entre ces derniers au moins égale à :

dcontact ≥ ½ * min(d1,d2)

où :

Les termes généraux de la règle de base n° 1 ne s'appliquent pas aux profilés de fenêtre à coupure thermique. Toutefois, la couche d'isolation doit être en contact direct avec la coupure thermique, et ce sur toute la longueur de cette dernière.

Nous illustrons ce principe à l'aide d'un exemple de resserrage entre une fenêtre en bois et le gros œuvre (cf. figure 1). L'épaisseur de la couche d'isolation en laine minérale (LM) de la façade est de 100 mm. Cette isolation de façade se raccorde directement au châssis en bois de 68 mm d'épaisseur.

  1. Mortier d'enduit
  2. Retour de baie en bois
  3. Membrane d'étanchéité à l'air
  4. Isolation thermique (LM)
  5. Fenêtre en bois
  6. Mastic de façade
  7. Fond de joint
Fig. 1 Raccord de fenêtre. La couche d'isolation de la façade se raccorde directement au cadre dormant.

Pour satisfaire à la règle de base n° 1, la longueur de contact minimale dcontact entre la couche d'isolation de la façade et le châssis doit au moins être égale à la plus petite moitié de l'épaisseur du châssis d1 ou de la couche d'isolation de la façade d2. Les valeurs d1/2 et d2/2 sont respectivement de 34 mm et de 50 mm. La longueur de contact minimale dcontact entre la couche d'isolation de la façade et le châssis doit au moins être égale à 34 mm. Dans cet exemple, dcontact étant de 47 mm, le resserrage de la fenêtre est conforme à la PEB.

La couche d'isolation de la façade ne se raccorde pas directement au cadre dormant

La règle de base n° 2 est d'application pour des resserrages de fenêtre où le cadre dormant ne se raccorde pas directement à la couche d'isolation de la façade (ou de la paroi attenante), mais où des éléments isolants supplémentaires sont interposés.

Ces éléments isolants reprennent localement la fonction d'isolation thermique de la couche d'isolation interrompue, ce qui permet de maintenir la coupure thermique (fenêtre posée avec un encadrement en multiplex, p. ex.).

La règle de base n° 2 pour les fenêtres énonce que tous les éléments isolants interposés doivent répondre simultanément à trois exigences :

  1. Fenêtre en bois

  2. Multiplex
    λ = 0,15 W/mK

  3. PUR projeté
    λ = 0,055 W/mK

  4. Laine minérale
    λ = 0,05 W/mK

  5. Laine minérale
    λ = 0,05 W/mK
Fig. 2 Resserrage d'une fenêtre où la couche d'isolation de la façade n'est pas directement raccordée au châssis fixe

Nous illustrons la règle de base n° 2 également au moyen d'un exemple de resserrage de fenêtre au droit du seuil de fenêtre avec un encadrement de multiplex (cf. figure 2). Trois éléments isolants différents ont été interposés entre les couches d'isolation interrompues en laine minérale et le châssis en bois :

La première exigence de la règle de base n° 2 impose une conductivité thermique λ inférieure ou égale à 0,2 W/mK pour chacun de ces éléments isolants interposés. On peut déduire du tableau de la figure 2 que la conductivité thermique de chacun des éléments isolants interposés est inférieure à 0,2 W/mK.

La deuxième exigence de la règle de base n° 2 impose une résistance thermique R de chaque élément isolant interposé supérieure à la moitié de la résistance thermique R1 de la couche d'isolation interrompue de la façade ou de la paroi attenante. La limite supérieure de R est fixée à 1,5 m²K/W. La moitié de la résistance thermique R1 de la couche d'isolation interrompue est de :



La résistance thermique R de chaque élément isolant interposé est de :



Les résistances thermiques des éléments isolants interposés sont toutes supérieures à la moitié de la résistance thermique R1 de la couche d'isolation interrompue, ce qui satisfait à l'exigence 2 de la règle de base n° 2.

La troisième exigence de la règle de base n° 2 concerne la longueur de contact : lorsque l'élément isolant interposé (épaisseur disol) se raccorde à une couche d'isolation interrompue d'épaisseur dx, la moitié de la plus faible de ces deux épaisseurs constitue la limite inférieure pour la longueur de contact. Par contre, lorsque l'élément isolant interposé d'épaisseur disol se raccorde à un autre élément isolant interposé d'épaisseur dx, la moitié de la plus faible de ces deux épaisseurs constitue alors la limite inférieure pour la longueur de contact.

Si on applique cette dernière exigence au resserrage de fenêtre de la figure 2 :

En d'autres termes, le resserrage de fenêtre au droit du seuil de la fenêtre de la figure 2 ne satisfait pas à la troisième exigence (longueur de contact) de la règle de base n° 2, et ce au droit de la longueur de contact entre le cadre et l'encadrement de multiplex. Ce resserrage de fenêtre n'est par conséquent pas un nœud constructif conforme à la PEB.

Pour faire en sorte qu'il le devienne, la longueur de contact entre l'encadrement de multiplex et le cadre doit être augmentée pour atteindre 34 mm afin de satisfaire à l'exigence de la règle de base n° 2 :




E. Kinnaert, ir., chef de projet, laboratoire Eléments de toitures et de façades, CSTC