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25/04/2018

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Normalisation en vue pour le béton apparent 2012/04.04

Le béton apparent offrant la possibilité de combiner des exigences structurelles et esthétiques, les architectes l'utilisent de plus en plus souvent. Toutefois, le manque de critères esthétiques que l'on peut mesurer de façon objective, la description d'exigences irréalistes dans les cahiers des charges et diverses difficultés lors de l'exécution engendrent des discussions de plus en plus fréquentes quant à la qualité du résultat final. La parution prochaine d'une norme belge sur le béton apparent ainsi que d'une nouvelle Note d'information technique devrait y apporter une réponse.

Qu'est-ce que le béton apparent ?

Il est proposé, dans la future norme, de définir le béton apparent comme un béton coulé in situ, à la surface laissée apparente et devant satisfaire à des exigences esthétiques. Cette nouvelle définition devrait mettre fin à l'actuelle confusion entre le béton décoratif et le béton apparent, ce dernier étant clairement décrit comme étant un béton prêt à l'emploi, contrairement au béton décoratif qui correspond, selon les PTV 21-601, à un béton préfabriqué, de qualité architectonique ou industrielle, auquel des exigences spécifiques sont posées.

Le terme 'béton architectonique' - régulièrement utilisé - n'apparaît donc pas en tant que tel dans les documents de référence, mais est généralement utilisé pour désigner le béton préfabriqué.

Pourquoi une réglementation ?

Les auteurs de projet et les entrepreneurs partagent généralement des idées et des attentes différentes concernant le béton apparent. Par ailleurs, ce type de béton est trop souvent obtenu sur la base de cahiers des charges prescrivant très vaguement l'utilisation d'un coffrage lisse.

A défaut de documents de référence belges relatifs au béton apparent, on fait alors parfois appel aux documents étrangers qui, il est vrai, nécessitent l'interprétation et l'expérience nécessaires (cf. Les Dossiers du CSTC 2007/4.4).

Les exigences qualitatives et les budgets pour le béton apparent varient d'un bâtiment à l'autre.

Afin de situer clairement d'emblée le niveau d'ambition, il importe que les normes indiquent les paramètres à décrire dans le cahier des charges ainsi que les exigences raisonnables qui doivent être atteintes. En outre, la norme doit pouvoir fournir des méthodes d'évaluation précises permettant, en cas de désaccord, d'évaluer objectivement les exigences posées.

Il va de soi que des exigences plus strictes entraîneront un coût plus élevé. Un premier sondage semble indiquer que les frais supplémentaires liés à la réalisation d'un béton apparent pourraient au final doubler, voire dans certains cas quintupler le prix au mètre carré par rapport à des constructions en béton non soumises à des exigences esthétiques.

Les grandes lignes de cette normalisation

Le projet de norme actuel décrit trois niveaux de qualité pour le béton apparent, et ce afin d'effectuer une pondération correcte entre les exigences esthétiques et le prix. Ainsi, par exemple, le maître d'ouvrage d'un prestigieux musée exigera une qualité supérieure - qui coûtera davantage - contrairement au directeur d'un établissement scolaire (cf. figure). La description de la qualité doit couvrir au moins quatre aspects :

Outre une quantification des exigences, la future norme décrira également la manière d'évaluer ces dernières. Nous tenons à souligner qu'un nombre limité de manquements à ces exigences n'entraînera pas d'office une évaluation négative. Une approche statistique est en effet proposée.

Par ailleurs, la norme stipulera indirectement que certaines exigences sont irréalisables : une surface en béton apparent parfaitement lisse et présentant une teinte homogène sans la moindre imperfection est impossible à réaliser dans la pratique. Seul un autre matériau ou une finition supplémentaire permettrait d'atteindre ce niveau d'exigence.

Les imperfections sont inévitables

Certaines imperfections sont inévitables et apparaîtront sur quasiment tous les chantiers. Il est souvent impossible d'en déterminer la cause, notamment parce que plusieurs facteurs entrent en jeu. En fonction de leur importance par rapport à l'ensemble de la structure et des exigences (quantifiées) du cahier des charges, on évaluera si ces imperfections sont acceptables ou s'il convient éventuellement d'y remédier. C'est bien connu : mieux vaut prévenir que guérir, surtout quand on sait que les réparations restent souvent plus ou moins visibles.

Enfin, il est conseillé de réaliser au préalable un mur témoin en y intégrant les principales difficultés du chantier. Ce mur permettra de déterminer rapidement si le coffrage est de qualité suffisante, si les matériaux sont bien compatibles et s'il existe d'autres contraintes.


N. Cauberg, ir., chef du laboratoire Structures, CSTC
J. Piérard, ir., chef adjoint du laboratoire Technologie du béton, CSTC
J. Wijnants, ing., chef de la division Avis techniques, CSTC

Cet article a été rédigé dans le cadre de la Guidance technologique 'Nouveaux bétons spéciaux' subsidiée par le SPW.