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21/04/2018

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Le décollement des revêtements carrelés 2011/02.12

La division 'Avis techniques' reçoit fréquemment des demandes d'informations relatives au décollement des revêtements carrelés. Ce phénomène est bien souvent la conséquence de la combinaison de divers facteurs que l'on peut, grosso modo, répartir en deux groupes, à savoir : ceux qui engendrent des tensions dans le complexe plancher et ceux qui ont une influence sur l'adhérence initiale des carreaux au support.

Tensions dans le complexe plancher

Fig. 1 Décollement et soulèvement des carreaux après une mise en service trop rapide du chauffage
Outre les contraintes dues à une déformation du support (flèche du plancher, p. ex.), des tensions peuvent principalement être engendrées par :

Adhérence au support

Fig. 2 Surface de contact insuffisante entre le carreau et la colle
L'adhérence initiale des carreaux au support est influencée principalement par :

Recommandations

D'un point de vue technique, on privilégiera une pose collée sur un support durci plutôt qu'une pose traditionnelle ou une pose en chape fraîche. Les performances d'adhérence de la colle sont effectivement supérieures à celles d'un mortier traditionnel et un support durci aura déjà subi une (bonne) partie de son retrait avant la pose (contrairement à une chape fraîche).

Le type de colle utilisé doit toujours convenir à l'application envisagée et celle-ci doit être étalée à l'aide d'un peigne adéquat. Il convient de bien presser les carreaux dans la couche de colle afin de créer la surface de contact la plus grande possible. Les directives du fabricant doivent être suivies à la lettre durant la pose.

Pour les éléments de très grande dimension (≥ 60 cm) ou caractérisés par une faible absorption d'eau ou les poses dans des pièces à usage intensif et sur des sols chauffants, il convient d'utiliser une colle C2 (C2S dans le cas d'un sol chauffé). En cas de pose de carreaux de très grand format et/ou sur un sol chauffant, il y a lieu, par ailleurs, d'opter pour des mortiers-colles pouvant être appliqués en couche épaisse ou d'effectuer un double encollage, lequel consiste à appliquer la colle (adéquate) tant au dos du carreau que sur le support.

Afin d'effectuer avec succès la pose collée, le support doit être suffisamment plan (exigences de planéité strictes), mais les carreaux également, ce qui n'est pas toujours le cas des carreaux céramiques, a fortiori s'ils sont de grandes dimensions. Il peut s'avérer nécessaire, bien que cela ne suffit pas toujours, d'employer des colles en couches épaisses ou d'envisager un double collage. D'autres précautions peuvent être utiles en fonction du type de support et de carreaux.

Si l'on souhaite limiter les contraintes liées au retrait de la chape, il convient de poser les carreaux le plus tard possible. On évitera également de surdoser le mélange en ciment et d'utiliser de trop grandes quantités d'eau ou du sable trop fin pour la confection de la chape. Les contraintes thermiques peuvent être limitées en réduisant le plus possible les variations de température dans le complexe plancher. Ainsi, dans le cas de sols chauffants, il faut veiller à ce que la montée en température ne soit pas trop rapide.

Lorsqu'une pose collée est irréalisable (si l'épaisseur des carreaux n'est pas calibrée, p. ex.), l'application d'un mortier dit 'amélioré' (par des adjuvants ayant pour but d'augmenter les performances d'adhérence) sur une chape durcie ou d'un mortier-colle adéquat sur une chape fraîche peut être envisagée. La pose traditionnelle (à l'aide de mortier sur sable stabilisé) est quant à elle en principe réservée uniquement à la pose de dalles plus petites et plus épaisses.




J. Van den Bossche, ing., conseiller principal, division 'Avis techniques', CSTC