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21/04/2018

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Hygrothermie

L'isolation thermique des murs existants 2009/03.14

L'isolation thermique des bâtiments est d'abord associée à une moindre consommation d'énergie. Mais isoler, c'est aussi réchauffer les surfaces intérieures et, par conséquent, améliorer le confort dans nos bâtiments existants.

Fig. 1 L'isolant protège et
entoure le volume dit 'protégé'.
Fig. 1 L’isolant protège et
  1. Comble inoccupé et non chauffé
  2. Volume d'habitation à isoler
Afin de maximiser le confort dans un bâtiment, on concentrera l'isolation thermique sur son enveloppe, c.-à-d. sur les surfaces de déperdition qui séparent le volume que l'on souhaite maintenir à une certaine température de l'extérieur ou des espaces que l'on ne souhaite pas chauffer. Comme le nom 'enveloppe' le suggère, l'isolant protège et entoure de façon continue le volume dit 'protégé'. D'un point de vue thermique, il n'est dès lors pas nécessaire d'isoler une même habitation à différents niveaux (entre étages, dans les cloisons, …).

Après la toiture, ce sont généralement les murs qui représentent la plus importante surface de déperdition de la plupart des maisons. Il faut par conséquent veiller à les isoler correctement. Les récents décrets des Régions wallonne et de Bruxelles-Capitale imposent des performances thermiques sensiblement augmentées par rapport aux exigences précédentes : il devrait être courant, sinon systématique, de rencontrer, dans les murs, des isolants d'une épaisseur comprise entre 8 et 10 cm (cf. tableau 1). Ces exigences imposées par les Régions devraient par ailleurs être considérées comme des valeurs minimales.

En Région flamande, l'exigence relative à l'isolation des murs sera vraisemblablement modifiée dès le 1er janvier 2010 afin de correspondre aux critères des autres Régions.


Tableau 1 Exigences Umax imposées par les Régions aux murs extérieurs des bâtiments nouveaux et exemples d'épaisseur pour des matériaux d'isolation courants.
Région Umax
(W/m²K)
Epaisseur minimale de l'isolant (cm) sur une maçonnerie en briques de 20 cm d'épaisseur
Laine minérale
ui en W/mK)
Mousse de polyuréthanne
ui en W/mK)
Polystyrène extrudé
ui en W/mK)
Non certi-
fié : 0,045
Avec ATG :
0,041
Non certi-
fié : 0,035
Avec ATG :
0,028
Non certi-
fié : 0,04
Avec ATG :
0,034
Région flamande (jusque fin 2009) 0,6 6 6 5 4 6 5
Région wallonne, Région de Bruxelles-Capitale et Région flamande (à partir du 1er janvier 2010) 0,4 10 9 8 7 9 8
Evolutions futures ? 0,3 14 13 11 9 12 11

Outre la performance thermique de l'isolant, il convient de choisir une technique d'isolation adaptée. Dans le cas de l'isolation des murs, on peut relever trois techniques différentes : Ces techniques présentent des avantages et des inconvénients parfois contraignants. On se référera à ce propos au tableau 2. Ainsi, l'isolation par l'extérieur apparaît comme la plus intéressante et présente le moins de risques. C'est donc évidemment cette dernière technique qui devrait être privilégiée.

En ce qui concerne l'isolation de la coulisse, celle-ci ne peut être réalisée que par des entreprises spécialisées qui doivent pouvoir garantir la pérennité de l'ouvrage. La coulisse devrait être inspectée au préalable par endoscopie (vérification de l'absence de discontinuités, p. ex.), et l'homogénéité de l'isolation devrait être contrôlée, généralement par thermographie, une fois l'opération terminée (cf. CSTC-Magazine n° 2/1998).

Tableau 2 Exemples de techniques d'isolation avec leurs avantages et inconvénients.
Tableau 2 Exemples de techniques d’isolation avec leurs avantages et inconvénients.

Fig. 2 Vide technique séparant le pare-vapeur de la finition intérieure.
Fig. 2 Vide technique séparant le pare-vapeur de la finition intérieure.
  1. Finition intérieure
  2. Lattage (créant un vide technique)
  3. Pare-vapeur
  4. Isolation thermique
  5. Structure secondaire
  6. Maçonnerie existante
L'isolation par l'intérieur, quant à elle, est une technique délicate qu'il convient d'éviter autant que possible. Si cette technique devait malgré tout être utilisée en raison d'une impossibilité d'appliquer les deux autres techniques, il convient absolument de veiller à ce que les murs soient et restent secs. Les murs fortement exposés aux pluies battantes devraient être protégés et séchés avant toute intervention par l'intérieur. En outre, il y a lieu de soigner particulièrement l'étanchéité à l'air et, dans un certain nombre de cas, l'étanchéité à la vapeur du doublage réalisé à l'intérieur. Ainsi, toute infiltration d'air intérieur derrière l'isolant (par des prises électriques ou des interrupteurs, p. ex.) devra être évitée. La présence d'un pare-vapeur est recommandée dans tous les cas, en l'absence de simulation du comportement hygrométrique du mur au moyen d'un logiciel approprié. Afin d'assurer une bonne étanchéité à l'air (et à la vapeur) du doublage intérieur, on prévoira de préférence un espace technique entre le pare-vapeur et la finition intérieure (cf. figure 2), dans lequel on intégrera notamment les gaines et prises électriques. Tout percement de ce pare-vapeur devrait être rendu étanche au moyen de bandes autocollantes de bonne qualité, par exemple.

L'isolation par l'intérieur est difficile à réaliser en continu, compte tenu notamment de la présence des planchers, murs de refend et baies de fenêtres. On veillera donc dans la mesure du possible à prolonger l'isolation sur ces parois perpendiculaires et planchers de façon à éviter la formation de ponts thermiques au droit desquels des moisissures risqueraient de se développer (cf. figure 3 et 4).

Fig. 3 Apparition de moisissures et de condensation au droit d'un pont thermique
Fig. 3 Apparition de moisissures et de condensation au droit d'un pont thermique
Fig. 4 Prolongation de l’isolation
Fig. 4 Prolongation de l'isolation sur le plancher pour éviter la formation de ponts thermiques.

En conclusion, le contexte économico-écologique actuel rend l'isolation des murs incontournable. L'épaisseur de l'isolant doit être maximalisée en fonction des possibilités du bâtiment. Le choix de la technique d'isolation est très important : on privilégiera, dans tous les cas, l'isolation par l'extérieur. Si cette technique d'isolation n'est pas envisageable et que l'insufflation/injection de la coulisse n'est pas possible ou est insuffisante, on pourrait envisager d'isoler le bâtiment par l'intérieur, moyennant des précautions particulières quant à son état de siccité préalable, à l'étanchéité à l'air et à la vapeur. On veillera également à ne pas former ou accentuer des ponts thermiques.  


P. Demesmaecker, ing., conseiller principal, division 'Avis techniques', CSTC