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Centre Scientifique et Technique de la Construction

20/04/2018

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Pierre et marbre : intemporels et modernes 2009/01.15

De mémoire d'homme, la pierre naturelle a toujours été utilisée comme matériau de construction et de revêtement. Ainsi, les chefs-d'œuvre architecturaux de la civilisation grecque antique ont été réalisés à l'aide de marbre en provenance des abords d'Athènes. Les Romains étaient, eux aussi, de grands amateurs de la pierre naturelle, notamment pour le revêtement du sol, des maçonneries et des colonnes.

Naturel et noble

En Belgique, la pierre naturelle est extraite depuis plus de 2000 ans déjà. Notre pays est donc un fournisseur renommé de ce matériau. Ainsi, la pierre bleue est prisée bien au-delà de nos frontières.

Au Moyen Âge, son utilisation connaît toutefois une baisse de popularité, avant de prendre un nouvel essor durant la Renaissance. Son véritable retour s'est fait au 18e siècle, tant la mode voulait alors que chaque château, église et édifice public prestigieux soient constitués ou recouverts de pierre naturelle. Au milieu du 19e siècle, la demande de certains types de pierres (pierre blanche, p. ex.) était telle qu'il fallut accélérer les importations depuis la France.

A l'heure actuelle, nous observons également une importation croissante depuis des contrées plus éloignées, avec pour conséquence un élargissement exponentiel de la gamme de coloris et des possibilités de finition, au détriment néanmoins d'une bonne connaissance du matériau.

Les évolutions industrielles ont entraîné au cours des siècles nombre de changements radicaux dans les techniques d'extraction et de production de ce matériau naturel. Le passage de l'utilisation du cheval à celle de la machine à vapeur et, plus tard, à celle de l'électricité est à l'origine de cette évolution.

Interactif et évolutif

Le Comité technique 'Pierre et marbre' a été mis sur pied très rapidement après la fondation du CSTC et compte aujourd'hui à son actif de nombreuses études et publications concernant la pierre naturelle. Ainsi, en 1962 déjà, une Note d'information technique est consacrée à la pierre bleue, un sujet récurrent au cours des décennies suivantes. Le Centre s'intéresse aussi à certaines applications spécifiques de la pierre, telles que les dallages intérieurs et les revêtements de façade, et mène des recherches sur les techniques de nettoyage des façades et sur les hydrofuges de surface.

L'exploitation intensive de la pierre naturelle, notamment dans les pays d'Asie, se traduit aujourd'hui par une offre étendue de pierres 'exotiques' sur le marché. Personne ne s'étonnera dès lors de la difficulté croissante qu'implique le choix du type de pierre le plus approprié à un ouvrage particulier.

Cette abondance de produits a poussé le Comité technique à formuler une série de critères de base afin d'orienter le choix de la pierre en fonction de sa destination. La première NIT interactive et évolutive a été élaborée dans cette optique en 2006 avec pour thème ... la pierre naturelle.

Ce document a été conçu sous une forme tout à fait inédite : il est constitué d'une base de données contenant des fiches élaborées à partir d'essais et d'analyses effectués sur des échantillons fournis au CSTC.

Le format électronique innovant de cette NIT permet de sélectionner en un minimum de temps une ou plusieurs pierres sur la base de divers critères (caractéristiques physiques et mécaniques, dénomination commerciale, type de roche, teinte, ...). Il est donc possible de prendre connaissance non seulement des caractéristiques de la pierre, mais aussi des éventuels agréments techniques, des publications de référence, des descriptions d'essais normalisés, des consignes d'utilisation du matériau, ...

ATG et BENOR

La pierre naturelle exige que l'on veille à sa qualité. Il est en effet essentiel que l'on puisse effectuer le choix d'un type de pierre en s'appuyant sur des données techniques exactes. Ceci est possible en Belgique grâce aux fiches techniques de la NIT 228 ou encore au système des agréments techniques (ATG).

Une douzaine de carrières de pierre bleue (principalement belges) disposent actuellement d'un ATG délivré par l'UBAtc, dans lequel sont recensées l'origine et les caractéristiques du matériau extrait. La plupart des professionnels du secteur souhaitent encore aller plus loin et compléter les ATG d'un certificat de type BENOR pour les produits finis.

Développements futurs

Colonnes post-contraintes de la gare 'Saint-Charles' à Marseille.
La pierre naturelle étant par définition un matériau naturel, les possibilités en matière de technologie du matériau sont en toute logique restreintes.

Ce matériau revêt néanmoins, grâce à sa faible énergie grise, un intérêt particulier sur le plan environnemental, pour autant que certaines conditions soient remplies (gestion durable de l'extraction de la pierre, gestion des déchets, consommation rationnelle d'eau, limitation des nuisances sonores et de la production de poussière, ...).

Ainsi, sous l'impulsion de la réglementation sur les performances énergétiques, il serait possible de s'atteler au développement de systèmes d'isolation thermique extérieure par enduit sur isolant, qui consistent en une couche de pierre naturelle collée sur un isolant thermique.

De plus, nous devrions être en mesure - comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis - de fabriquer des panneaux de façade légers et ultra-résistants en appliquant une fine couche de pierre naturelle sur un support de type 'nid d'abeille'.

L'utilisation de la pierre naturelle 'massive' pourrait s'avérer utile pour la finition intérieure lorsqu'on souhaite compenser un éventuel manque de masse thermique.

Enfin, il existe un gros potentiel novateur dans le développement des techniques de post-contrainte, autorisant la réalisation d'ouvrages plus élancés.