Plus de confort … avec moins d'énergie ! 2006/01.06

La fonction première d'un bâtiment étant d'assurer aux occupants un climat intérieur confortable, il en résulte forcément une consommation d'énergie. Comment concilier dès lors la nécessité d'améliorer notre confort et celle de préserver nos ressources énergétiques ?

Qualité de l'environnement intérieur et santé

Assurer un environnement intérieur de qualité n'est pas un luxe, mais répond au contraire à un besoin vital de l'homme. De multiples études ont mis en évidence l'impact du climat intérieur sur la santé des occupants. La mauvaise qualité de l'air intérieur semble être responsable du nombre croissant d'allergies et d'infections respiratoires, en particulier chez les enfants. Ces problèmes de santé trouvent essentiellement leur origine dans les nombreux polluants (benzène, moisissures, ...) présents dans l'air intérieur que nous respirons, lequel est souvent plus pollué que l'air extérieur.

Qualité de l'environnement intérieur et productivité

Même si les études menées à ce sujet n'ont pas toujours donné des résultats concordants, il existe une corrélation manifeste entre l'environnement intérieur et la productivité des travailleurs : investir dans un environnement intérieur de qualité permet donc aux entreprises d'améliorer leur rentabilité.

En pratique


Le climat intérieur et ses différents aspects font l'objet de diverses normes (voir encadré). Celles-ci ne peuvent toutefois définir «le bon climat intérieur» de manière universelle, vu les attentes personnelles, parfois spécifiques, de chaque usager du bâtiment. Il importe par conséquent, autant que faire se peut, de laisser à l'occupant la possibilité de contrôler son propre environnement, du moins dans les locaux occupés par un petit nombre de personnes.



La ventilation sur le lieu de travail
Le graphique ci-dessous montre, à titre d'exemple, le taux d'absentéisme dans les immeubles de bureaux et les établissements de soins, en fonction du renouvellement d'air. Ce graphique basé sur des calculs et sur différentes études épidémiologiques menées aux Etats-Unis fait apparaître qu'un renouvellement de quatre volumes d'air par heure permet de réduire l'absentéisme (toutes choses étant égales par ailleurs) d'environ 70 à 85 % par rapport à une situation sans ventilation.

Prescrit normatif et réglementaire

Informations utiles

Limiter la consommation d'énergie et procurer un bon climat intérieur semblent être, à première vue, deux objectifs contradictoires … qu'il convient néanmoins de concilier.

La directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments ne dit pas autre chose. Ainsi, l'article 4 stipule que les exigences de performance énergétique «doivent tenir compte des conditions générales caractérisant le climat intérieur, afin d'éviter d'éventuels effets néfastes tels qu'une ventilation inadéquate (…)». L'article 7.3 précise, quant à lui, que des «facteurs climatiques pertinents peuvent également être affichés de manière visible» sur le certificat de performance énergétique des bâtiments publics.

La réglementation flamande sur la performance énergétique et le climat intérieur des bâtiments répond à cette demande de la directive, puisqu'elle intègre plusieurs aspects liés au climat intérieur : exigences relatives à la ventilation des bâtiments, limitation du risque de surchauffe dans les logements, liaison de la consommation d'énergie de référence aux débits de ventilation et aux niveaux d'éclairement mis en oeuvre dans les écoles et les bureaux, …

N. Heijmans, ir., chef de projet, division 'Physique du bâtiment et Climat intérieur'