Le lean construction

Dans un contexte économique et concurrentiel toujours plus difficile, les entreprises doivent sans cesse faire preuve d’imagination pour réduire leurs coûts et leurs délais, tout en gardant une qualité de travail constante. Si des optimisations conceptuelles et techniques peuvent être envisagées, il est fondamental de ne pas négliger le fait qu’une optimisation organisationnelle peut également avoir un impact très important sur ces trois facteurs (coûts, délais et qualité). C’est là qu’intervient le lean construction ou ‘construction sans gaspillage’, issu de la méthode lean mise en place initialement par le secteur automobile.
Exemple d’utilisation du management visuel et de la méthode dite des 5S pour mieux organiser la surface de stockage sur chantier. Les zones de circulation sont indiquées par des flèches au sol.
Malgré toutes les méthodes de gestion et tous les outils numériques mis en pratique par les entreprises de construction, des inefficacités et des gaspillages sont toujours constatés à tous les niveaux et les entreprises rencontrent parfois beaucoup de difficultés à les identifier et à les éliminer. Des études ont ainsi révélé qu’entre 25 et 50 % des coûts de construction sont imputables au gaspillage et à l’inefficacité dans l’emploi des ressources humaines et matérielles.

Dans ce contexte, des recherches sont menées à l’échelle mondiale depuis plus d’une vingtaine d’années, dans le but de développer une philosophie de travail novatrice destinée à répondre à ces problèmes. Les résultats de ces recherches ont notamment permis d’élaborer des outils qui ont pu être utilisés sur des projets concrets depuis quelques années déjà à travers le monde et en Belgique.

Ces outils sont utilisés dans le cadre du lean construction, que l’on peut considérer comme une nouvelle philosophie de travail dont l’objectif est de créer de la valeur pour le client de manière durable par l’élimination des gaspillages au travers de tous les processus de l’entreprise. Cette philosophie est portée par toute l’organisation grâce à la responsabilisation des travailleurs et à l’appui du management. Des outils collaboratifs de gestion soutiennent cette manière d’organiser et de travailler tout en alimentant le processus d’amélioration continue.

Les gaspillages évoqués ici peuvent être catégorisés comme suit :

  • les attentes dues à l’indisponibilité du matériel ou des matériaux, par exemple
  • les déplacements inutiles des ouvriers sur le chantier
  • la non-qualité résultant d’erreurs d’exécution (travaux non réceptionnés, non-respect des tolérances…)
  • le stockage et son impact financier
  • la gestion de la logistique (transport)
  • la surproduction (réalisation de travaux supplémentaires sans approbation du client, nombre élevé de réunions, de rapports…)
  • la surqualité (forte fréquence des contrôles…).
De nombreux outils de management destinés à identifier, à réduire ou à éliminer ces gaspillages ont été développés dans le cadre du lean construction : Value Stream Mapping, Last Planner System, Design & Build, BIM, 5S, préparation à J-1, management visuel…

Pour de plus amples d’informations à ce sujet, le lecteur est invité à prendre contact avec la division Gestion et qualité à l’adresse suivante : gebe@bbri.be.


Exemple de résultat obtenu grâce au lean

Entreprise de construction NCN
(Boulogne-sur-Mer, France, 250 personnes)

Une analyse réalisée par Value Stream Mapping a permis d’identifier un gaspillage de 35 % lors de la pose des panneaux de coffrage. Les flux de matériel ont été repensés avec les chefs d’équipes et les enchaînements de tâches ont été optimisés. Les temps morts ont ainsi été éliminés et la pose des panneaux, mieux maîtrisée, se fait 20 % plus rapidement et plus sereinement.

Division Gestion et qualité, CSTC

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Opticost subsidié par la Wallonie.