Bétons prêts à l'emploi et bétons préfabriqués 2005/01.04

Informations utiles
Guidances technologiques :
Mise en œuvre des bétons spéciaux, Réparation du béton, Travaux d'infrastructure

Antenne Normes :
Mortier-Béton

Les Dossiers du CSTC :
Rarement associé à l'innovation, le béton ne représente guère plus, aux yeux du grand public, qu'un mélange de ciment, d'eau, de sable et de pierres. Et pourtant, la technologie du béton se complexifie chaque jour davantage en raison de l'utilisation de nouveaux adjuvants puissants et autres additifs. Quant à la fabrication et la mise en œuvre, elles ne sont pas en reste non plus.

Les bétons autocompactants

La technique innovante qui fait actuellement l'objet de toutes les attentions est sans conteste celle du béton autocompactant. Ce matériau est à ce point fluide qu'il se prête aux formes les plus complexes sans qu'on le vibre. Originaire du Japon, cette technologie connaît une utilisation croissante chez nous (tant en préfabrication qu'en prêt-à-l'emploi). Elle jouit d'une grande popularité auprès des concepteurs car elle offre de nouvelles perspectives architecturales et que les éléments ainsi réalisés présentent en général des surfaces d'excellente qualité.

En Belgique, c'est le CSTC qui a initié la recherche dans ce domaine; diverses équipes lui ont rapidement emboîté le pas. A l'heure actuelle, les efforts portent sur l'établissement d'un cadre normatif approprié. Des directives claires et d'application générale en matière de production, de fabrication et d'exécution sont une condition sine qua non pour pouvoir développer le marché.

Les adjuvants

Le développement des bétons autocompactants est allé de pair avec l'élaboration d'un certain nombre d'adjuvants. La qualité et la durabilité du béton dépendent dans une large mesure de son rapport eau-ciment. Un excès d'eau nuit en effet à la résistance et à la durabilité du matériau. Il n'est dès lors pas surprenant que les réducteurs d'eau ou plastifiants aient été les premiers adjuvants à être incorporés au béton. Une multitude de produits ont, depuis, fait leur apparition, permettant aux spécialistes de mieux satisfaire aux exigences et aux besoins du client : superplastifiants, entraîneurs d'air, retardateurs de prise, accélérateurs de durcissement, inhibiteurs de corrosion, réducteurs de retrait, agents de viscosité, ...

Les bétons à haute résistance

L'emploi du béton à haute résistance permet de réaliser des constructions plus élancées. Bien qu'il soit relativement répandu en Belgique, c'est principalement à l'étranger que l'on retrouve les ouvrages les plus audacieux.

Le concept de haute résistance est toutefois relatif. Il y a peu, la norme NBN B 15-001 n'envisageait pas de classe de résistance supérieure à C50/60. L'Eurocode 2 a franchi une étape supplémentaire, puisqu'il prend en compte des classes de résistance allant jusqu'à C90/105 pour le calcul du béton. Quant à la nouvelle norme NBN EN 206-1, elle fait état de résistances s'élevant à C100/115 et, en ce qui concerne les bétons légers, les classes de résistance vont jusqu'à LC80/88. Ces dernières années, les limites ont encore été repoussées dans un certain nombre de projets pilotes où ont été appliqués des bétons à ultra-hautes performances possédant des résistances de 150 à 250 N/mm².

La durabilité du béton

La durabilité du béton (c'est-à-dire sa durée de vie ou sa résistance aux intempéries) a toujours été au centre des préoccupations. La corrosion des armatures, la réaction alcalis-silice et le retrait endogène des bétons jeunes et à hautes performances constituent des facteurs essentiels à cet égard.

Un dimensionnement correct et une mise en œuvre appropriée sont de nature à prévenir bon nombre de désordres. La mise au point de techniques de mesure et de méthodes de restauration innovantes permet en outre de prolonger la vie des ouvrages. En effet, les structures dégradées ne doivent plus nécessairement être démolies et les travaux de réparation peuvent être exécutés sans recourir au marteau ou au burin et sans produire de nuisances dues aux poussières, ...

L'environnement

La durabilité est aussi associée au développement durable. L'intérêt grandissant accordé à l'environnement a en effet donné lieu à une multitude d'innovations en matière de production et de mise en œuvre du béton. Pratiquement toutes les centrales à béton ont investi dans des installations permettant le réemploi des eaux usées ou la séparation des composants du béton résiduel frais en vue de leur recyclage. Le réemploi du béton durci (et des déchets de construction et de démolition en général) n'est plus un tabou. Cette évolution a donné naissance à une industrie spécialisée dans la fabrication de concasseurs fixes ou mobiles et d'installations de tri. Cependant, l'utilisation du béton recyclé (c'est-à-dire confectionné à partir de débris de béton ou de débris mixtes) n'est pas encore ancrée dans la pratique belge. Précurseur en ce domaine, le CSTC continuera à soutenir les entreprises et les maîtres d'ouvrage dans ces démarches.

Le marché du béton

Le marché du béton a lui aussi subi une pléiade de changements. L'industrialisation et la préfabrication ont gagné du terrain, suscitant un engouement pour les bétons architectoniques, les prédalles ou les éléments creux pour planchers. Cette tendance s'est également traduite dans le concept de construction industrielle, flexible et démontable, étudié dans Les Dossiers du CSTC n° 2004/4.2.