Raccord d'une étanchéité de toiture à une construction enterrée

Afin de répondre à la demande croissante d'aires de stationnement, de plus en plus de bâtiments sont pourvus d'un parking souterrain. Dans bien des cas, une terrasse, une toiture verte ou une toiture-parking est aménagée au-dessus de la partie souterraine qui s'étend au-delà du périmètre du bâtiment. Ces ouvrages sont dotés d'une étanchéité (voir NIT 215, 229 et 253) qui doit être rabattue vers le bas le long des bords de la construction enterrée. La mise en œuvre d'un tel raccord n'étant toutefois pas aisée, elle entraîne fréquemment des problèmes d'infiltration.

Raccord entre les parois enterrées et le sol

La NIT 250, 'Détails de référence pour les constructions enterrées', donne un certain nombre de directives permettant de réaliser un raccord étanche à l'eau entre les parois verticales en béton et la dalle (voir la flèche rouge à la figure 1).

  1. Niveau du sol
  2. Drainage vertical
  3. Bordure
  4. Toiture-terrasse, toiture verte ou toiture-parking
  5. Natte de drainage
  6. Etanchéité de toiture bicouche
  7. Pente
  8. Couche de compression en béton
  9. Hourdis
  10. Paroi en béton (classe d'étanchéité 2)
  11. Tôle d'étanchéité
  12. Dalle de sol en béton
  13. Niveau de la nappe phréatique
  14. Tuyau collecteur
  15. Matériau drainant
  16. Filtre
1 | Détail du raccord entre une toiture et une construction enterrée non chauffée (classe d'étanchéité 2)

En intégrant des tôles d'étanchéité dans le béton au droit du raccord, on peut atteindre une classe d'étanchéité 1 ou 2 (voir tableau ci-dessous), selon que les tôles se recouvrent ou que leurs joints sont soudés ou collés.

Classe d'étanchéité Exigences
0 Un certain débit de fuite, ou la présence de fuites sans conséquence, est autorisé.
1 (*) Fuites limitées à une faible quantité. Quelques taches ou plaques d'humidité admises en surface.
2 Fuites minimes. La surface ne peut pas présenter de taches.
3 Aucune fuite admise.
(*) En classe 1, quelques gouttes au bout des doigts sont acceptables.
Classes d'étanchéité pour les constructions en béton selon la norme NBN EN 1992-3

Raccord entre les parois enterrées et la toiture

Le raccord des parois enterrées au plancher de la toiture (voir la flèche bleue à la figure 1) nécessite également un certain nombre d'interventions en fonction de la classe d'étanchéité souhaitée.
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L'adhérence parfaite d'une étanchéité repliée le long d'une paroi verticale
est difficile à obtenir.
Ce raccord est généralement réalisé en repliant l'étanchéité de toiture vers le bas. Pour ce faire, l'étanchéité doit dépasser le raccord d'au moins 30 cm, tandis que le support doit être suffisamment sec et répondre aux exigences minimales en matière de rugosité et de planéité, afin de garantir l'adhérence des membranes d'étanchéité (voir tableau 10 de la NIT 215). Il est également nécessaire d'appliquer avec soin un vernis d'adhérence. Pour éviter les dégradations dues à des travaux de terrassement à proximité, il est possible d'appliquer une protection mécanique supplémentaire du côté extérieur de l'étanchéité.

Même en remplissant toutes ces conditions, il n'est pas facile de réaliser une adhérence parfaite – et donc un raccord durable et étanche à l'eau – entre la membrane d'étanchéité et les parois (en béton) enterrées. De plus, les conditions de travail dans ces zones sont généralement problématiques (sales et humides). C'est pour cette raison que l'on choisit parfois d'utiliser en complément un profilé de serrage jointoyé au mastic (voir figure 54 de la NIT 244), le jointoiement permettant de garantir une étanchéité à l'eau permanente. Or, les joints de ce type doivent, en principe, être entretenus régulièrement, ce qui est souvent impossible dans une situation enterrée.

Si l'on tient compte de toutes ces considérations, il paraît évident que les raccords enterrés, avec la membrane d'étanchéité repliée vers le bas, n'assurent qu'une étanchéité limitée et sont très peu résistants à une pression – même temporaire – de l'eau. La charge d'eau au droit de ces raccords et la perméabilité du remblai jouent dès lors un rôle important.

L'une des possibilités de réduire la pression consiste à récolter et à évacuer l'eau de pluie présente sur le revêtement de la toiture plutôt que de la laisser s'écouler le long des parois enterrées. Ceci peut être réalisé, par exemple, en veillant à ne pas orienter la pente de la toiture vers la rive ou bien en prévoyant une gouttière le long de cette dernière. Il y a lieu de surligner qu'avec certains revêtements extérieurs (notamment ceux utilisés sur les toitures-parkings), l'eau de pluie doit subir un traitement adapté avant d'être réutilisée ou déversée dans les eaux de surface.

Etant donné que, dans le cas d'un sol argileux ou limoneux peu perméable, une pression d'eau, même temporaire, peut se manifester si le raccord se situe au-dessus du niveau de la nappe phréatique, il est alors recommandé de prévoir un système de drainage supplémentaire. Cette intervention empêchera que l'eau qui aura percolé dans le sol ne contourne la membrane et permettra d'obtenir une structure en béton de classe d'étanchéité 2 (voir tableau).

Le raccord entre l'étanchéité de toiture et les parois enterrées pourrait également être réalisé au moyen d'une étanchéité liquide (voir figure 2). Celle-ci doit évidemment pouvoir être raccordée de façon étanche à l'eau avec les parois (voir § 4.5.3.3.3. de la NIT 253) et le matériau d'étanchéité utilisé pour la toiture (voir tableaux 11 et 12 de la NIT 244). Dans le cas où l'étanchéité de toiture est synthétique, celle-ci doit être fixée mécaniquement avant l'application de l'étanchéité liquide.

2 | Mise en œuvre d'une étanchéité liquide

Si ces conditions sont remplies, un raccord avec une étanchéité liquide peut résister sans problème à une pression d'eau temporaire. Toutefois, si ce raccord est situé sous le niveau de la nappe phréatique et que, par conséquent, il est soumis à une pression d'eau permanente, la situation est quelque peu différente. Dans un tel cas, une étanchéité permanente et durable ne peut pas être garantie et le système de drainage n'a plus de raison d'être.

Le recours à une étanchéité de toiture repliée et raccordée aux parois enterrées ne peut dès lors plus être prise en considération que si celle-ci se prolonge tout autour de la construction enterrée. Toutefois, la mise en œuvre d'un tel cuvelage souple sous le plancher et contre les parois est généralement assez coûteuse et pas toujours réalisable d'un point de vue technique.

Lorsqu'un cuvelage continu n'est pas envisageable, les parois en béton et leurs raccords doivent être conçus de sorte qu'ils puissent assurer une étanchéité à l'eau suffisante. Dans ce contexte, il est recommandé de conserver le joint de reprise entre la toiture et les parois verticales au-dessus du niveau de la nappe phréatique ou d'appliquer une tôle d'étanchéité (voir NIT 250), à l'instar de ce qui est réalisé pour le raccord entre la dalle et les parois.
E. Mahieu, ing., chef adjoint de la division Interface et consultance, CSTC