Facteurs visibles et non visibles influençant la qualité d'un carrelage

D'après l'expérience des ingénieurs de la division Avis techniques, lors de la réception d'un carrelage, les maîtres d'ouvrage s'intéressent principalement aux caractéristiques techniques visibles tels que la planéité, les désaffleurements entre carreaux, l'aspect et la propreté. L'entrepreneur-carreleur a donc intérêt à respecter les principes de mise en œuvre décrits dans la NIT 237. Cet article examine plus en détail les aspects non visibles qui contribuent également à l'obtention d'un ouvrage de qualité.


Un entrepreneur-carreleur est un spécialiste des finitions. Les carreaux qu'il pose servent non seulement à revêtir les planchers et les murs des habitations et des espaces commerciaux, mais aussi les terrasses, les piscines et les façades. Il doit veiller à faire concorder son travail avec celui de ses prédécesseurs (maçon, chapiste, entrepreneur de plafonnage) et avec celui des corps de métier qui interviennent après lui (plombier, électricien, peintre). Si une bonne coordination de l'ensemble des travaux s'avère indispensable, d'autres facteurs moins directement perceptibles contribuent également à la réalisation d'un carrelage de qualité.

Tout d'abord, l'entrepreneur-carreleur doit prendre en considération plusieurs aspects techniques importants. Nombre d'entre eux ont été traités de façon détaillée dans des publications antérieures. Nous reprenons ci-après cinq points principaux auxquels il convient de s'attacher :
  • examen du support. Si la planéité du support et sa cohésion superficielle s'avèrent insuffisantes, il y a lieu de réaliser des traitements complémentaires avant le début des travaux de carrelage (égalisation ou imprégnation, par exemple). Une attention particulière doit également être accordée à l'âge des chapes à base de ciment afin que leur retrait soit en grande partie terminé. Les supports à base d'anhydrite ne peuvent, quant à eux, être carrelés que lorsque leur taux d'humidité résiduelle est inférieur à un certain seuil. Une pose prématurée du carrelage peut en effet conduire à des fissures et à des décollements ultérieurs (voir Les Dossiers du CSTC 2008/4.2)
  • choix d'une colle adaptée au type de revêtement, au support et aux sollicitations prévues. Il existe de nombreux types de colles à carrelage : colles à durcissement rapide pour les carreaux de grand format, colles déformables pour les dallages soumis à de fortes variations de température, colles à temps ouvert élargi pour les carrelages posés à une température ambiante élevée ou colles adaptées aux supports à base d'anhydrite
  • respect des recommandations du fabricant concernant la préparation de la colle. Il est primordial d'utiliser la bonne quantité de liquide de gâchage (généralement de l'eau) et de respecter le temps de maturation ainsi que le temps ouvert (voir Les Dossiers du CSTC 2007/2.3, pour le marquage CE des colles à carrelage, et Les Dossiers du CSTC 2011/2.12, relatif au décollement des revêtements carrelés)
  • obtention d'une bonne surface de contact entre la colle et le support. Pour ce faire, il convient d'utiliser une colle et des peignes adaptés et d'envisager, si nécessaire, un double encollage. Les inclusions d'air doivent être limitées, car elles peuvent produire un son creux à l'auscultation ou donner lieu à des décollements. La perception d'un son creux ne constitue toutefois pas une raison suffisante pour refuser un carrelage, sauf s'il s'accompagne de décollements de carreaux ou de dégradations des joints
  • utilisation de matériaux de qualité qui sont conformes aux exigences des normes européennes et qui disposent – dans la mesure du possible – d'un agrément technique. Les matériaux de moindre qualité se dégradent plus vite et rendent impossible l'obtention d'un résultat durable. Les propriétés de base des matériaux à mettre en œuvre sont reprises dans leurs fiches techniques. Si l'aspect environnemental doit être pris en considération lors du choix des matériaux, on optera pour des produits dotés de labels de type I tels que l'Ecolabel européen (www.ecolabel.be) ou on se basera sur les déclarations environnementales des fabricants.
La qualité d'un revêtement carrelé dépend par ailleurs de facteurs qui ne sont pas directement liés au travail de l'entrepreneur-carreleur sur chantier. Elle concerne, en effet, l'ensemble des activités de l'entreprise : organisation, contact avec la clientèle, établissement d'offres détaillées prenant en compte les caractéristiques du chantier (importance d'une visite sur place préalable), mais aussi traitement des plaintes éventuelles. C'est pourquoi le contrôle et la politique de l'entreprise dans des domaines tels que la gestion du personnel et du matériel, de l'infrastructure, des matériaux et des documents revêtent une importance capitale.

Les entreprises de construction peuvent faire attester leurs compétences techniques et managériales grâce à différents labels de qualité. Ainsi, les carreleurs peuvent obtenir le label 'Construction Quality Maître-carreleur' après avoir démontré, lors d'un audit administratif et technique, que leur entreprise dispose des compétences nécessaires pour assurer, en toute sécurité, un travail de qualité, respectueux de l'environnement et durable. Pour de plus amples informations à ce sujet, rendez-vous sur www.constructionquality.be.

T. Vangheel, ir., chef adjoint, laboratoire Matériaux de gros œuvre et de parachèvement, CSTC