Traitements contre la légionelle : quelle efficacité ? 2004/04.10

Affectionnant particulièrement nos installations de production d'eau chaude sanitaire, la légionelle fait régulièrement la une de l'actualité. Ce fut ainsi le cas, début 2004, en France, où plusieurs personnes sont décédées des suites de la maladie du légionnaire. Afin de limiter ce risque, le Gouvernement flamand a fait paraître, au Moniteur Belge du 7 septembre 2004, un décret visant à prévenir la légionellose dans les espaces accessibles au public et remplaçant un décret publié en janvier 2003, dont il diverge sur plusieurs points.

1. Dispositions générales

Le nouveau décret opère une distinction entre :
  • les établissements et installations présentant un risque important de contamination (homes, hôpitaux, hôtels, humidificateurs d'air, tours réfrigérantes, jacuzzis, salons d'exposition, ...)
  • les établissements et installations présentant un risque modéré de contamination (autres lieux accessibles au public tels que complexes sportifs, salons de coiffure, ...).
Comme le précisait déjà le décret publié en 2003, les deux types d'établissements et d'installations requièrent l'élaboration d'un plan de gestion et le respect de certaines exigences en matière de distribution d'eau sanitaire chaude et froide. Les installations doivent en outre faire l'objet d'une attestation de conformité délivrée par toutes les parties impliquées dans les travaux, c'est-à-dire aussi bien les concepteurs que les exécutants.
Appareil à électrolyse.

2. Traitements alternatifs contre la légionelle

Le nouveau décret prévoit la possibilité d'appliquer une série de traitements alternatifs contre la légionelle; ceux-ci doivent cependant avoir été préalablement évalués. Il s'agit par exemple des techniques suivantes  :
  • irradiation continue de l'eau par rayonnement ultraviolet
  • injection continue dans l'eau d'agents désinfectants (dioxyde de chlore, ...)
  • électrolyse continue de l'eau, un procédé permettant de transformer certains composants présents dans l'eau en agents désinfectants.

3. La recherche menée au CSTC

A la demande des Comités techniques 'Plomberie sanitaire et industrielle, installations de gaz et couvertures métalliques' et 'Chauffage et climatisation', le CSTC a mené récemment une recherche sur les traitements alternatifs antilégionelle suivants :
  • électrolyse continue du système d'eau chaude sanitaire d'un hôtel, où une partie de l'eau a été soumise à un courant électrique continu, formant des composants aux propriétés désinfectantes (chlore, hypochlorite, ...). La présence de germes de légionelle a ensuite été contrôlée à intervalles réguliers dans des échantillons d'eau prélevés en différents points de l'installation. Les résultats des analyses ont démontré que l'électrolyse permettait de maîtriser la contamination, mais que le traitement n'avait pas de caractère rémanent. En cas de défaillance de l'installation, il convient donc de tenir compte d'un risque de recolonisation
  • désinfection continue des canalisations d'eau d'un hôpital par adjonction de dioxyde de chlore à l'eau froide (juste avant son réchauffement); après examen de l'influence du désinfectant en question sur la concentration en légionelles, on a pu établir qu'en l'absence d'assainissement préalable, cette méthode offrait beaucoup moins de garanties quant au contrôle de la contamination.

4. Conclusions

Informations utiles
Contacts
K. Dinne
(info@bbri.be)

Document utile

Décret du Gouvernement flamand relatif à la prévention de la maladie du légionnaire ou légionellose dans les espaces accessibles au public. Bruxelles, Moniteur Belge, 7 septembre 2004.

Ces deux expériences ont conduit aux enseignements suivants :
  • certains traitements alternatifs permettent de maîtriser la problématique de la légionelle
  • de telles méthodes ne peuvent être mises en place que dans des conditions bien déterminées et nécessitent des mesures de précaution aussi bien avant qu'après traitement (élimination préalable des foyers de contamination, surveillance automatisée du système, …)
  • l'efficacité de ces traitements, leur applicabilité dans le bâtiment et leur fiabilité doivent faire l'objet d'un contrôle et d'une évaluation régulière.




K. De Cuyper, ir., chef de la division Equipements Techniques et Automatisation, CSTC