Rénovation des fenêtres existantes : remplacement ou autres solutions ? 2012/03.08

On estime que quelque 80 % des logements belges sont totalement ou partiellement équipés de vitrages isolants. La proportion de simples vitrages encore présents dans les bâtiments peut atteindre jusqu'à 30 % selon la Région considérée. Dans un contexte grandissant de réduction de la consommation d'énergie, l'isolation des fenêtres équipées de simples vitrages ou de doubles vitrages de première génération est donc une nécessité
Le remplacement des fenêtres existantes par de nouvelles fenêtres équipées de vitrages performants (dits à haut rendement) permet de garantir des performances durables et adaptées aux besoins spécifiques du maître d'ouvrage. D'autres solutions permettent cependant de ne pas procéder au remplacement complet de la fenêtre existante, lequel n'est pas toujours envisageable, voire nécessaire.

Les autres solutions

Parmi les solutions les plus courantes permettant d'éviter le remplacement complet de la fenêtre, citons d'abord l'amélioration de l'étanchéité à l'air de la fenêtre existante par :

  • le remplacement des joints entre la maçonnerie et le cadre dormant et entre le cadre et le vitrage par des joints en mastic souple

  • la mise en place de joints entre ouvrant et dormant

  • le réglage de la quincaillerie, …
Ces mesures permettent également d'améliorer l'isolation acoustique, mais n'ont qu'un très faible impact sur le niveau d'isolation thermique de la fenêtre.

A. SURVITRAGE
B. DOUBLE VITRAGE DANS PROFILE D'ADAPTATION
C. DOUBLE FENÊTRE
Exemples de solutions permettant d'éviter le remplacement d'une fenêtre existante (orifices de drainage et de ventilation non représentés)

Une seconde solution est le survitrage, qui consiste à appliquer un second verre sur le châssis (cf. figure A, ci-dessus), généralement dans un profilé, afin d'obtenir deux vitrages juxtaposés séparés par une lame d'air. Le risque de condensation entre les feuilles de verre étant quasiment inévitable, le survitrage collé est à éviter. Un survitrage amovible est donc recommandé de façon à permettre l'entretien. Cette solution relativement peu efficace (cf. tableau) n'est que très peu utilisée en pratique.

Performances de la fenêtre existante et de la fenêtre rénovée
Performances Fenêtre existante
bois
Survitrage (1) Double
vitrage
(Ug = 1,1 W/m²K)
Nouvelle fenêtre
bois (2)
Double fenêtre (3)
Float Verre à
couche (ε = 0,15)
Valeur Uw de la fenêtre [W/m²K] 4,7 2,9 2,1 1,7 1,6 1,2
Etanchéité à l'air - - (4) - - (4) - - (4) - - (4) + + + +
Etanchéité à l'eau - - (5) - - (5) - - (5) - - (5) + + + +
Durabilité -/+ - - -/+ + + -/+ (6)
(1) Epaisseur de 4 mm, espacé de 15 mm du vitrage existant.
(2) Bois dense, section 58 mm, double vitrage (Ug = 1,1 W/m²K).
(3) Seconde fenêtre identique à la nouvelle fenêtre bois (2) placée à 50 mm de la fenêtre existante.
(4) Amélioration possible jusqu'à + par l'ajout de joints et en assurant la durabilité de ceux-ci.
(5) Evolution possible jusqu'à - s'il y a amélioration de l'étanchéité à l'air, voire à + si l'ancien châssis est muni d'une chambre de décompression.
(6) Score lié au maintien de la fenêtre existante.

Une troisième solution consiste à remplacer le vitrage existant par un double vitrage performant dans le châssis existant, pour autant que la résistance du profilé et la quincaillerie le permettent. Le double vitrage est généralement prémonté dans un profilé d'adaptation; l'ensemble étant alors intégré dans le châssis existant (cf. figure B). En fonction du type de vitrage mis en œuvre, des niveaux de performances thermiques et acoustiques du même ordre de grandeur que ceux d'une nouvelle fenêtre peuvent être atteints. Dans la pratique il est toutefois souvent difficile de respecter l'ensemble des recommandations en matière de drainage de la feuillure. Il existe, en outre, un réel risque d'augmentation de la condensation sur les châssis métalliques.

Enfin, le principe de la double fenêtre, qui consiste à poser, généralement du côté intérieur, une seconde fenêtre dans l'épaisseur du mur de façade (cf. figure C), est très efficace d'un point de vue thermique et acoustique. Afin de limiter les risques de condensation, on garantira une bonne étanchéité à l'air du côté intérieur et on prévoira une légère ventilation de l'espace entre celles-ci par de l'air extérieur.

Comparaison théorique

A titre d'exemple, nous avons comparé quelques performances de différentes possibilités de rénovation d'une fenêtre existante (cf. tableau) composée d'un châssis en chêne de 45 mm de section et d'un simple vitrage de 4 mm.


V. Detremmerie, ir., chef du laboratoire Eléments de toitures et de façades, CSTC
G. Flamant, ir., chef adjoint de la division Energie et bâtiment, CSTC
B. Michaux, ir., chef adjoint de la division Enveloppe du bâtiment et menuiserie, CSTC

Article rédigé grâce au soutien de la Guidance technologique 'Eco-construction et développement durable en Région de Bruxelles-Capitale', subsidiée par InnovIRIS