Rénovation et traitement des matériaux pierreux naturels 2011/03.12

On assiste depuis quelques dizaines d'années à une véritable explosion du marché de la rénovation, de la restauration et de l'entretien des bâtiments, au point que ce secteur d'activité représente de nos jours plus de la moitié du chiffre d'affaire dans le domaine de la construction.
Cette croissance et la demande correspondante favorisent la multiplication rapide de produits et de traitements qui, dans le même temps, doivent évoluer afin de répondre à des prescriptions environnementales constamment plus sévères. La situation n'est pas sans contraintes pour les entrepreneurs spécialisés qui se doivent dès lors de suivre les développements technologiques, mais également de pouvoir juger, avant utilisation, des performances et des éventuels effets secondaires des techniques nouvelles. Il importe aussi qu'ils puissent se rendre compte de l'adéquation de ces dernières aux particularités des bâtiments et des matériaux, à leurs altérations ainsi qu'aux éventuelles pathologies présentes. Afin d'aider les entreprises concernées, la version longue de cet article résumera les enseignements de nombreuses années de recherches et de suivis de chantier et, pour plus d'informations, fera référence à des publications du CSTC telles que : Concernant l'innovation, nous vous présentons ci-après, à titre d'exemple, quelques tendances et développements récents dans le domaine du traitement des matériaux.

Nettoyage des façades

Ces dernières années sont apparus sur le marché de nouveaux granulats tendres expansés permettant le nettoyage de surfaces dures sans effet d'abrasion et rendant superflue la protection des vitrages.

Pour l'intérieur, l'usage de pâtes de latex permet le nettoyage sans eau ni poussières et respecte particulièrement la patine des matériaux.

N'omettons pas non plus l'usage du laser, qui reste toutefois, pour des raisons de coût et de temps, limité au nettoyage de surfaces restreintes et aux matériaux de tonalités claires.

Produits hydrofuges de façades ou pour le traitement de l'humidité ascensionnelle

Pour ces applications, les produits siloxanes dilués dans des solvants organiques représentaient jusqu'à présent la part prépondérante du marché et ce, du fait de leur efficacité éprouvée. Face aux nouvelles contraintes environnementales, ces produits sont de plus en plus souvent écartés au profit de solutions aqueuses, voire de gels à forte concentration. Le gain environnemental est certain, mais l'efficacité n'est pas toujours au rendez-vous.

Pour l'utilisateur, l'examen des performances et notamment des rapports standardisés comparatifs du CSTC ou des agrément techniques constitue plus que jamais un préalable au choix judicieux des produits à utiliser.

Traitements antigraffiti

Pour ces traitements préventifs, la problématique des solvants organiques est encore plus complexe. Les solvants organiques sont non seulement présents dans les produits de protection, mais constituent également, pour de nombreux systèmes, la base des produits de détachage. La tendance dans ce secteur s'oriente donc vers des systèmes de protection temporaire en phase aqueuse, s'éliminant en même temps que les graffiti à l'aide d'eau chaude ou de vapeur. Dans la mesure où les contraintes impliquent l'usage de systèmes permanents, les détachants à base de solvants 'agressifs' sont remplacés par des produits moins nocifs et plus écologiques tels que les essences d'agrume.

Consolidations superficielles, ragréages, injections structurelles

Ces interventions très pointues ne nécessitent heureusement que peu de produits dilués dans des solvants organiques. Les évolutions environnementales sont donc moins contraignantes et, le plus souvent, il suffit d'utiliser des équivalences sans solvants pour limiter les dégagements de composés organiques volatils. A titre d'exemple, de nombreux produits de consolidation à base de silicate d'éthyle sont passés de 75 à 100 % de matières actives. De même, pour favoriser la pénétration des produits d'injection structurelle, la préférence est désormais donnée aux résines fluides plutôt qu'à l'ajout de solvants organiques.


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A. Pien, ing., chef du laboratoire 'Rénovation', CSTC