Peintures et mastics 2010/04.13

CT Peinture, revêtements souples pour mur et solLes mastics constituent aujourd'hui une large gamme de produits trouvant un vaste champ d'applications dans le bâtiment. Pour des raisons esthétiques, ils peuvent être recouverts de peinture. Certains, toutefois, ne permettent pas un accrochage suffisant de la peinture tandis que pour d'autres, les déformations sont telles qu'elles ne permettent jamais un recouvrement durable. De manière générale, il est recommandé de ne pas peindre un mastic si l'on souhaite assurer une durabilité esthétique, mais d'utiliser des produits colorés.
Utilisés pour combler des trous ou des fissures, comme joint de vitrage, comme joint de dilatation ou encore comme joint de raccordement en intérieur ou en extérieur (resserrage entre mur et menuiserie, entre mur et plafond, …), les mastics sont des matériaux essentiels pour assurer la durabilité d'un ouvrage.

La norme NBN EN ISO 11600 distingue les mastics de vitrage et les mastics de construction. Chacune de ces catégories est composée de plusieurs classes en fonction des capacités de déformation des mastics et de leur rigidité. La norme différencie notamment les mastics dits 'élastiques', qui permettent de reprendre les déformations les plus importantes, et ceux dits 'plastiques', à l'allongement plus faible.

Le choix et la qualité des mastics de façade peuvent être prescrits conformément aux spécifications techniques STS 56.1 'Mastics d'étanchéité des façades'. Celles-ci reprennent les performances des mastics de façade en fonction de leur classe et fournissent des indications pour le choix de la classe du mastic en fonction de l'usage prévu et de la géométrie du joint.

Dans un bâtiment, la mise en peinture d'un mastic est souvent souhaitée pour des raisons esthétiques dans le cas :
  • de mastics comblant des trous ou des fissures
  • de joints intérieurs de raccordement
  • de joints de vitrage.
Tous les mastics ne permettent toutefois pas d'assurer une adhérence minimale du film de peinture et tous ne peuvent donc pas être peints (cf. tableau). C'est notamment le cas des mastics silicones, des mastics bitumeux ou encore des mastics caoutchoucs.

Mastics pouvant ou non être peints et peintures compatibles.
Mastics Peintures compatibles (*)
Mastics ne pouvant pas être peints Silicone acétique (universel), silicone neutre, caoutchouc, bitumeux -
Mastics pouvant être peints (adhérence minimale exigée) Acrylique, polyuréthane, hybride polysulfure et polyuréthane, MS polymère Alkyde et acrylique
Polysulfure, butyle Alkyde
Huile de lin, époxy, polyester, cellulosique, SPUR polymère Cf. fiche technique
(*) Les peintures compatibles sont mentionnées à titre général et indicatif. Cette compatibilité avec le mastic doit être vérifiée au moyen de la fiche technique du produit.

Les mastics permettent d'assurer une liaison continue entre des matériaux susceptibles de mouvements (joint de dilatation, de raccordement, …). Lorsqu'une peinture est appliquée sur un mastic, elle doit suivre ses variations dimensionnelles. Dans le cas contraire, des fissures, des craquelures ou des pertes d'adhérence peuvent survenir. Ces dégradations se produisent notamment si la couche de peinture est épaisse ou peu élastique ou encore s'il s'agit d'un mastic fortement sollicité dont les variations dimensionnelles sont importantes. C'est le cas notamment des joints de double vitrage, des joints de dilatation ou encore des joints de raccordement en façade dont la longueur est supérieure à 3 m. Pour ces applications, il est recommandé de ne pas peindre le joint, mais d'utiliser des mastics colorés. La plupart des mastics sont, en effet, proposés en plusieurs teintes (blanc, gris, brun, noir ou encore transparent) afin de les rendre plus discrets. Les mastics dédiés au bois sont également disponibles dans plusieurs tons ou en différentes couleurs selon le nuancier RAL afin de pouvoir être appliqués sur différentes essences. Notez toutefois que les mastics à l'huile de lin utilisés pour les joints de simples vitrages doivent être peints.

D'autres problèmes peuvent également survenir lors de la mise en peinture d'un mastic. Ils peuvent être liés à la compatibilité entre la peinture et le mastic :
  • les liants du mastic et de la peinture doivent être chimiquement compatibles (cf. tableau)
  • la peinture de finition ne doit pas modifier les propriétés du mastic (élasticité, durabilité, …)
  • des constituants du mastic peuvent migrer dans la peinture et créer des zones de teintes différentes ou des plaques séchant mal et accrochant la poussière
  • certains mastics peuvent ralentir le séchage de peintures notamment celles contenant des solvants
  • certaines peinture à séchage rapide peuvent présenter une rupture d'adhérence en raison d'une trop forte tension de surface.
Les liants de même nature sont en général chimiquement compatibles. Les peintures en phase aqueuse, émulsions ou dispersions, présentent habituellement peu de risques d'altération du mastic. Dans tous les cas, il convient de consulter en tout premier lieu les fiches techniques et les agréments techniques des mastics afin d'évaluer les possibilités de recouvrement et d'identifier les peintures compatibles. Il est également à signaler que la nature du mastic ou, idéalement, la fiche technique du produit devrait être fournie au peintre. Dans le cas contraire, celui-ci n'aura aucun moyen d'identifier le mastic utilisé.

Des problèmes peuvent aussi apparaître au cours du séchage du mastic. En effet, certains produits peuvent sécher rapidement (parfois en quelques minutes), ce qui permet de ne pas interrompre le travail de peinture. Toutefois, si l'épaisseur de mastic est importante, il est souvent préférable d'attendre que celui-ci soit entièrement sec à cœur avant de le peindre. Dans le cas contraire, le retrait lié au séchage du mastic pourra provoquer des craquelures ou des écaillages de la peinture. Peindre trop vite peut également modifier le séchage du mastic et induire une dégradation de ses performances.


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E. Cailleux, dr., chef de projet, conseiller technologique (*), laboratoire 'Technologie du béton', CSTC
V. Pollet, ir., chef adjoint du département 'Matériaux, technologie et enveloppe', CSTC
(*) Guidance technologique 'REVORGAN - Revêtements organiques' subsidiée par la Région wallonne.