Nœuds constructifs et niveau K 2010/03.16

CT HygrothermieA l'heure actuelle, les réglementations PEB des trois Régions ne prennent pas encore en compte les nœuds constructifs dans le calcul des pertes par transmission. Plusieurs études ont cependant montré que l'impact de ces nœuds sur les déperditions n'était pas négligeable. De plus, leur importance relative est d'autant plus grande que le niveau d'isolation du bâtiment s'améliore. A l'initiative des trois Régions, une méthode permettant de tenir compte de l'impact des nœuds constructifs dans la réglementation PEB a dès lors été développée.
Cette méthode a pour objectif principal d'inciter à la bonne conception thermique des détails de construction et comporte une approche simple parmi ses options. Actuellement, la prise en compte des nœuds constructifs n'est pas encore obligatoire dans les réglementations, mais elle devrait le devenir prochainement. Les lignes principales de la méthode sont décrites ci-dessous. Cette dernière ne s'intéresse qu'aux nœuds constructifs; les autres interruptions de l'isolation, propres à la paroi, doivent être prises en compte dans le coefficient de transmission thermique (la valeur U) de la paroi.

1. Options principales

Trois options principales sont proposées pour les nœuds constructifs :
  • option A : la prise en compte par calcul détaillé. Cette approche classique consiste à prendre en compte chaque nœud constructif de manière individuelle à l'aide de sa longueur ou du nombre de nœuds et de son coefficient linéique ou ponctuel de transmission thermique
  • option B : la méthode des nœuds 'PEB-conformes'. L'objectif est de simplifier le travail lié aux nœuds constructifs tout en considérant leur impact et en encourageant leur amélioration. Tous les nœuds du bâtiment sont divisés en deux catégories : d'une part, les nœuds PEB-conformes, qui répondent à quelques règles simples (cf. § 2), et, d'autre part, les nœuds qui ne sont pas PEB-conformes. Un petit supplément forfaitaire équivalent à 3 points sur le niveau d'isolation thermique global K du bâtiment est comptabilisé pour les nœuds appartenant à la première catégorie, alors que les autres sont pris en compte en supplément à l'aide d'un calcul détaillé (comme pour l'option A). Si un nœud est plus performant que la limite fixée pour les nœuds PEB-conformes, celui peut également être valorisé en l'introduisant de manière détaillée
  • option C : option choisie si on ne souhaite prêter aucune attention aux nœuds constructifs. Dans ce cas, une pénalité forfaitaire équivalant à 10 points-K est prévue.

2. Conditions de conformité

Un nœud est considéré comme PEB-conforme (dans l'option B), s'il répond au moins à une des conditions suivantes :
  • il respecte au moins une des règles de base :
    • épaisseur de contact suffisante entre les couches isolantes adjacentes (cf. figure 1)
    • critères s'appliquant sur des éléments isolants interposés (cf. figure 2)
    • longueur minimale du chemin de moindre résistance thermique (cf. figure 3)
  • son coefficient linéique de transmission thermique est plus petit qu'une valeur limite, définie en fonction du type de nœud (0,15 W/mK pour un angle rentrant, 0,1 W/mK pour les raccords autour des portes et fenêtre, p. ex.).
Fig. 1 Epaisseur de contact minimale.
Fig. 1 Epaisseur de contact minimale.
Fig. 2 Interposition d’un isolant.
Fig. 2 Interposition d'un isolant.
Fig. 3 Schéma de principe du chemin de moindre résistance thermique.
Fig. 3 Schéma de principe du chemin de moindre résistance thermique.
Finalement, des valeurs par défaut (en général plutôt négatives) sont également données pour les coefficients linéiques et ponctuels de transmission thermique. Elles peuvent être utilisées dans l'option A ou B.

Cet article n'est qu'un résumé succinct de la méthode de prise en compte des nœuds constructifs. Vous trouverez tous les détails dans un document explicatif et dans des modules de formation disponibles prochainement sur www.ibgebim.be et energie.wallonie.be.

A. Tilmans, ir., chercheur à la division 'Climats, équipements et performance énergétique', CSTC
D. Van Orshoven, ir., chef adjoint de la division 'Climats, équipements et performance énergétique', CSTC


Informations utiles
Le terme 'nœud constructif' désigne :
  • les jonctions linéaires entre les différentes parois de la surface de déperdition d'un bâtiment
  • les interruptions linéaires et ponctuelles de la couche isolante des parois, pour autant qu'elles ne soient pas propres aux parois (crochets de mur, ossature, etc.).
L'ensemble des ponts thermiques se divise donc dans le nouveau cadre réglementaire, d'une part, en nœuds constructifs et, d'autre part, en interruptions de l'isolation, propres à la paroi.