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CT Gros Oeuvre

L’aspect fonctionnel avant tout 2010/01.05

La fonctionnalité des éléments de gros œuvre est un facteur primordial lorsqu’il s’agit d’en déterminer les tolérances. Des écarts trop importants par rapport à leurs dimensions et à leur position peuvent en effet s’avérer néfastes pour la stabilité et l’aptitude à l’emploi de l’ouvrage.
Les éléments de gros œuvre étant généralement dissimulés par les parachèvements, l’aspect de ceux-ci est bien souvent secondaire. Il faut néanmoins tenir compte, au moment de fixer les écarts admissibles sur le gros œuvre, de la finition prévue et éventuellement poser des exigences plus sévères que celles nécessaires d’un point de vue fonctionnel.

Si l’on souhaite que certains éléments de gros œuvre restent visibles dans le but de créer un effet spécifique, des exigences plus sévères (mais encore accessibles) quant à leur aspect doivent être spécifiées dans les documents contractuels. A défaut de telles exigences, on suppose qu’il s’agit d’une mise en œuvre standard pour laquelle les caractéristiques visuelles typiques des éléments de gros œuvre ont été acceptées.

Enfin, tant l’aspect fonctionnel que visuel requiert une attention particulière dans le cas d’une maçonnerie de parement. Par ailleurs, la mise en œuvre de la maçonnerie doit être suffisamment soignée de sorte que les menuiseries puissent être convenablement posées.

1. Documents de référence

Fig. 1 L’aspect fonctionnel est primordial.
Fig. 1 L’aspect fonctionnel est primordial.
Il existe divers documents de référence dans lesquels des tolérances sont données pour la fabrication, l’implantation, la pose et la mise en œuvre des éléments de gros œuvre ainsi que pour l’exécution des baies et des évidements.

Les tolérances d’implantation sont liées aux écarts dimensionnels dus à la technique d’implantation employée (à l’aide d’un théodolite, d’un laser, p. ex.). Il est question du mesurage de ces tolérances dans la série de normes NBN ISO 7976. La norme NBN ISO 4463 indique les tolérances d’implantation qui sont d’application pour les systèmes principaux et secondaires ainsi que pour les points de position d’un bâtiment. Voici quelques tolérances d’implantation importantes issues de cette norme :
  • la tolérance sur la position des points secondaires est de ± 4 mm pour une distance allant jusqu’à 7 m et de ± 1,5 √L pour les distances plus importantes (L = la distance en m)
  • la tolérance sur la position d’un point de position est de ± 2 K1 mm pour une distance < 4 m et de ± K1 √L mm pour les distances plus importantes (K1 = une constante équivalant à 1,5 pour les constructions en béton et en acier).
En ce qui concerne les tolérances sur les éléments structurels, il convient de distinguer les fondations, les maçonneries, les structures en béton, en bois et en métal. Pour ces derniers éléments, nous renvoyons aux normes NBN EN 1090-1 (exigences), 1090-2 (acier) et 1090-3 (aluminium).

1.1. Fondations et constructions en béton

La norme NBN EN 13670, qui sera bientôt publiée, est consacrée tant à la réalisation de constructions en béton coulé sur place qu’à la mise en œuvre d’éléments préfabriqués en béton, pour laquelle il n’existe encore aucune norme spécifique.

En ce qui concerne les écarts sur des éléments préfabriqués en béton, nous renvoyons aux documents de référence suivants :
Tableau 1 Documents de référence applicable aux maçonneries.
Normes concernant la conception
  • NBN EN 1996-2:2005 (+ AC:2009) + ANB : calcul des ouvrages en maçonnerie. Partie 2 : conception, choix des matériaux et mise en œuvre des maçonneries (Eurocode 6)
  • NBN B 24-401:1981 : exécution des maçonneries
Normes produit
  • Série NBN EN 771 + addenda
  • Série des PTV 21-00x
  • Série des PTV 23-00x
  • NBN EN 13369 : règles communes pour les produits préfabriqués en béton
  • NBN B 21-600 : règles communes pour les produits préfabriqués en béton (complément national à la NBN EN 13369)
  • NBN EN 13225 : produits préfabriqués en béton : éléments de structure linéaires (PTV 200)
  • NBN EN 1168 : produits préfabriqués en béton : produits alvéolés (PTV 201)
  • NBN EN 13747 : produits préfabriqués en béton : prédalles pour systèmes de planchers (PTV 202)
  • NBN EN 14992 : produits préfabriqués en béton : éléments de mur (PTV 212)
  • PTV 21-601 : éléments architechtoniques et industriels préfabriqués en béton décoratif.

1.2. Maçonneries

Le tableau 1 mentionne les normes belges et européennes fixant les exigences relatives à la mise en œuvre et aux produits pour les maçonneries, ainsi que deux séries de PTV pouvant servir de guide lors du contrôle des dégradations et des défauts dans les éléments de maçonnerie.

1.3. Bois

Il existe peu de documents de référence belges spécifiant des tolérances pour la mise en œuvre d’éléments de gros œuvre en bois (charpentes, ossature et structure portante de plancher).

En ce qui concerne les tolérances sur les charpentes en bois, on se référera aux documents suivants :
  • NBN EN 1995-1-1 : conception et calcul des structures en bois (partie 1-1 : généralités, règles communes et règles pour les bâtiments)
  • STS 31 : charpenterie.
Dans le cas de planchers portants en bois, on se référera à la NIT 233 relative aux planchers portants des bâtiments résidentiels et tertiaires.

En l’absence de documents de référence belges relatifs aux tolérances pour les bâtiments à ossature en bois, on peut se référer à la norme française NF P 21-204 (travaux de bâtiment, construction de maisons et bâtiments à ossature en bois).

Les déformations admissibles pour les bâtiments, de manière générale, et pour les structures en bois, en particulier, sont explicitées dans la norme NBN B 03-003 (déformation des structures, valeurs limites de déformation).

Enfin, il existe encore un certain nombre de normes belges de produits définissant des exigences applicables aux éléments en bois ou à base de bois :
  • NBN EN 336 : bois de structure (dimensions, écarts admissibles)
  • NBN EN 390 : bois lamellé-collé (dimensions, écarts admissibles)
  • NBN EN 14250 : structure en bois (exigences de produits relatives aux fermes préfabriquées utilisant des connecteurs à plaque métallique emboutie).

2. Tolérances

2.1. Fondations et constructions en béton

La future norme européenne NBN EN 13670 établit une distinction entre les deux types de tolérances suivantes :
  • les tolérances normatives : tolérances structurelles devant garantir la résistance mécanique et la stabilité des structures
  • les tolérances informatives : tolérances ayant généralement une faible influence structurale. Soulignons que les documents contractuels doivent toujours mentionner si celles-ci sont d’application ou non.
Cette prénorme prévoit deux classes de tolérance :
  • la classe de tolérance 1 (tolérances normales) : cette classe est d’application à défaut d’autres spécifications dans le cahier spécial des charges et permet de tenir compte des hypothèses de l’Eurocode 2 en ce qui concerne le dimensionnement (cf. tableau 2 et Les Dossiers du CSTC n° 2004/4.4)
  • la classe de tolérance 2 (tolérances plus sévères) : cette classe doit toujours être spécifiée dans le cahier spécial des charges. Ces tolérances plus sévères et le contrôle de qualité permettent de considérer, dans les calculs selon l’Eurocode 2 (cf. annexe A de l’Eurocode) des coefficients de sécurité partiels réduits.
Tableau 2 Tolérances normales applicables aux fondations et aux constructions en béton (*).
Ecart sur …Ecart admissible selon la norme NBN EN 13670
la distance horizontale jusqu’à la ligne de référence Fondations : ± 25 mm
Colonne ou mur : ± 25 mm
la distance verticale H jusqu’au niveau repère Fondations : ± 20 mm
Dalle de sol entre l’étage le plus élevé et le niveau repère :
  • H ≤ 20 m : ± 20 mm
  • 20 m < H : ± 0,5 (H + 20) mm, max. ± 50 mm
la distance entre niveaux superposés Planchers successifs : ± 20 mm
l’écart de niveau de poutres adjacentes ± (10 + l/500) mm
la distance horizontale l entre deux éléments adjacents Poutres : max. (± 20 mm of ± l/600), max. ± 40 mm
Colonnes/murs : max. (± 20 mm of l/600), max. ± 60 mm
les dimensions de la section de béton (l = longueur) :
  • l ≤ 150 mm
  • l = 400 mm
  • l ≥ 2500 mm
Interpoler de façon linéaire des valeurs intermédiaires
  • ± 10 mm
  • ± 15 mm
  • ± 30 mm
la planéité :
  • la planéité globale sous la règle de 2 m

  • la planéité locale/l’irrégularité sous la règle de 0,2 m

  • Eléments coffrés ou lissés : 9 mm / 2 m et 4 mm / 20 cm
  • Eléments non coffrés : 15 mm / 2 m et 6 mm / 20 cm
la courbure des éléments (h = hauteur, l = longueur)Colonnes et parois : max. (± h/300 of ± 15 mm), max. ± 30 mm
Poutres et dalles : max. (± l/600 of ± 20 mm)
la rectitude des arêtes (l = longueur de l’arête) :
  • l ≤ 1 m
  • l > 1 m


± 8 mm
± 8 mm/m, ≤ ± 20 mm
l’orthogonalité (a = longueur de la section)Max. (± 0,04 a ou ± 10 mm), max. ± 20 mm
l’obliquité (a = hauteur, b = largeur de la section)Max. (± a/25, ± b/25), max. ± 30 mm
la verticalité (h = hauteur de la paroi ou de la colonne, ∑hi = hauteur totale des étages considérés, n = nombre d’étages)Un étage ≤ 10 m : max. (h/400 ou 15 mm)
Plusieurs étages : min. (50 mm ou ∑hi /(200 n1/2))
l’alignement vertical (t = largeur moyenne) Max. (t/30 of 15 mm), max. ± 30 mm
la pente des poutres ou des dalles (L = longueur de celles-ci)± (10 + L/500) mm
les baies et les évidements± 25 mm sur la position et des dimensions de l’évidement
± 10 mm sur le diamètre des passages de conduits
(*) Les tolérances informatives sont indiquées en vert clair, les tolérances normatives le sont en vert plus foncé.

2.1.1. Niveau et planéité

Tableau 3 Tolérances sur le niveau d’un sol industriel fini.
Distance d [m] entre un point du sol et le repère de niveau la plus procheEcart [mm]
d ≤ 1
1 < d ≤ 3
3 < d ≤ 6
6 < d ≤ 15
15 < d ≤ 30
d > 30
± 6
± 8
± 12
± 16
± 20
± 25
La satisfaction liée à la fonctionnalité d’un sol industriel à base de ciment dépend beaucoup des écarts sur la planéité et le niveau du sol fini. Signalons que des mentions telles que ‘poli miroir’ ou ‘parfaitement plan’ dans les documents contractuels ne sont pas univoques et ne fournissent pas d’indication sur les classes de planéité et sur les écarts de niveau à considérer pour la réalisation de l’ouvrage.

Les tolérances applicables au niveau du sol fini dépendent entre autres de la distance qui sépare le point mesuré et le repère de niveau le plus proche (ces derniers doivent dès lors être prévus en suffisance) (cf. tableau 3).

La planéité d’un sol industriel est liée à un certain nombre d’opérations successives (coulage, talochage) et est influencée par une série de facteurs tels que :
  • la mise à niveau du béton
  • la compacité éventuelle du béton avant talochage
  • l’avancement de la prise du béton au moment du talochage
  • le doigté de l’opérateur
  • l’uniformité de la répartition du mélange pour couche d’usure incorporé en surface
  • l’équipement de l’opérateur.
Fig. 2 Contrôle de la planéité d’un sol.
Fig. 2 Contrôle de la planéité d’un sol.


Tableau 4 Tolérances sur la planéité d’un sol industriel à base de ciment.
Classe de planéité Tolérance [mm] sous la règle de 2 m
I (très sévère)
II
III
IV
3
5
7
9
Le tableau 4 fournit un aperçu des différentes classes de planéité des sols industriels finis ainsi que des tolérances qui y correspondent (cf. NIT 204). Le choix de classe de planéité doit se faire en tenant compte de l’usage prévu. Ainsi, la classe de planéité IV (tolérance de 9 mm sous la règle de 2 m) est généralement prescrite pour les sols industriels destinés à une utilisation courante. Cette classe est également adoptée à défaut de prescriptions dans le cahier spécial des charges.

Les classes de planéité I, II et III doivent être clairement spécifiées dans le cahier des charges et ne sont prévues que dans des cas bien particuliers tels que celui de sols sur lesquels roulent des élévateurs de grande hauteur. Etant donné le coût plus élevé de ce type de sol, on peut éventuellement envisager de n’indiquer que les zones pour lesquelles des exigences plus sévères sont requises.

Des écarts plus importants dus à une variation durant le talochage (intensité et nature) ou à la difficulté d’accéder aux zones concernées (différence dans l’intensité et/ou dans les finitions, surtout en cas de talochage manuel) peuvent apparaître aux abords des obstacles (murs, colonnes, etc.). Pour cette raison, les points de mesure pour le contrôle de la planéité sont habituellement choisis à une distance d’au moins 20 cm des obstacles. En deçà de ces 20 cm, la classe de planéité adoptée est celle immédiatement supérieure à celle prévue pour les parties courantes. S’il s’agit d’un sol appartenant à classe de planéité IV, la tolérance dans la zone précitée sera de 12 mm/2 m.

Tableau 5 Tolérances sur l’aspect du béton décoratif préfabriqué.
Elément en béton décoratif Surface Gradations des occlusions d’air sur l’échelle CIB Nombre de gradations sur le nuancier de gris du CIB
Architectonique Lisse 1 2
Non lisse 2
Industriel Lisse 2 3
Non lisse 3

2.1.2. Béton apparent

Comme nous l’avons déjà indiqué dans l’introduction, l’aspect des éléments de gros œuvre est généralement de moindre importance, étant donné que ceux-ci sont le plus souvent dissimulés par les finitions.

Certaines tolérances peuvent néanmoins être appliquées à l’aspect du béton coulé sur place et laissé apparent. En attendant que la nouvelle norme en la matière soit publiée, on peut se référer au rapport CIB n°24 ‘Tolérances sur les défauts d’apparence du béton’ (cf. Les Dossiers du CSTC, n° 2007/4.4), lequel pose des exigences relatives aux tonalités et aux occlusions d’air dans la surface apparente, ainsi qu’à la présence de nids de gravier et d’imperfections locales.

En ce qui concerne l’aspect des éléments architectoniques et industriels préfabriqués en béton décoratif, les PTV 21-601 définissent des tolérances en ce qui concerne les occlusions d’air, les nuances de teinte, les taches de rouille et les fissures. Les occlusions d’air sont évaluées suivant l’échelle CIB; quant aux variations de teinte sur les surfaces de béton, elles s’expriment par un certain nombre d’écarts de gradations entre deux valeurs du nuancier de gris du CIB.

En cas de litige après un contrôle visuel, la teinte des surfaces peut être mesurée au moyen d’un colorimètre. Le résultat obtenu permettra de calculer ensuite la variation de teinte ∆E qui correspond à ∆E/5,0 gradations sur le nuancier de gris du CIB.

De plus, lors d’un contrôle d’éléments en béton décoratif effectué à une distance de 3 m, aucune tache de rouille engendrée par des granulats ferreux ne peut être visible. La surface sèche ne peut par ailleurs comporter de craquelures ou de fissures d’une ouverture supérieure à :
  • 0,05 mm pour les surfaces de béton lisses d’éléments architectoniques
  • 0,1 mm pour les surfaces de béton comportant un relief d’éléments architectoniques et celles, lisses ou non, d’éléments industriels.

2.2. Maçonneries

Si les documents contractuels ne comportent aucune exigence spécifique en ce qui concerne les maçonneries, les écarts admissibles indiqués dans le tableau 6 sont en vigueur. Ces exigences sont issues de l’Eurocode 6 et visent principalement à assurer la stabilité de la maçonnerie portante. Il est éventuellement possible de poser des exigences plus sévères en fonction de la finition prévue.

Tableau 6 Tolérances de mise en œuvre des maçonneries.
NBN EN 1996-2Exigence supplémentaire
Ecart sur … Eurocode 6 ANB:2009 (projet)
Aspect fonctionnella verticalité :
  • par étage
    3 étages
  • n étages


± 20 mm
± 50 mm
± 50 mm


± 6 mm
± 18 mm
± 50 mm
  • NIT 188/199 :
    ± 1/8 ≤ 4 cm (2)
  • NIT 209 : ± 1/8
l’alignement vertical ± 20 mm ± 20 mm -
la planéité ± 10 mm / 1 m
± 50 mm / 10 m
± 6 mm / 2,5 m (1) -
Aspect esthétique les dimensions linéaires - ± 1/4 (2) ≤ 4 cm
  • NIT 188 :
    1 cm ≤ ± 1/4 ≤ 4 cm
  • Ouvertures pour menuiserie  :
    + 1/4 en - 1/8
la rectitude
(horizontalité et verticalité (3)
- ±1/8 (4)NIT 209 :
  • 5 mm / 2 m (classe 1)
  • 8 mm / 2 m (classe 2)
(1) Le projet de norme prNBN EN 1996-2 ANB fixe des tolérances de planéité de ± 10 mm / 2,5 m (normal) ou de ± 8 mm / 2 m et de ± 5 mm / 2,5 m (soigné) ou de ± 4 mm / 2 m.

(2) La valeur de ‘d’ est égale à la dimension linéaire (en cm).

(3) Exemples : joints verticaux, corniches, huisseries, etc.

(4) La valeur de ‘d’ est égale à la longueur de la ligne (en cm).

Tableau 7 Tolérances sur les joints des parements de façade.
Ecart sur …Ecarts maximum
la largeur des joints ± 2 mm (+ tolérance dimensionnelle sur l’élément de maçonnerie)
l’alignement des joints verticaux ± 1/4 (+ tolérance dimensionnelle sur l’élément de maçonnerie) (*)
l’horizontalité des joints d’assise ± 1/8 ≤ 4 cm (*)
la rectitude des joints d’assise ± 2 mm / 2 m (+ tolérance dimensionnelle sur l’élément de maçonnerie)
la différence de hauteur entre deux éléments de maçonnerie adjacents 2 mm (+ tolérance dimensionnelle sur l’élément de maçonnerie)
(*) ‘d’ est la longueur de la maçonnerie concernée exprimée en cm.
Après la mise en œuvre du parement de façade, la largeur et l’alignement des joints (verticaux) peuvent faire l’objet de discussions sur chantier. C’est notamment le cas de certains types de briques dites moulées à la main (cf. figures 3 et 4). Le tableau 7 indique des tolérances concernant les joints dans les parements de façade (cf. NIT 208). Il ressort de ce tableau que ce sont principalement les tolérances dimensionnelles et la qualité de la mise en œuvre qui déterminent les écarts admissibles sur la largeur et l’alignement des joints.

Fig. 3 Briques moulées à la main.
Fig. 3 Briques moulées à la main.
Fig. 4 Briques moulées à la main.
Fig. 4 Briques moulées à la main.

Les écarts admissibles sur les briques de maçonnerie figurent dans la norme de produit NBN EN 771-1 (+ A1). Ces exigences figurent dans le tableau 8 pour des briques à haute densité (HD : masse volumique sèche > 1000 kg/m3). On constate que la dispersion des mesures (*) exerce une influence considérable sur la largeur et l’alignement des joints.

(*) La dispersion des mesures (catégories R) est la différence entre la plus grande et la plus petite dimension de briques sélectionnées au cours d’un prélèvement normalisé. Les tolérances sur la dimension moyenne par rapport à la dimension de fabrication déclarée sont indiquées à l’aide des catégories T.

Tableau 8 Tolérances sur les briques de maçonnerie à haute densité.
CritèreCat.HD (haute densité)
Tolérances sur la valeur moyenneT1± 0,40 √dimension de fabrication en mm ou 3 mm (on retient la valeur la plus élevée)
T2± 0,25 √dimension de fabrication en mm ou 2 mm (on retient la valeur la plus élevée)
TmEcart en mm déclaré par le fabricant (peut être plus grand ou plus petit que les autres catégories)
Dispersion des mesuresR10,60 √dimension de fabrication mm
R20,30 √dimension de fabrication mm
RmGraduation en mm déclarée par le fabricant (peut être plus grande ou plus petite que les autres catégories)
Imaginons, par exemple, un mur en maçonnerie constitué de briques moulées à la main, dont les dimensions déclarées sont de 220/110/69 mm, appartenant à la catégorie de dispersion des mesures R1 (cf. tableau 8). Si l’on souhaite calculer la tolérance complète pour la maçonnerie, il convient de combiner la tolérance dimensionnelle de chaque brique (cf. tableau 9) aux tolérances de mise en œuvre du tableau 6. Dans ce cas-ci, les variations de la largeur des joints peuvent atteindre 10 à 15 mm, tandis que les écarts sur l’alignement vertical des joints verticaux peuvent atteindre 20 à 25 mm environ par hauteur d’étage.

Les briques présentant des tolérances dimensionnelles larges sont donc moins appropriées aux maçonneries pour lesquelles des critères d’aspect sévères sont en vigueur (l’alignement des joints verticaux serait compromis, par exemple). Il est en outre inutile de respecter des tolérances précises pour une maçonnerie apparente où l’aspect ‘rustique’ est recherché.

Tableau 9 Tolérance dimensionnelle sur les briques moulées à la main.
Tolérance sur la longueur [mm]Valeurs extrêmes sur une longueur de 220 mmTolérance sur la hauteur [mm]Valeurs extrêmes sur une hauteur de 69 mm
± 9211 à 229± 564 à 74

Les fabricants de briques prévues pour une mise en œuvre à l’aide d’un mortier en couche mince ou d’un mortier-colle doivent toujours signaler les écarts maximum pour la planéité et le parallélisme des surfaces. En fonction de la catégorie d’écart des éléments de maçonnerie prescrite, il est souhaitable de pouvoir adapter la largeur nominale des joints. Ainsi, pour des raisons esthétiques, il est conseillé de mettre en œuvre les éléments de maçonnerie présentant d’importants écarts dimensionnels selon un appareillage ‘libre’ ou ‘sauvage’.

2.3. Bois

Tableau 10 Tolérances applicables aux ouvrages à ossature en bois selon la norme française NF P 21-204.
Ecart sur …Ecart maximal admissible
la verticalité par étage
la verticalité sur la hauteur totale de l’ouvrage
± 5 mm
± 35 mm
le désaffleurement ± 3 mm
± 1 mm (*)
la planéité ± 5 mm / 2 m
les dimensions de la façade ± 10 mm / 10 m
l’équerrage de la façade ± 10 mm / 10 m
(*) Cette tolérance de ± 1 mm est d’application dans le cas d’un revêtement adhérent.
Bien que les documents de référence fournissent peu d’informations concernant les tolérances pour les constructions en bois, il convient de limiter la déformation maximale des éléments structurels en fonction de l’usage.

En l’absence de prescriptions relatives aux déformations admissibles dans le cahier spécial des charges, la norme NBN B 03-003 limite la déformation différée d’un plancher appuyé sur au moins deux côtés à :
  • maximum 1/350 de la portée pour les toitures parachevées à leur face intérieure par un enduit
  • maximum 1/250 de la portée pour les toitures qui ne sont pas dotées de finitions intérieures.
Nous tenons à préciser qu’il s’agit ici d’une flèche calculée à prendre en compte lors du dimensionnement de la construction. Des exigences supplémentaires peuvent être fixées en fonction des finitions et/ou des cloisons prévues.

En l’absence de documents de référence belges sur les tolérances applicables aux ouvrages à ossature en bois, nous reprenons dans le tableau 10 les exigences prescrites dans la norme française NF P 21-204.