Eclairage et contrastes pour les personnes malvoyantes 2009/03.12

Bien que le choix des couleurs lors de l'exécution des travaux de peinturage ne relève en général que de considérations esthétiques, certains aspects doivent néanmoins être pris en compte pour les personnes malvoyantes. Cet article traite plus particulièrement de l'importance du choix de peintures présentant un bon contraste de couleur et de luminance.
Fig. 1 L’utilisation de bons contrastes est très importante pour les malvoyants.
Fig. 1 L'utilisation de bons contrastes est très importante pour les malvoyants.
L'enquête nationale sur la santé effectuée en 2004 a révélé que les personnes malvoyantes représentent une part non négligeable de la société. Il en ressort notamment que 3 % de la population souffrent de 'troubles visuels modérés' et 0,5 % de 'troubles visuels graves'. Il est fort probable que ce pourcentage ne fasse qu'augmenter avec le vieillissement de la population. Il existe ainsi suffisamment de raisons pour qu'on y accorde l'attention nécessaire, surtout si l'on souhaite que les personnes puissent vivre de manière autonome le plus longtemps possible et que le risque d'accidents reste limité.

Dans le cadre de l'accessibilité à l'environnement bâti, l'attention portait jusqu'ici principalement sur l'accessibilité des constructions aux chaises roulantes. La 'conception inclusive' va néanmoins un peu plus loin et vise un groupe d'utilisateurs finaux aussi large que possible.

Les aspects de contraste et d'éclairement sont très importants pour l'observation et l'orientation à l'intérieur des bâtiments. Cela est particulièrement vrai pour les personnes présentant des troubles visuels modérés.

Fig. 2 Mesure du coefficient de réflexion à l’aide d’un spectrocolorimètre.
Fig. 2 Mesure du coefficient de réflexion à l'aide d'un spectrocolorimètre.
Les malvoyants sont bien plus sensibles aux différences de luminance qu'aux différences de teinte et de saturation. Ainsi, ils distingueront moins bien le rouge du vert que le blanc du bleu. Le contraste de luminance entre deux surfaces est déterminé par leur différence de luminance réciproque qui dépend, quant à elle, de leur coefficient de réflexion respectif.

La différence de luminance entre deux surfaces peut être aisément déterminée à l'aide d'un luminancemètre. Cependant, il est plus difficile de définir des critères exacts pour ces mesures, étant donné que les résultats peuvent être influencés par l'éclairage d'ambiance et l'endroit où l'observateur se trouve.

Fig. 3 Evaluation du contraste de luminance entre deux surfaces selon la BS 8300 et l’ADAAG.
Fig. 3 Evaluation du contraste de luminance entre deux surfaces selon la BS 8300 et l'ADAAG.
Diverses sources peuvent être consultées en ce qui concerne l'évaluation des contrastes. Celles-ci posent à chaque fois des exigences quant à la différence de coefficient de réflexion (Light Reflection Value ou LRV) entre les surfaces considérées. Citons notamment parmi les références consultées : L'évaluation du contraste entre deux surfaces diffuses et opaques, éclairées de façon uniforme, s'opère selon ces documents de référence en comparant leurs coefficients de réflexion respectifs, mesurés à l'aide d'un (spectro)colorimètre.


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S. Danschutter, ir.-arch., chef de projet, laboratoire 'Développement durable', CSTC
P. D'Herdt, ir., chef de projet, division 'Climat, équipements et performances énergétiques', CSTC