Contrôle du risque de légionelle dans les installations sanitaires 2009/02.13

A la demande de l'inspection sanitaire flamande, le CSTC rédige actuellement une vingtaine de fiches illustrant quelques risques concrets de colonisation de légionelles dans les installations sanitaires d'eau froide et d'eau chaude.

1. Problématique

Fig. 1 Analyse d'une culture de légionelle.
La Belgique a été confrontée pour la première fois au germe de la légionelle fin juin 1999, lorsque la presse rapporta le cas de sept personnes tombées malades dans un hôtel ardennais. Une de ces personnes est décédée des suites d'une infection pulmonaire.

En novembre de la même année, tous les regards étaient tournés vers une localité au nord d'Anvers, où, en un week-end seulement, plus de cent personnes ont été hospitalisées à la suite de leur passage dans un centre commercial. Celles-ci présentaient des symptômes de légionellose, une affection pulmonaire grave qui s'est révélée fatale pour cinq d'entre elles.

L'explication de ces deux épisodes réside dans l'inhalation de petites goutelettes d'eau contaminées par la bactérie Legionella pneumophila (cf. figure 1). Cette dernière fut découverte en 1977, après que de nombreuses et mystérieuses infections pulmonaires furent détectées parmi les participants à un congrès d'anciens combattants de l'armée américaine qui avait eu lieu l'année précédente.

2. Développement de la bactérie

La bactérie Legionella pneumophila est naturellement présente dans l'eau potable, mais en des concentrations tellement faibles que le risque de contamination est pour ainsi dire inexistant.

En revanche, les germes de légionelle deviennent dangereux lorsqu'ils se multiplient. Ainsi, on estime dans les milieux hospitaliers que le risque de légionellose augmente dès lors que l'on dénombre plus de 1.000 unités formant colonies par litre d'eau.

Le germe se développe principalement en fonction de la température :
  • sous 20 °C, la bactérie est en état léthargique
  • entre 20 et 45 °C, elle se développe, avec un optimum au moment où la température équivaut à celle de notre corps (37°)
  • au-delà de 50°, les germes commencent à disparaître, et ce d'autant plus que la température augmente.
La contamination des tours de refroidissement et des installations de production et de distribution d'eau chaude sanitaire par la légionelle n'a dès lors rien de surprenant, étant donné que les températures y sont favorables.

Outre la température, d'autres facteurs secondaires exercent une influence, notamment la stagnation, l'entartrage, la corrosion, la présence de nutriments, …

3. Contrôle

Fig. 2 Le risque de développement de la légionelle est accru dans les réservoirs d'eau non isolés.
Afin d'éviter une multiplication de ces bactéries dans les installations sanitaires de nos bâtiments, il convient avant tout d'identifier toutes les zones à risque. Une analyse des risques permettra de localiser les endroits où les conditions sont les plus favorables à la croissance de la bactérie (cf. figure 2). Depuis la promulgation de l'arrêté flamand 'Legionella' en 2002, cette analyse est d'ailleurs devenue obligatoire.

Afin d'aider les professionnels de la construction à établir cet inventaire, le CSTC a élaboré, à la demande de l'inspection sanitaire flamande, une vingtaine de fiches expliquant quelles sont les zones les plus risquées dans les installations sanitaires d'eau chaude et d'eau froide. Cette série de fiches est introduite par un texte général précisant leur but et leur structure et livrant un aperçu des principaux facteurs qui favorisent le développement de la légionelle.



K. De Cuyper, ir., chef de la division 'Equipements techniques et Automatisation'


Informations utiles
Informations utiles Pour des informations plus détaillées sur le sujet, veuillez consulter les fiches consacrées à la légionelle (cf. Infofiche 38).