La toiture plate en constante évolution 2009/01.10

Bien que la désignation 'toiture en roofing' soit utilisée dans le langage courant pour tous les types de toitures plates, la réalité technique est heureusement bien plus diversifiée. En effet, il existe aujourd'hui un large choix de matériaux et de configurations pour la mise en œuvre de ce type de toiture.

La toiture plate : quelques millénaires déjà …

Les premières toitures plates font leur apparition quelque 6000 ans avant J.-C. et sont alors constituées d'un enchevêtrement de branches sur lequel est appliquée une couche de terre battue. L'étanchéité à cette époque est assurée, quant à elle, par un mélange de bitume, de gypse, de paille ou de sable.

Il faut ensuite attendre le VIe siècle avant notre ère pour voir apparaître l'un des exemples de toitures vertes les plus connus : les jardins suspendus de Babylone, devenus, de surcroît, septième merveille du monde.

Exemple d'une toiture verte.
Même si les Romains maîtrisent à la perfection le principe de l'étanchéité - comme en atteste le nombre élevé de thermes, d'aqueducs et d'égouts, voire de loggias, de balcons ou de terrasses datant de l'Antiquité -, le concept architectural de la toiture plate ne connaît son véritable essor que bien plus tard dans nos contrées. Il est soutenu en ce sens par le développement des premières membranes d'étanchéité liées au bitume, avec, dès le début du XIXe siècle, l'apparition du goudron cartonné.

Ces membranes n'ont eu de cesse d'évoluer depuis : il suffit de penser au remplacement des armatures en feutre par des voiles de verre ou des non-tissés en polyester, à l'oxydation du bitume pour en corriger la dureté, à l'ajout de polymères au bitume pour en ajuster l'élasticité, …

Par ailleurs, conjointement avec la réduction du nombre de couches, de nouvelles techniques d'exécution ne cessent de se développer : soudure à air chaud, collage à froid, fixation mécanique, membranes autocollantes, ...

Le bitume se voit également progressivement concurrencé par des matières synthétiques telles que l'EPDM ou le PVC.

Parallèlement à ces évolutions, les étanchéités liquides appliquées à la brosse ou par projection sont mises sur le marché et ouvrent de nouvelles perspectives pour assurer l'étanchéité des toitures de demain.

Isolation thermique des toitures plates

Exemple d'une toiture-parking.
La problématique de l'isolation thermique des toitures-terrasses est depuis toujours l'une des principales préoccupations du Comité technique 'Etanchéité'. Ainsi, la NIT 26 'Les toitures plates et leur isolation thermique' paraît en 1962, avant d'être complétée par la NIT 101 du même nom en 1973. Ces deux documents anticipent déjà largement les préoccupations que cause la crise énergétique des années '70.

Les imperfections du complexe toiture dit 'froid', pour leur part, sont abordées dans la NIT 134 de 1980. En promouvant l'utilisation d'un complexe de toiture chaude pour toutes les nouvelles habitations, ce document jette les bases des règles de conception actuelles, lesquelles sont expliquées ultérieurement dans les NIT 183 (1992) et 215 (2000).

Les statistiques d'intervention des ingénieurs de la division des Avis techniques parlent d'elles-mêmes. Grâce à l'évolution des matériaux et des techniques d'isolation, les problèmes d'humidité dans les toitures plates ont été divisés par quatre ces dernières années, sachant que ceux-ci étaient, dans bien des cas, liés à des phénomènes de condensation interne.

Perspectives d'avenir : qualité et multifonctionnalité

L'amélioration constante de la qualité de ces toitures et de la compétitivité au sein du secteur de la construction est une priorité pour le CSTC, comme en attestera notamment la révision de la NIT 191 concernant les détails et les ouvrages de raccord de ce type de toiture.

D'un concept innovant, ces détails téléchargeables sur notre site web seront transposables dans la plupart des logiciels de dessins courants et seront soutenus par des informations sur les principes de conception et de mise en œuvre spécifiques aux matériaux sélectionnés ainsi que par des recommandations en matière d'isolation thermique, d'entretien et de compatibilité des produits à assembler.

La multifonctionnalité toujours croissante des toitures plates et le rôle majeur qu'elles peuvent jouer dans le développement durable de nos villes conditionneront également les innovations futures. Il suffit de penser aux atouts indéniables que peuvent avoir les toitures vertes et les toitures-parkings pour le cadre de vie et la mobilité des citadins.

Le Comité technique 'Etanchéité', pleinement convaincu de leur utilité, a d'ailleurs initié un programme de recherche sur les toitures vertes, que le Centre a mené dès 2002 et qui a débouché sur la publication de la NIT 229. Cette dernière se verra complétée dans le futur par une NIT consacrée aux toitures-parkings.

Les possibilités d'innovation sont légion également pour ce qui est de l'amélioration des performances énergétiques des bâtiments, de la diversification des possibilités de recyclage des déchets, de l'amélioration du confort des occupants, de l'adaptabilité aux changements climatiques, de la réduction des délais d'exécution, …

Autant d'arguments qui autorisent à envisager un avenir riche en innovations.