Marquage CE de la chaux de construction 2008/04.04

Marquage CE de la chaux de constructionConformément à la norme NBN EN 459-1, le marquage CE de la chaux de construction est obligatoire depuis le 1er août 2003. Le présent article livre un aperçu du contenu de cette norme et de quelques spécifications auxquelles la chaux de construction doit répondre.
En 2001, l'IBN (l'actuel NBN) a publié une série de normes relatives à la chaux de construction, élaborées par le CEN/TC 51 'Ciment et chaux de construction', à savoir les normes :
  • NBN EN 459-1 'Définitions, spécifications, critères de conformité'
  • NBN EN 459-2 'Méthodes d'essai'
  • NBN EN 459-3 'Évaluation de la conformité'.
Ces normes s'appliquent aux chaux de construction utilisées comme liants dans la préparation de mortiers de maçonnerie, d'enduits intérieurs et extérieurs, ainsi qu'à la fabrication d'autres produits de construction. Lorsqu'il s'agit d'applications spéciales (pour le génie civil, p. ex.), des exigences supplémentaires s'avèrent indispensables.

1. Définitions et classification

Par 'chaux de construction', on entend la chaux utilisée pour la construction de bâtiments et le génie civil. Il en existe deux types : la chaux aérienne et la chaux hydraulique.

La chaux aérienne durcit lentement par réaction avec le CO2 présent dans l'air (carbonatation). La chaux aérienne se subdivise en chaux calcique (CL) constituée presque exclusivement d'oxyde de calcium et d'hydroxyde de calcium et en chaux dolomitique (DL) qui contient également de l'oxyde de magnésium et de l'hydroxyde de magnésium. Une indication supplémentaire précise également s'il s'agit de chaux vive (-Q) ou de chaux hydratée (éteinte) (-S).

De son côté, la chaux hydraulique (HL) contient des éléments argileux qui favorisent le durcissement au contact de l'eau. Lorsqu'ils sont présents d'origine dans la pierre calcaire, on parle de chaux hydraulique naturelle (NHL).

Les chaux de construction sont subdivisées en 11 classes différentes, synthétisées dans le tableau 1. À titre d'exemple de dénomination normalisée, 'EN 459-1 CL 90-Q' désigne une chaux calcique vive de classe 90.

Il convient de remarquer que l'ancienne dénomination de la chaux hydraulique artificielle XHA, dont le clinker Portland était le constituant principal, n'existe plus. Ce produit est désormais classé sous la dénomination de ciment de maçonnerie MC (marquage CE conformément à la norme NBN EN 413-1).

Tableau 1 Classification de la chaux de construction.
Type Classes
Aérienne CL : chaux calcique 90 - 80 - 70 (1)
DL : chaux dolomitique 85 - 80 (1)
Hydraulique HL : chaux hydraulique 5 - 3,5 - 2 (2)
NHL : chaux hydraulique naturelle 5 - 3,5 - 2 (2)
(1) Pour la chaux aérienne, la subdivision se fait en fonction de la teneur minimale en oxydes de calcium et de magnésium (CaO + MgO).
(2) Pour la chaux hydraulique, la subdivision se fait en fonction de la résistance en compression (exprimée en MPa).

2. Spécifications

La norme NBN EN 459-1 précise les spécifications auxquelles les différents types de chaux de construction doivent satisfaire (composition chimique, finesse de broyage, teneur en eau libre, stabilité, profondeur de pénétration du plongeur, teneur en air, résistance à la compression, temps de prise initial et final).

Pour ce qui est de la méthode de mesure, nous renvoyons à la norme NBN EN 459-2 qui décrit intégralement son application ou renvoie à une autre norme.

D'éventuelles caractéristiques supplémentaires (réactivité, absorption d'eau, masse volumique apparente, p. ex.) peuvent être exigées par les normes de mise en œuvre pour l'utilisation de la chaux ou être imposées par les utilisateurs. Ces caractéristiques doivent être déterminées conformément à la norme NBN EN 459-2.

Il convient de remarquer que le choix de la chaux de construction (type, classe) joue un rôle important dans la durabilité du mortier ou de l'enduit. Ce choix doit se conformer aux normes et/ou règlements en vigueur à l'endroit de son utilisation.

3. Marquage et étiquetage

En ce qui concerne le marquage et l'étiquetage, les produits commercialisés doivent également répondre à certaines exigences.

Ainsi, il convient de mentionner clairement sur l'emballage et/ou dans la documentation technique les informations suivantes :
  • le symbole du marquage CE et le numéro d'identification de l'organisme notifié
  • les données relatives au produit : nom ou marque d'identification, adresse
  • les données relatives au fabricant : nom ou identification, numéro de certificat de conformité CE
  • les deux derniers chiffres de la date d'octroi du marquage CE
  • la référence à la norme européenne (NBN EN 459-1)
  • la description du produit : nom générique, matériaux, dimensions, usage prévu.
Informations utiles
Cet article a été rédigé dans le cadre de l'Antenne Normes 'Bétons, mortiers et granulates', financée par le SPF Economie (www.normes.be)
L'attestation de conformité étant de niveau 2, la première inspection de l'usine et le contrôle de la production en usine sont effectués par une instance agréée, comme le CRIC en Belgique (sans surveillance permanente, évaluation et appréciation du contrôle de la production en usine).

Article complet


I. Dirkx, ir., chercheur, laboratoire 'Matériaux de gros œuvre et de parachèvement', CSTC
Y. Grégoire, ir.-arch., chef adjoint de la division 'Matériaux', CSTC