Réparation des bétons : normes, articles et NIT se disputent la vedette 2007/04.03

En Europe, environ 50 % du budget annuel de la construction sont consacrés à la réhabilitation des structures existantes. En examinant le rapport annuel de 2005 (¹) de la Confédération de la construction, on constate que ce chiffre est transposable à la Belgique. On comprend dès lors l'importance accordée au problème, tant dans notre pays - au CSTC, entre autres - qu'en Europe.
Créée au CSTC dans les années nonante, la guidance technologique dédiée à la réparation des bétons (²) s'attache à informer architectes, maîtres d'ouvrage et entrepreneurs de l'importance du diagnostic, de l'évolution des techniques utilisées à cet effet et des méthodes de réparation elles-mêmes.

Dans le même temps, plusieurs documents normatifs ont fait leur apparition en Belgique, notamment les premiers guides d'agrément technique. Ceux-ci comptent aujourd'hui plus d'une dizaine de fascicules couvrant divers produits et méthodes et servant de base aux agréments techniques délivrés par l'UBAtc.

Depuis cette année, les guides d'agrément technique sont progressivement remplacés par des PTV (Prescriptions techniques / Technische Voorschriften) afin de permettre la certification volontaire BENOR conjointement au futur marquage CE.

Des recommandations et des prescriptions sont également en cours d'élaboration pour la certification des entreprises de réparation du béton.


Corrosion d’une barre d’armature.
Corrosion d'une barre d'armature.
A l'échelle européenne, de nombreuses évolutions et actions suivies de près par le CSTC sont à épingler. Plus de 70 normes européennes d'essai et spécifications relatives à la réparation des bétons sont parues au cours des dix dernières années. Première cause de dégradation des ouvrages, la corrosion des armatures a fait l'objet des actions de coopération européenne COST 509 et COST 521. Celles-ci ont conduit à la publication d'un état de l'art concernant le diagnostic et les techniques de réparation.

Réseau thématique européen, CONREPNET (Thematic network on performance-based rehabilitation of reinforced concrete structures) s'est attaché à constituer des bases de données dressant l'historique d'un certain nombre de chantiers de réparation et faisant la synthèse des spécifications en vigueur en Europe en matière de réparation ainsi que des recherches menées à ce sujet sur le continent.

C'est dans le but de transposer ces informations sous une forme adaptée au marché belge que le CSTC a élaboré, à la demande du Comité technique Gros œuvre, la Note d'information technique n° 231 relative à la réparation et la protection du béton. Parue en septembre 2007, cette nouvelle NIT aborde les points suivants :
  • pathologies des bétons et faciès de dégradation
  • évaluation des structures
  • principes et techniques de réparation
  • choix des systèmes de réparation et de protection
  • matériaux de réparation utilisés
  • mise en œuvre des travaux
  • techniques spéciales de réparation et de protection
  • mesurage des travaux
  • certification des entreprises
  • contrôle et entretien des ouvrages réparés.
Profondeur de carbonatation d’une carotte de béton.
Profondeur de carbonatation d'une carotte de béton.
Les mortiers de réparation constituent sans aucun doute le matériau le plus utilisé pour la réparation des bétons. Un article publié dans les prochains Dossiers du CSTC fera le point sur l'importante évolution qu'a connue la normalisation dans ce domaine ces dernières années.

Outre la parution récente de la norme européenne EN 1504-3 relative à ces mortiers, laquelle servira de base au marquage CE obligatoire dès 2009, les PTV 563, publiées en février de cette année, constitueront le socle de la marque volontaire BENOR. Elles conduiront par ailleurs à l'élaboration de fiches techniques normalisées fournissant des informations sur les caractéristiques des mortiers de réparation et leur domaine d'application (température limite, position du support, moyen d'application, ...).


(¹) Rapport annuel de la Confédération : radioscopie du secteur sur la base des chiffres 2005, Construction, juillet 2006.
(²) Des deux services de guidance technologique financés par la Région wallonne et la Région flamande, un seul subsiste aujourd'hui grâce aux subsides wallons.


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V. Pollet, ir., chef de la division 'Béton et Chimie du bâtiment', CSTC