Toitures vertes : évacuation des eaux pluviales 2006/03.02

Les toitures vertes constitueraient une technique de construction durable. Elles permettraient en effet d'optimiser la gestion des eaux dans les villes via une diminution de la quantité d'eau de pluie déversée dans les égouts mixtes. En outre, la qualité de l'eau évacuée par le biais de ces toitures serait telle qu'elle pourrait être utilisée pour la plupart des applications domestiques.
Afin de pouvoir quantifier et appuyer ces hypothèses, le CSTC a mené, de juin 2002 à décembre 2003, une campagne de monitoring sur différents types de toiture :
  • neuf toitures vertes (7 toitures extensives avec une épaisseur de substrat de 20 à 80 mm et 2 toitures intensives avec une épaisseur de substrat respective de 140 et 200 mm)
  • deux toitures plates traditionnelles (dont une plate nue).
L'enquête a confirmé que les quantités d'eau évacuées via les toitures vertes étaient moins importantes que dans le cas de toitures plates traditionnelles et qu'elles dépendent de l'épaisseur du substrat : si les toitures extensives retiennent ± 30 % des eaux de pluie sur une année, les toitures intensives ont, quant à elles, une capacité de rétention de près de 50 %. En outre, l'effet retardateur des toitures vertes sur l'écoulement des eaux a pu être démontré. Dans ce cas, l'épaisseur du substrat joue aussi un rôle :
  • le débit de pointe des toitures extensives diminue d'environ 50 % et démarre près de 10 minutes plus tard que sur une toiture traditionnelle
  • le débit de pointe des toitures intensives diminue jusqu'à quasiment 25 % et est postposé de plus d'un quart d'heure.
La recherche n'a pas été concluante quant à la possibilité de diminuer les dimensions du système d'évacuation des toitures vertes en raison de leur effet retardateur sur les débits de pointe. En cas de saturation de la toiture, ces derniers sont en effet comparables à ceux d'une averse.

De plus, l'influence positive des toitures vertes sur la qualité de l'eau écoulée n'a pu être démontrée. Dans la plupart des cas, on a même constaté une augmentation des substances biodégradables. L'eau écoulée présentait par ailleurs une certaine décoloration sur l'ensemble des toitures analysées, de sorte qu'elle doit subir un traitement complémentaire à l'aide de filtres au charbon actif avant d'être utilisée pour les applications domestiques.


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De Cuyper K., ir., chef de la division 'Equipements techniques et automatisation', CSTC
Dinne K., ing., chef du laboratoire 'Microbiologie', CSTC