Fig. 1 La construction à ossature en bois : souvent desservie par une isolation acoustique m édiocre.
Fig. 2 Les portes sont le maillon faible de l'acoustique des cloisons.
Fig. 3 La combinaison d'une chape flottante et d'un faux plafond confère aux planchers une isolation acoustique élevée.

L'isolation acoustique dans les habitations à ossature en bois 2004/01.06

La construction à structure ou ossature en bois est, de loin, la technique la plus utilisée aujourd'hui dans le monde.
Aux USA, au Canada ou en Suède, plus de 90% des maisons individuelles et des petits immeubles collectifs (jusqu'à quatre étages) sont constitués d'une ossature en bois.
En Belgique, le nombre des constructions neuves de ce type est en constante augmentation.
Hélas, l'isolation acoustique de ce type de bâtiment reste bien souvent plus faible que pour la construction en maçonnerie traditionnelle.
Cet article présente la synthèse d'une étude, consultable sur le site du CSTC, qui livre les résultats d'une campagne de mesures visantà connaître les valeurs de cette isolation et les solutions concrètes à mettre en oeuvre afin d'atteindre un confort acoustique satisfaisant dans une construction à ossature en bois, aussi bien vis-à-vis des bruits extérieurs que des bruits intérieurs à l'habitation.

Même si, en règle générale, les constructions à ossature en bois sont destinées aux maisons unifamiliales, où l'acoustique intérieure importe moins, les principes d'isolation énoncés dans l'étude pourront s'appliquer, par exemple, à des parois de séparation avec des espaces de travail pour profession libérale, aux planchers séparatifs entre une chambre d'enfant et un living, bref là où l'isolation acoustique devient un paramètre non négligeable.

CAMPAGNE DE MESURE

Les résultats des mesures in situ sont comparés à ceux des mesures de laboratoire, afin de mettre en évidence les différences que l'on rencontre entre les valeurs Rw et LnT,w (caractéristiques des mesures en laboratoire) et les valeurs DnT,w et L'nT,w (caractéristiques des mesures sur site).
En effet, dans une construction à ossature en bois, on ne peut se baser uniquement sur les mesures de laboratoire pour assurer une isolation acoustique efficace entre deux locaux, de très grandes différences étant parfois observées par rapport aux performances réelles.

PERFORMANCES DES CLOISONS INTÉRIEURES

Outre l'indice d'affaiblissement de la paroi, il existe d'autres paramètres qui influencent l'isolement global d'une cloison intérieure, comme les transmissions latérales par les murs adjacents, la présence de portes ou l'existence de fuites.
Or, dans le domaine de l'acoustique, c'est l'élément le plus faible qui détermine l'isolation de l'ensemble.
Il est donc important, dans une démarche d'isolation acoustique, de traiter les éléments les plus faibles (souvent, les portes) avant de traiter la paroi elle-même.

Dans une construction en bois comportant des cloisons intérieures "classiques", on peut atteindre un isolement DnT,w proche de 40 dB sans mise en oeuvre particulière, à condition de respecter les principes décrits dans l'étude.
Aller au-delà de cette valeur demandera un examen plus détaillé du système de construction.
Quand on sait que l'isolement requis entre deux appartements ou entre deux habitations mitoyennes est de l'ordre de 54 dB, on se rend compte que la réalisation d'une paroi séparative entre deux logements à ossature en bois demande une conception particulière.

PERFORMANCES DES PLANCHERS

En ce qui concerne les planchers, le fait d'utiliser un contre-lattage sous les gîtes et d'y fixer le faux plafond permet de s'approcher d'un système acoustique "masse-ressort-masse" (MRM). Si on remplit le vide avec un absorbant et que l'on prévoit, pour la face supérieure du plancher, un panneau OSB et une chape flottante, l'isolement aux bruits aériens de l'élément peut atteindre une valeur de 50 dB.

Au cas où les gîtes restent apparentes, l'isolation aux bruits aériens sera limitée (40 dB), puisqu'on ne peut atténuer le bruit qu'à la partie supérieure du plancher.
Dans ce cas, la présence d'une chape flottante est indispensable.
Quant à l'isolement aux bruits de choc, il est surtout influencé par la composition du plancher et son revêtement.
Si on fait abstraction du revêtement, la seule manière de combattre efficacement les bruits de choc est de réaliser une chape flottante au-dessus du plancher de base.
Mais les résultats de mesure montrent qu'une mauvaise réalisation de la chape a des conséquences directes sur l'isolement global.
Notre étude formule des recommandations pour la réalisation de ce type de chape.
En ce qui concerne le revêtement, on a pu voir qu'une moquette (ou un tapis) apportait une isolation appréciable aux bruits de choc, et ce d'autant plus que la moquette est épaisse.

TOITURES ET FAÇADES

Les éléments importants pour l'acoustique de la toiture sont le choix de la finition intérieure et de son support, le choix de l'isolant (éviter les isolants rigides) et la présence d'ouvertures (fenêtres de toit p. ex.).
Le type de couverture a une importance moindre.
Quant aux façades, la faiblesse de l'isolation acoustique est principalement le fait des ouvertures (portes et fenêtres).
En effet, l'isolation du mur de façade est en général plus élevée (dans le cas d'une ossature) que celle des parties vitrées; l'isolement global est donc déterminé par la performance des menuiseries.
On veillera en outre à soigner l'étanchéité à l'air entre le châssis ouvrant et le dormant, et surtout la finition entre le châssis et l'ossature en bois.



Manuel Van Damme, ing., chef de projet & conseiller technologique, CSTC
Collaboration : M. Blasco, C. Crispin, P. Huart, B. Ingelaere
C. Mertens, D. Soubrier, D. Wuyts